Assurance santé

La MAE s'engage avec Mila sur les troubles DYS : rencontre avec Stéphane Coste

Publié par le , Mis à jour le 10/09/2021 à 13:42

La MAE, mutuelle spécialisée sur l'assurance scolaire, s'engage en cette rentrée en faveur des enfants souffrant de troubles DYS, dont la dyslexie est le trouble de l'apprentissage le plus connu. En partenariat avec une startup (Mila), l'idée est de proposer un accompagnement qui permettrait de repérer plus rapidement ces troubles. Nous avons rencontré Stéphane Coste, Directeur Général Délégué de la MAE pour échanger à ce sujet.

Qu'entend-on par les troubles DYS ?

Les troubles DYS désignent un ensemble de troubles dont nous connaissons particulièrement la dyslexie (troubles spécifiques de la lecture), la dysorthographie (troubles spécifiques de l'écriture) et la dyscalculie (troubles spécifiques du calcul et des mathématiques). Ces symptômes sont facteurs d'isolement important pour les enfants concernés, et ils peuvent perdurer jusqu'à l'âge adulte. Ils ont des répercussions sur la vie scolaire, professionnelle et sociale, et peuvent provoquer un déséquilibre psycho-affectif.  Surtout, les troubles DYS sont loin d'être rares. Ils touchent actuellement 7 millions de personnes en France dont 20% d'enfants de moins 15 ans. 5 à 7% des enfants en âge d'être scolarisés en souffrent également.

Le temps de reconnaissance de ces troubles a été long, mais que reste-t-il à améliorer ?

Ces troubles ont des origines difficiles à établir, pour cette raison, ils font en effet l'objet de recherches depuis de nombreuses années. Un accompagnement par des orthophonistes est en revanche institué depuis longtemps. Les associations viennent compléter ces prises en charge, en proposant des relais à l'accompagnement thérapeutique. Mais des progrès sont encore à faire, notamment pour repérer ces troubles plus tôt.

Quel a été pour vous l’élément déclencheur pour proposer cet accompagnement ?

Nous sommes une mutuelle qui a été créée et qui est toujours administrée par des enseignants. Nous avons conservé ces relations avec le système éducatif et avec l'Éducation nationale, et comme les représentants de nos adhérents sont des enseignants en activité, beaucoup s'intéressent dans leur univers professionnel à ces questions et nous les ont remontées depuis plusieurs années. Ces troubles sont en effet repérés à l'école, dans les âges d'apprentissage, les enseignants en sont donc des témoins privilégiés.

À la MAE, il nous a semblé naturel de nous préoccuper de ces troubles, car nous sommes culturellement centrés sur la famille, à partir de l’enfant scolarisé. En ce sens, notre rencontre avec la startup Mila a aussi été déterminante. Leur approche est très innovante, en partant de l'idée que les troubles DYS sont repérés (trop) tard. Une fois identifiés, les enfants passent par un traitement thérapeutique qui peut perdre en efficacité s’il est trop tardif. Pour l'éviter, Mila travaille avec des scientifiques à une détection anticipée des troubles et à des compléments au parcours thérapeutique. Pour ce faire, ils sont portés par un collectif de chercheurs et des partenaires tels que l’école Polytechnique, l'AP-HP et la Fédération française des troubles DYS, … Mais aussi des développeurs informatiques et des musicologues, qui ont établi un programme de recherche appliquée aux troubles DYS, pour proposer un complément à l'offre thérapeutique à partir de jeux musicaux. L'offre va reposer sur cette pratique régulière du jeu via une application.

« Pour Mila, c’est l'opportunité d’améliorer leur repérage plus précoce des troubles, et pour la MAE, c’est une manière de continuer à avancer des solutions sur les problématiques les plus actuelles des enfants ».


Comment va se mettre en place le dispositif ?

L’idée, c'est pour nous de pouvoir proposer dans un premier temps aux familles adhérentes à la MAE et qui ont des enfants en âge d’apprentissage, de bénéficier d’un accès privilégié à ce dispositif une fois qu’il sera disponible, de manière à ce qu'ils puissent faire les tests eux-mêmes et en tirer au plus tôt les conséquences s'il y a lieu.

Mais l’accès dépend-il de l’adhésion à l’une de vos couvertures ?

Il ne s’agit pas d’une couverture qui entrerait dans l’un de nos produits d'assurance. Il s’agit plutôt d’un service inclus et offert d’abord à nos adhérents, puis qui aura vocation à être ouvert plus largement, car nous n’avons pas vocation à priver des enfants de ce dispositif, même s'ils sont assurés ailleurs.  Pour l’heure, l’idée est de participer à un programme de recherche, et à y faire participer sur la base du volontariat les familles adhérentes de la MAE, de manière à ce qu'ils puissent être pilotes de ce dispositif ludo-pédagogique avant son ouverture à tous.

Ce dispositif va prendre la forme d’une application, c’est bien cela ?

L'idée est effectivement de mettre une application à la disposition des parents et des enfants, sur la base des recherches scientifiques qui sont menées par Mila, en neurosciences et en médecine. Pour les familles volontaires, l’application sera disponible via leur espace personnel sur le site de la MAE, puis, une fois les tests effectués, ils auront accès à la plateforme Mila pour analyser les résultats et obtenir des conseils.

Une couverture qui permettrait le remboursement des traitements thérapeutiques des troubles DYS est-elle envisageable à l’avenir ?

La MAE n’est pas une complémentaire santé, dans le sens où nous n’octroyons pas de remboursement de soins médicaux. Pour autant, c’est une question sur laquelle nous nous interrogeons avec Mila, notamment, mais aussi avec des confrères spécialistes de la santé. La MAE est une mutuelle accident ce qui explique que, nous remboursons toutefois des séances chez le psychologue par exemple, dans le cadre de notre protection contre le cyberharcèlement et le harcèlement scolaire, mais il ne s’agit pas d’une couverture santé à proprement parler. 

Vous avez choisi cette année de ne pas augmenter vos tarifs d’assurance, pour quelles raisons ?

Nous faisons le constat que le budget de nos familles adhérentes est fortement contraint. C’est pourquoi nous avons fait le choix après analyse des équilibres techniques de maintenir les tarifs de nos offres d'assurances scolaires, et ce pour la troisième année consécutive. Nous considérons en effet que c'est à la MAE de faire des efforts pour geler ses tarifs, plutôt que de demander des efforts tarifaires à nos adhérents. Nous essayons d'optimiser nos coûts de fonctionnement.

Économisez jusqu'à 40% sur votre assurance santé

Grâce à Assurland.com, comparez gratuitement vos assurances personnelles en quelques minutes pour être protégé au meilleur prix !

 
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
 
0 RÉACTION
Pas encore de commentaire, soyez le premier.

RECHERCHEZ DANS LES ARTICLES

}