Assurance santé

La mention « l'alcool nuit à la santé » jugée prohibitive par Agnès Buzyn

Publié par le , Mis à jour le 28/03/2018 à 11:10

L'alcool serait responsable de près de 49 000 morts prématurées par an en France

Quelques semaines après le débat suscité par les déclarations d’Emmanuel Macron sur le vin, le sujet de l’alcool revient sur le devant de la scène. Interrogées par RTL mardi 27 mars, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, s’est positionnée contre une nouvelle mention « l’alcool nuit à la santé ».

Des médecins jugent les mesures de prévention trop timides

La mention « L’alcool nuit à la santé » ne remplacera pas « l’abus d’alcool nuit à la santé », du moins pas tout de suite. Alors que le débat sur les effets nocifs du vin avait enflammé professionnels de santé, médias et politiques, la ministre de la Santé s’est prononcée sur la formule « l’abus d’alcool nuit à la santé ». Au micro de RTL, Agnès Buzyn a affirmé mardi 27 mars qu’elle n’était pas favorable à son remplacement par un nouveau slogan « l’alcool nuit à la santé ». Pour la ministre, cette mention « peut laisser penser qu’on est pour une action de prohibition, c’est-à-dire qu’on ne veut pas d’alcool du tout, or ce n’est pas le cas aujourd’hui ».

Cette nouvelle formule avait été réclamée lundi 26 mars par neuf médecins. Dans un communiqué, ces professionnels de santé s’alarmaient que les mesures de prévention et lutte contre l’alcool étaient « bien en deçà de la gravité du problème ». Un petit pic était également adressé au Président de la République, puisque ces médecins jugeaient que « le vin a encore gagné ». Cette phrase fait suite aux déclarations d’Emmanuel Macron lors du Salon de l’agriculture. Ce dernier avait créé un débat public en expliquant qu’il buvait du vin « le midi et le soir ».

Agnès Buzyn questionnée sur les lobbies du vin

Face à cette déclaration d’Emmanuel Macron, plusieurs professionnels de santé étaient « montés aux créneaux » pour rappeler que l’alcool serait la cause de près de 49 000 morts prématurées par an en France. Pour la ministre de la Santé, il ne faut pas pousser à l’extrême mais informer tout en laissant le choix. « Il faut informer les Français sur le fait que l’alcool nuit à la santé de manière proportionnelle à la dose et que chacun doit être en capacité de choisir », a-t-elle indiqué.

Cette position a de suite fait penser aux récentes révélations sur l’importance des lobbies du vin auxquels s’oppose Agnès Buzyn. « Il y a un lobby, mais ma bataille n’est pas de lutter contre les lobbies, elle est de faire de l’information et je maintiendrai les messages de santé publique que j’ai toujours donnés sur la nocivité proportionnelle », explique la ministre. Pour mieux informer justement, le gouvernement a annoncé lors de la présentation du plan de prévention santé, que la taille du pictogramme pour les femmes enceintes serait augmentée.

 
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
 
0 RÉACTION
Pas encore de commentaire, soyez le premier.

RECHERCHEZ DANS LES ARTICLES