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Le chlordécone, le pesticide à l'origine d'un scandale sanitaire aux Antilles

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Le chlordécone a été utilisé dans les bananerais de 1972 à 1993

La quasi-totalité des 800 000 habitants des Antilles sont surexposés à l’insecticide cancérogène et perturbateur endocrinien chlordécone chlordécone. Les associations CRAN et Vivre viennent de lancer action collective contre l’Etat.

Utilisé dans bananerais de 1972 à 1993

L’Etat responsable du scandale sanitaire aux Antilles ? Interdit depuis 1993, le chlordécone, un pesticide cancérogène et perturbateur endocrinien, est à l’origine d’un véritable scandale sanitaire aux Antilles. Utilisé dans bananerais de 1972 à 1993, l’insecticide a aujourd’hui contaminé la quasi-totalité des 800 000 habitants de la Guadeloupe et de la Martinique. Si l’insecticide n’est plus utilisé depuis 25 ans, la molécule du chlordécone est très résistante. Le produit a ainsi contaminé un grand nombre de terres agricoles et donc les aliments que l’on retrouve dans les assiettes antillaises. « L’approvisionnement par des circuits informels (autoproduction, dons, bords de route) entraîne une exposition supérieure à celle apportée par les modes d’approvisionnement en circuits contrôlés (grandes et moyennes surfaces, marchés, épiceries) », soulignait L'Agence nationale de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) dans un rapport publié le 15 décembre 2018.

Une explosion des cancers de la prostate

Dans les années 2000, diverses études avaient démontré que le produit avait également contaminé des rivières ainsi qu’une partie du littoral marin. Face à cette pollution marine, les autorités avaient dès lors instauré des zones d'interdiction de pêche. Une obligation puisque dans les mêmes années des lanceurs d’alerte avaient dénoncé les effets de l’insecticide sur l’homme. L’insecticide serait notamment à l’origine de la très forte hausse des cancers de la prostate en Martinique et Guadeloupe, selon une étude de l’Inserm publiée en 2010 dans le Journal of Clinical Oncology. Un cancer qui, selon les experts, serait deux fois plus graves aux Antilles qu'en France métropolitaine.

Le chlordécone, un scandale d’Etat ?

Alors que l’Organisation mondiale de la santé a classé le produit comme cancérigène dès 1979, la France a attendu 1990 pour l’interdire. Les Antilles ont quant à elles bénéficié de dérogations jusqu’en 1993. Une décision qui crée la polémique. Si Emmanuel Macron a reconnu le 28 juillet dernier « les drames du passé et de nos responsabilités collectives » en citant le chlordécone, deux associations ont décidé de lancer une action collective contre l'Etat. Le CRAN et Vivre invitent également l’ensemble des personnes concernées à se joindre à eux en s’inscrivant sur le site www.chlordecone.mySMARTcab.fr. En 2006, des associations et la confédération paysanne avaient déjà déposé une plainte contre X pour « mise en danger d'autrui et administration de substances nuisibles ». Une plainte qui est toujours en cours d'instruction.

 
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