Assurance santé

Les Français consomment (un peu moins) d'antibiotiques

Publié par le , Mis à jour le 20/11/2019 à 14:55

Les Français consomment moins d'antibios

Bonne nouvelle, la tendance est à la baisse sur le sujet de la consommation des antibiotiques. Même si les Français sont toujours aussi accros à ces médicaments, les prescriptions ont tout de même diminué de 15%.

Les niveaux 30% au-dessus de la moyenne européenne

"Peut mieux faire". À l'occasion de la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques et de la journée européenne d’information sur les antibiotiques, l’agence Santé publique France et ses partenaires font le point sur la consommation de ces médicaments par les Français.

Premier enseignement : nous sommes toujours de gros consommateurs. Les niveaux se situent encore 30% au-dessus de la moyenne européenne : « En 2018, il a été vendu en France 728 tonnes d’antibiotiques destinés à la santé humaine ». Même si les chiffres peuvent donner le tournis, la consommation de ce type de médicament commence à se stabiliser voire même à baisser.

L’estimation porte sur les antibiotiques prescrits en ville soit 93% de la consommation globale. Elle se base sur deux indicateurs : le nombre de doses consommées et le nombre de prescriptions. Sur ce dernier critère, la consommation des antibios a diminué de 15% entre 2009 et 2018 passant de 2,81 à 2,38 pour 1.000 habitants et par jour. Des signes considérés comme encourageants explique Bruno Coignard, directeur des maladies infectieuses aux Echos.  

Si la France se trouve dans une bonne dynamique, elle reste encore à une moyenne de 25,3 doses d’antibiotiques pour 1 000 habitants et par jour. À titre d'exemple, les Pays-Bas ne sont qu’à 9,7 doses.

Le mauvais comportement des Français

Le gouvernement tente d’éveiller les consciences. À coup de campagnes de prévention, le ministère de la santé met en garde sur les mauvaises habitudes des Français. En effet, selon une enquête menée par l’Ifop pour Pfizer, les patients ne semblent pas y connaitre grand-chose. Des comportements qui favoriseraient l’antibiorésistance.

Ils sont 42% à prendre des antibiotiques pour soigner une grippe et même 58% pour soigner une angine. Un non-sens quand on sait que 75 à 90% des angines ont une origine virale.

Autre habitude récurrente, les patients ne respectent pas la durée des traitements prescrits par les médecins. En clair, dès que le malade va mieux, il arrête tout. Une mauvaise chose qui peut conduire là encore à une résistance du médicament.

La résistance aux antibios pourrait faire 2,4 millions de morts

Une résistance qui peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé. En France, l’antibiorésistance tue 12.500 personnes chaque année. Selon les professionnels, elle pourrait devenir une des principales causes de mortalité d’ici une dizaine d’années. L’Organisation de coopération et de développement économique va même plus loin et avance un chiffre de 2,4 millions de morts en Europe, en Australie et en Amérique du Nord d’ici 2050.

En 2015, 670 000 personnes ont été contaminées dans le monde et près de deux tiers ont contracté des bactéries au sein même de l’hôpital.

L’OCDE préconise la généralisation de mesures simples qui pourraient avoir un impact sur les bactéries comme encourager une meilleure hygiène, développer des tests rapides pour déterminer si une infection est virale ou bactérienne et mettre fin à la surconsommation des antibiotiques.

Sur ce dernier point, le gouvernement souhaite développer la prescription des génériques. Une mesure forte qui pourrait désintoxiquer les patients et dans le même temps générer des économies pour la Sécurité sociale.  D’ici 2020, les patients qui refuseront de les prendre seront moins bien remboursés. Celles et ceux qui voudront quand même se procurer un antibio seront indemnisés sur la base d’un générique qui coûte généralement 40% moins cher.

 
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