Assurance santé

Les pénuries de médicaments s'accentuent en France

Publié par le

Les pénuries de médicaments se poursuivent

Les ruptures de stock se multiplient en pharmacie et certains médicaments deviennent de plus en plus difficiles à trouver. En juin, 2 318 médicaments étaient « en tension » dans les 21 000 officines de l’Hexagone.

2 318 médicaments « en tension » en juin

De plus en plus de médicaments en rupture de stock. Depuis plusieurs mois, certains médicaments deviennent de plus en plus difficiles à trouver. En juin dernier, 2 318 médicaments étaient « en tension » dans les 21 000 pharmacies de l’Hexagone. Un phénomène qui ne cesse de s’accentuer depuis une dizaine d’années. Selon une enquête publiée par France Assos Santé en janvier de cette année, un Français sur quatre a déjà été confronté à une pénurie de médicaments.  Face à ces ruptures de stock, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn avait dévoilé il y a quelques semaines toute une série de pistes afin « d’améliorer la disponibilité des médicaments en France ».

Mais pourquoi un tel phénomène ? Et surtout, pourquoi ne cesse-t-il pas de s’accentuer ces derniers mois ? Invité au micro d’Europe 1, Thomas Borel, directeur des affaires scientifiques des Entreprises du médicament, explique qu’il ne s’agit pas d’un « sujet franco-français ». Selon l’Agence européenne du médicament, 80 % des principes actifs sont fabriqués hors d'Europe contre 20 % il y a 30 ans. À l’automne 2018, des santaliers se déclaraient inquiets « face à la perte progressive d’indépendance sanitaire de notre pays, du fait de la délocalisation à l’étranger de la plupart des structures de production de principes actifs entrants dans la composition de médicaments indispensables ».

Un marché fortement délocalisé

« Le marché s'est fortement délocalisé sur des zones comme la Chine et l'Inde », confirme Thomas Bordel sur Europe 1, avant d’appeler à « une politique publique industrielle forte pour s'assurer du maintien de la production du principe actif ou du produit fini, si ce n'est en France, au moins en Europe ». Pour y parvenir, ce dernier affirme qu’il est nécessaire d’avoir « une politique volontariste de prix » afin d’être sûr que les médicaments, lorsqu’ils sont en tension, « puissent être suffisamment mis à disposition du marché français et pour éviter le phénomène délétère de l'exportation parallèle ».

Une pénurie de médicaments aggravée par un Brexit dur ?

Maintenir une production en Europe, mais également en France. Alors qu’un Brexit sans accord se précise, des experts s’inquiètent de très probables perturbations d'approvisionnement en Europe. Chaque mois, le Royaume-Uni exporte près de 45 millions de boîtes de médicaments vers le reste de l'Union européenne, selon un rapport du Parlement britannique.

Une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’UE entrainerait de graves conséquences puisque certains « médicaments pourraient être privés de l'approbation réglementaire requise pour pouvoir continuer d'être importés du Royaume-Uni », explique Challenges. En outre, le transport de médicaments ainsi que des composants chimiques nécessaires à leur fabrication pourrait être perturbé par des contrôles accrus aux ports et autres postes frontaliers.

 
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
 
0 RÉACTION
Pas encore de commentaire, soyez le premier.

RECHERCHEZ DANS LES ARTICLES