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Sans preuve solide, l'OMS valide sa définition du « trouble du jeu vidéo »

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L'OMS décide d'ajouter le "trouble du jeu vidéo" à la Classification internationale des maladies

Début 2018, dans une tribune, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) évoquait l’addiction aux jeux vidéo et faisait part de sa volonté de la voir reconnaître comme une maladie. C’est désormais une réalité ! Elle figure à présent au sein de la Classification internationale des maladies (CIM), classification médicale codifiée classant les maladies ainsi qu’une large variété de signes, symptômes, lésions traumatiques, circonstances sociales,…

Le « trouble du jeu vidéo » défini

En dépit de l’absence de tout consensus scientifique, l’OMS a reconnu la pratique excessive et déraisonnable du jeu vidéo comme étant un « trouble ». En effet, elle a été officiellement adoptée le 25 mai 2019 au moment de l’approbation définitive de la 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11). Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2022.

Selon l’OMS, le « trouble du jeu vidéo » consiste en un comportement caractérisé par une « perte de contrôle sur le jeu », une « priorité accrue accordée au jeu » qui prend dès lors le pas sur des activités du quotidien et par la « poursuite » ou la « pratique croissante du jeu », et ce, malgré les « répercussions dommageables » qu’elle peut avoir.

L’institution onusienne avertit également que, si le « trouble du jeu vidéo » ne concerne qu’une « petite partie » des utilisateurs de jeux vidéo ou de jeux numériques, chaque joueur doit prêter attention au temps qu’il passe sur ces jeux de même qu’à tout « changement physique ou psychologique ».

La décision de l’OMS dénoncée

La précédente annonce faite par l’OMS concernant l’intégration du « trouble du jeu vidéo » à la liste des addictions figurant dans la CIM avait suscité des critiques tant de la part de la communauté scientifique que des acteurs de l’industrie vidéoludique.

Ainsi, plusieurs chercheurs avaient alors rédigé un article intitulé « Une base scientifique faible pour le trouble du jeu vidéo : restons du côté de la prudence ». Ils y signalaient notamment que, dans certaines circonstances, la pratique intensive du jeu vidéo peut donner lieu à des comportements sociaux dysfonctionnels. Toutefois, rien n’indique que cette pratique soit la cause de ces comportements.

En réaction à la dernière décision en date de l’OMS, Simon Little, président-directeur général (PDG) de l’Interactive Software Federation of Europe (ISFE), entité défendant les intérêts des acteurs européens du jeu vidéo, a dénoncé l’absence de « preuve suffisamment solide » légitimant l’intégration du trouble du jeu vidéo au CIM. Il se joint également aux associations professionnelles de jeux vidéo dans le monde entier pour demander aux Etats-membres de revoir la décision de l’OMS d’intégrer le « trouble du jeu vidéo » à la CIM-11, d’œuvrer à une nouvelle définition de ce trouble et enfin de le retirer intégralement de la CIM-11.

 
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