Assurance santé

Stanislas di Vittorio discute des hausses des complémentaires suite au 100 % santé

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Assurland.com estime les augmentations annuelles des complémentaires santé à 2,5 %

En 2020, le gouvernement a mis en place le 100 % santé ou RAC 0 (reste à charge 0) pour lutter contre le renoncement aux soins. En effet, un sondage BVA révélait en novembre dernier que 63 % des Français avaient déjà renoncé aux soins. Toutefois, des associations de consommateurs dont l'UFC – Que choisir ont dénoncé d'importantes hausses touchant les complémentaires santé suite à cette réforme. Pour y voir plus clair, nous avons interrogé Stanislas di Vittorio, directeur général d'Assurland.com.

À qui s'adresse la réforme du 100 % santé ?

Cette réforme du 100 % santé s'adresse à tous les Français couverts par la Sécurité Sociale, c'est-à-dire tous les Français qui ont des besoins en matière d'optique, auditifs ou de prothèses dentaires. Bien que certains fussent déjà couverts par leur assurance complémentaire santé, l'objectif est que tous puissent bénéficier des soins dont ils ont besoin. L'idée est donc que plus personne ne renonce à des soins qui étaient historiquement mal remboursés par la Sécurité Sociale.

Cette réforme ne va-t-elle pas entraîner une hausse des coûts des lunettes, prothèses dentaires et auditives ?

Il y aura un certain nombre de produits sélectionnés qui devront être dans des prix tels qu'ils seront effectivement couverts par la Sécurité Sociale et les mutuelles. Cela ne signifie pas que n'importe quel produit sera remboursé à 100 %, mais qu'il y aura pour chaque catégorie de besoin des produits et services dont le prix sera tel qu'ils pourront être couverts.

À combien estime-t-on le coût total de cette réforme ?

Le 100 % santé concerne le remboursement intégral pour tous des soins et dispositifs optiques, dentaires et auditifs. On estime son coût à 750 millions d'euros. Les deux tiers (500 millions d'euros) seraient pris en charge par la Sécurité Sociale ; le gouvernement a demandé aux assureurs de prendre en charge le tiers restant (250 millions d'euros) et de ne pas les répercuter sur les assurés. Les primes d'assurance santé ne devraient donc théoriquement pas augmenter à cause de cette réforme.

Doit-on tout de même s'attendre à une hausse des prix des contrats santé ?

Comme les assureurs s'y sont engagés, il est probable que l'on n'observe pas d'augmentation à court terme. En revanche, la réalité économique fait qu'à long terme, des hausses se produiront nécessairement. Il y a donc un peu d'hypocrisie de ce point de vue là.

Il faut également savoir qu'il y a déjà une hausse séculaire du prix des contrats d'assurances complémentaires santé pour deux raisons essentielles :

  • les Français sont mieux soignés parce que les technologies médicales évoluent et cela a un coût. Par exemple, les Français font aujourd'hui beaucoup de scanners, ce qui n'était pas possible pas à une certaine époque ;
  • les Français vieillissent et il y a une corrélation directe entre vieillissement et besoins en soins de santé. Cela aussi a un impact provoquant l'augmentation du coût de la santé.

Aujourd'hui, Assurland estime que ces augmentations sont relativement modérées, de l'ordre de 2,5 % par an. Cela n'exclue pas que, ponctuellement, les tarifs augmentent pour certains assureurs et/ou profils.

Comment expliquer que certains assureurs augmentent plus leurs tarifs que d'autres ?

Les assureurs observent leurs prix et le coût total des sinistres. S'il se trouve que, par rapport aux risques souscrits, les hausses de coûts ont été plus fortes que ce qu'ils avaient anticipé, ils le réimpacteront sur les augmentations des prix de l'année suivante pour couvrir le coût des sinistres. Cette règle prévaut pour les assureurs mais surtout pour les profils en assurance. En France, on ne peut pas tarifer les assurés en fonction de leur sinistralité passée, mais il y a tout de même une forme de segmentation par l'âge. Les augmentations sont fortes quand on commence à vieillir.

L'UFC – Que choisir dénonce même des hausses jusqu'à 35 % pour certains sociétaires. Pourquoi une telle hausse ?

L'UFC – Que choisir a fait un appel à contribution qui lui a permis de trouver qu'une personne avait été augmentée de 35 %. Pourquoi a-t-elle été augmentée de 35 % ? Était-ce justifié ? Je l'ignore, mais comme toujours en assurance, il est possible de trouver une personne qui a subi une très forte augmentation et cela n'est pas représentatif de la moyenne. La méthodologie choisie par l'UFC – Que choisir pour mesurer ces hausses de tarifs est totalement non-analytique et non-scientifique. Elle ne relève pas d'une analyse rationnelle des choses.

Quelle différence pour le consommateur selon s'il a souscrit une mutuelle ou une assurance santé ?

Rien ne va changer pour le consommateur. Il y a un abus de langage selon lequel une mutuelle est une assurance complémentaire santé, alors qu'une assurance complémentaire santé peut être fournie par plusieurs types de sociétés : mutuelles d'assurance, institutions de prévoyance ou sociétés d'assurance à capital privé. Les trois fournissent des contrats d'assurance complémentaire santé suivant les mêmes conditions et normes légales.

Si une complémentaire santé augmente trop son tarif, faut-il faire jouer la concurrence pour négocier son contrat ?

Oui, avec un comparateur d'assurance santé par exemple. Le consommateur a intérêt à aller étudier deux choses : ce que le marché peut lui offrir et l'adéquation de la couverture proposée par l'assurance par rapport à ses besoins. Si l'on dispose d'un contrat avec de très bonnes garanties optiques sans avoir de problème de vue, le contrat n'est pas très adapté. L'important est de disposer d'un contrat dont les garanties sont bien adaptées aux besoins que l'on peut avoir en matière de soins médicaux.

Et pour ceux dépendant de contrats collectifs obligatoires d'entreprise ?

Ces derniers n'auront pas le choix. Ils peuvent tout de même demander à leur entreprise de faire évoluer leur contrat collectif. Ils ont également la possibilité, s'ils jugent que le contrat de leur entreprise ne les couvre pas suffisamment, de souscrire à titre personnel une « surcomplémentaire santé ». Cette dernière prendra le relais une fois que l'assurance de la société à laquelle il est affilié aura atteint ses limites.

 
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1 RÉACTION
Lourenco 24/03/2020 à 12:20
Payer em especie tres bien o automatique carte blue

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