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Trop de césariennes dans le monde selon des gynécologues

Publié par le , Mis à jour le 12/10/2018 à 11:01

Plus de 40 % des naissances par césarienne dans certains pays du monde

En quinze ans, le nombre de naissances par césarienne est passé de 12 % à 21 % entre 2000 et 2015 dans le monde. Dans certains pays, la césarienne serait pratiquée pour 40 % des naissances. En cause, une baisse de compétences du corps médical, la peur de l'accouchement naturel ou des tarifs plus attractifs pour ce type d’intervention. D’où, la tribune publiée aujourd’hui dans The Lancet qui évoque une « épidémie ».

Un taux de césarienne estimé à 20,4 % en France

Pour des motifs d’ordre médical, 10 à 15 % des césariennes seraient absolument nécessaires. Toutefois, plus de la moitié des pays (ndlr : 60 %) analysés se trouvent au-dessus de cette fourchette. Et, seul un quart d’entre eux se trouve en dessous.

Cette étude publiée dans The Lancet laisse apparaître d’importantes disparités géographiques. Ainsi, dans 15 pays, plus de 40 % des naissances ont lieu par césarienne. On peut citer pêle-mêle le Brésil, la République dominicaine, l’Egypte, le Venezuela, la Turquie ou encore l’Iran. Coordinatrice de l'étude, Marleen Temmermann considère que cette « forte augmentation des césariennes » constatée essentiellement dans « des environnements aisés et sans raison médicale » est susceptible de s’avérer problématique pour la santé de la mère et de l’enfant.

Autre illustration de ces fortes disparités : en 2015, 4,1 % de césariennes ont été pratiquées en Afrique sub-saharienne contre 44,3 % en Amérique latine et dans les Caraïbes. Et, l’étude de rappeler qu’en cas de complications, les « césariennes sauvent des vies » et l’accès des femmes à cette intervention chirurgicale doit être favorisé dans les régions pauvres.

En Asie, entre 2000 et 2015, le recours aux césariennes a bondi en moyenne de 6 % par année passant de 7,2 % à 18,1 %. En Amérique du Nord, on a enregistré 32 % de césariennes et 26,9 % en Europe occidentale en 2015. En France, le taux de césarienne demeure stable représentant 20,4 % en 2016 selon le ministère des Solidarités et de la Santé.

Des pistes pour lutter contre l’« épidémie de césariennes »

S’appuyant sur des données collectées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), le dossier paru dans The Lancet met en lumière l’existence d’un lien entre recours à la césarienne, niveau de revenu et niveau d’éducation des femmes. A titre d’exemple, au Brésil, les césariennes concernent 54,4 % des naissances parmi les femmes à haut niveau d'éducation contre 19,4 % parmi les femmes dont le niveau d’éducation est moins élevé.

Au-delà de ces disparités, la Fédération Internationale de Gynécologie et d'Obstétrique (FIGO) évoque différentes explications de ce phénomène :

  • Des tarifs plus attractifs pour les médecins et les cliniques lorsqu’une césarienne est pratiquée,
  • La programmation facilitée des naissances de jour,
  • Des compétences moindres du corps médical pour l’accompagnement d’un accouchement susceptible d’être « difficile » par voie naturelle,…

Autre piste : des femmes optent pour la césarienne en raison d’une « peur de l’accouchement » qui résulte parfois d’une « première expérience traumatisante », selon Jane Sandall, professeur au sein du King's College London, établissement d'enseignement supérieur britannique.

Enfin, la FIGO évoque plusieurs pistes pour limiter le recours aux césariennes :

  • Un tarif unique pour les naissances, peu importe le type d’intervention,
  • L’obligation faite aux hôpitaux de publier les statistiques,
  • Une meilleure information des femmes quant aux risques associés à la césarienne,
  • Une meilleure formation pour la pratique de l’accouchement naturel. 
 
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