Assurance santé

Une start-up propose la consultation médicale dès la salle d'attente

Publié par le , Mis à jour le 09/01/2020 à 12:46

La solution proposée par Hygia est une bonne alternative à la téléconsultation

La start-up Hygia a mis au point un nouveau système qui fait démarrer la consultation dès la salle d'attente grâce à une interface connectée. Une chaise récupère les données du patient pour les transmettre en amont de la consultation en face à face avec le médecin. Objectif : optimiser les temps d'attente des patients.

« Rendre le temps d'attente utile »

Patienter en salle d'attente chez le médecin peut parfois se révéler être une véritable épreuve. Qui n'a jamais attendu plusieurs heures avant de pouvoir se retrouver face au médecin du cabinet ? Et il est difficile de mettre à profit ce temps d'un point de vue santé, aussi bien pour le patient que pour le médecin. Cependant, la start-up Hygia a peut-être trouvé une solution.

Cette dernière propose des chaises connectées et médicalisées pouvant récupérer quelques données utiles à la consultation, permettant de facto gagner du temps. « L'idée est de rendre le temps d’attente utile. Notre chaise connectée pèse, prend les pulsations cardiaques, la tension, la température et l'oxymètre de pouls (taux d'oxygène dans le sang) du patient », expose Pierre-Jean Brousset, PDG et fondateur d’Hygia. « Un rendez-vous médical dure en moyenne 15 minutes, dont à peine 7 ou 8 sont consacrées à la santé du patient proprement dite. Autant optimiser ce temps », affirme-t-il.

Dans un contexte de désertification médicale en France, cette innovation semble plus que bienvenue. Elle pourrait peut-être même contribuer à lutter contre le renoncement aux soins, qui touche de plus en plus de Français.

Utiliser les nouvelles technologies et le numérique dans la consultation

Outre cette chaise connectée à la pointe de la technologie, Hygia a mis en place une application pour smartphone permettant de décrire ses symptômes plus amplement, ainsi que la raison de la consultation. Le principe est assez simple : le patient crée un espace numérique dans l'application Hygia Care et peut ensuite y entrer ses données. Il peut enfin choisir de les transmettre au médecin qui le prendra en consultation.

Cette démarche peut également s'effectuer via un écran tactile intégré à la chaise connectée Hygia Pulse. Les données sont cryptées pour une meilleure protection des données personnelles et sont ensuite transférées via WiFi. « Nous ciblons les médecins généralistes, mais aussi les Ephad, les pharmacies, la médecine du travail et même dans les centres d’urgence », allègue le créateur d'Hygia. Bonne nouvelle pour les urgences, qui souffrent d'une saturation sans commune mesure en pleine crise de l'hôpital.

De plus, la start-up fait appel à une technologie prometteuse et en vogue en ce moment, le machine learning, plus communément appelé « intelligence artificielle », bien que le terme prêt à débat. « Nous avons développé, avec l'appui d’un médecin urgentiste, une intelligence artificielle pour orienter un diagnostic », allègue Pierre-Jean Brousset.

Il faut dire que ce dernier a déjà de l'expérience en la matière. « C'est dans le cadre du développement d'Eol [ndlr : Eol Consulting est une entreprise de services du numérique fondée par Pierre-Jean Brousset] que nous avons eu l'idée du projet Hygia », explique-t-il. Il a donc pu profiter d'une équipe de développeurs qualifiés à la fois en informatique et dans le médical. La région Occitanie le soutient également et a participé à environ la moitié des deux millions d'euros dont l'entreprise avait besoin pour se lancer.

Les objectifs d'Hygia avec ces consultations en salle d'attente

L'entreprise compte entamer la commercialisation de son dispositif à la fin du premier trimestre de l'année 2020, c'est-à-dire dans deux à trois mois. En effet, elle attend encore la livraison d'une certification européenne nécessaire au lancement commercial d'un dispositif médical. Côté production, Hygia se charge de toute la partie logiciel et design et a réquisitionné un sous-traitant montpelliérain pour le hardware (électronique et assemblage).

Et Hygia voit grand ! « Notre objectif est d'équiper 15 000 professionnels d'ici cinq ans », renseigne Pierre-Jean Brousset. Côté tarif, le dispositif devrait coûter 110 à 120 euros par mois au praticien, maintenance et support produit compris.

 
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