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Vaccination des plus précaires : une stratégie qui devrait inspirer l'accès général aux soins

Publié par le , Mis à jour le 10/09/2021 à 16:32

Au début de l'été, le gouvernement s'est fixé l'objectif de vacciner 100% des demandeurs d’asile et des réfugiés précaires séjournant en France. Cette ambition est portée par des acteurs de terrains, qui vont également au contact des personnes sans domicile fixe en manque d'information. Une telle stratégie est nécessaire pour ne pas creuser un fossé existant déjà avec le reste de la population.

À la recherche des 37% de Français encore non-vaccinés

La France aborde cette période de rentrée avec un total de 46 millions de personnes entièrement vaccinées, soit 63% de la population. Trois millions de Français sont par ailleurs en attente de leur deuxième dose. Au total, donc 49 millions de personnes ont aujourd’hui reçu au moins une injection. Le gouvernement a par conséquent manqué son objectif de 50 millions à la fin du mois d’août. 

Depuis l’allocution d’Emmanuel Macron, le 12 juillet dernier, le rythme de la campagne vaccinale décroit, passant de 400 000 injections par jour à 89 000 aujourd’hui. La fin de la gratuité des tests attendue pour le mois prochain pourrait redonner un coup d’accélérateur. Mais certaines catégories de population continuent de paraître difficilement atteignables, et en particulier les sans-abris et les réfugiés présents sur le territoire. Pourtant, de nombreuses initiatives sont prises pour les immuniser.

Le gouvernement s’est par exemple fixé l’objectif de vacciner 100% des demandeurs d’asile et des réfugiés précaires séjournant en France. Sur le terrain, cette mission est assurée par des acteurs associatifs. En Ile-de-France, par exemple, c’est l’ONG Médecins sans frontières (MSF) qui a été chargée par l’Agence régionale de santé (ARS) de mener la campagne vaccinale en faveur des personnes en grande précarité.

Des associations au contact des plus précaires

Pour favoriser l’accès à un public peut difficilement réserver un créneau de vaccination, les tentes de MSF se sont installées directement dans les foyers de travailleurs migrants, dans des centres d’accueil de jour et dans des centres d’hébergement d’urgence, mais aussi de façon fixe à la Porte de la Villette. En tout, 5 000 doses ont été ainsi administrées par MSF depuis début juin. 

Partout en France, des initiatives similaires sont menées pour vacciner les personnes sans domicile-fixe, notamment par les structures d’accueil de jour. L’idée est d’aller directement au contact de ces populations fragiles qui n’ont plus toujours leur carte vitale, n’ont pas accès à internet, et manquent tout simplement d’informations.  

Ces actions sont particulièrement nécessaires pour ne pas creuser un fossé déjà existant entre les plus précaires et le reste de la société. La vaccination contre le Covid-19 leur permet en effet de maintenir le contact avec des proches, ou de poursuivre une activité professionnelle. Voyant le risque d’une potentielle discrimination en défaveur des plus démunis, l’ONG Médecins du Monde avait condamné début août l’instauration du passe sanitaire. 

L'accès à la MAE plus compliqué

À ces contraintes liées à la vaccination, s’ajoute un accès au soin qui se complique également depuis le début de l’été. Les règles permettant l’accès à l’Aide Médicale d’État (AME) se sont en effet durcies, et sont déjà dénoncées par les associations. Ce dispositif, qui permet la prise en charge des soins médicaux des personnes en situation irrégulière et à très faibles revenus, ne peut désormais être demandé que dans un établissement de santé ou dans une caisse d’Assurance maladie.

Jusqu’ici, il pouvait aussi être sollicité dans les services sociaux, mairies et associations. Une restriction contre-courant de la stratégie menée pour la campagne de vaccination, qui consiste au contraire à multiplier les points d’accès au vaccin. La situation à venir apparait d’autant plus complexe que l’AME ne bénéficiait déjà que peu aux personnes éligibles : en 2019, la moitié des personnes concernées n’en profitait pas. Il serait ainsi rassurant que la politique menée pour la vaccination des plus précaires se perpétue pour l’accès aux soins en général. 

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