Assurance santé

Vers une interdiction des cigarettes aux filtres non-recyclables ?

Publié par le , Mis à jour le 24/10/2019 à 14:56

Le mégot, une source de pollution et un danger pour la santé

Le député François-Michel Lambert (membre du groupe LT, ex-EM et EELV) a pris une position radicale quant à la cigarette. Il voudrait interdire complètement la commercialisation des cigarettes aux filtres non-recyclables.

Un désastre environnemental

Le premier motif avancé par François-Michel Lambert est la catastrophe écologique que représentent les mégots en France. Le mégot est un déchet difficile à collecter en raison de sa taille et de sa dispersion. Bien que les fibres qui le composent soient théoriquement recyclables, sa toxicité et son manque de valeur le rendent peu intéressant.

De plus, le ruissellement l'emporte dans les égouts et cours d'eau, puis dans les plages, mers et océans. Il met également un à deux ans à se dégrader et peut polluer à lui seul 500 litres d'eau.

En tout, on estime à trente milliards de mégots qui seraient rejetés dans la nature en France. Deux milliards en sont ramassés chaque année dans les rues de Paris. De son côté, le gouvernement tente de remédier à ce problème notamment par un projet de loi qui devrait être examiné à l'Assemblée nationale d'ici fin 2019.

Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique veut appliquer le principe du « pollueur-payeur » aux industriels du tabac. En somme, cela reviendrait à rendre la responsabilité de la collecte et du recyclage des déchets aux cigarettiers eux-mêmes.

Une mesure qui reviendrait à « donner un permis de polluer »

Pour François-Michel Lambert, il faudrait encore affermir ce projet de loi. « Ça équivaut à donner un permis de polluer, avance-t-il. Les fabricants vont verser une écotaxe, mais elle sera reportée sur le prix du paquet. Ce sera du greenwashing, et au final la société continuera de financer les dégâts écologiques », indique-t-il.

Sa solution ? Contraindre les industriels du tabac à commercialiser des cigarettes au mégot recyclable. L'idée se synthétise en un court article de loi : « Interdire la commercialisation de toute cigarette utilisant un filtre non compostable à partir du 1er janvier 2022. »

Une dangereuse « escroquerie sanitaire »

Outre ce volet environnemental, les filtres de cigarette soulèvent un problème sanitaire majeur aussi connu sous le nom de l'affaire du « Filtergate ». Au début de l'année 2018, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) a attaqué en justice les filiales françaises des groupes Philip Morris, British Maerican Tobacco, Japan Tobacco International et Imperial Brands. Il a saisi le parquet de Paris et déposé une plainte avec constitution de partie civile pour « mise en danger de la vie d'autrui ».

En effet, grâce aux petits trous perforés dans les filtres, les taux de substances toxiques (goudron, nicotine et monoxyde de carbone) sont minorés dans les tests en laboratoire comparé aux quantités réelles absorbées par le fumeur. Pascal Diethelm, vice-président du Comité explique : « les fumeurs ne fument pas comme les machines : ils obturent le filtre avec la bouche ou avec les doigts, donc ils absorbent des doses beaucoup plus importantes. »

 
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