Assurance santé

Vers une nouvelle taxe sur la charcuterie avec nitrites ?

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Les nitrites donnent cette couleur rose au jambon

Le gouvernement français a l'habitude de se pencher sur des questions sanitaires concernant l'alimentation. Le député MoDem Richard Ramos a proposé une nouvelle taxe sur la charcuterie contenant des additifs nitrés (nitrite, nitrate et/ou sel nitrité). Cette dernière devrait s'élever à 0,10 centime d'euros par kilogramme sur les produits concernés.

Des conservateurs présents dans (presque) toute la charcuterie

Les nitrites sont ces conservateurs qui donne sa belle couleur rose à la charcuterie et accélèrent sa macération. Le produit a été intégré au processus de fabrication du jambon à une époque où les moyens de conservation étaient moins développés. « Le nitrite est un biocide très puissant, qui élimine toute forme de bactérie », a confié au HuffPost Guillaume Coudray, auteur du livre Cochonneries, qui enquête sur la dangerosité de la charcuterie sur la santé.

L'amendement a été co-signé par divers élus de différents groupes, notamment LREM, UDI-Agir, PS ou encore LFI. Les députés ont voté en commission dans la nuit du 15 au 16 octobre 2019 malgré les réticences du rapporteur Olivier Véran (LREM). Selon lui, l'impact de cette décision n'a pas été suffisamment mesuré.

Un problème d'ordre sanitaire

« On démarre tout petit, on le créé dans le budget de la Sécurité sociale, et s'ils ne font pas ce qu'il faut, alors on recommencera la taxe. On ne peut pas laisser croire aux gens que le nitrite n'est pas dangereux », insiste Richard Ramos.

En effet, les nitrites sont responsables chaque année de milliers de cancers. En 2015, l'OMS publiait un rapport qui recensait 34 000 cas de cancer colorectal dans le monde causés par ces additifs. On peut les identifier dans le commerce sous les codes E249, E250, E251 et E252.

Un marché en mutation ?

Jambons, saucisses, pâtés, rillettes, rares sont les charcuteries qui en réchappent aujourd'hui. Mais si leur présence reste prépondérante sur le marché, quelques industriels tentent de réduire leur quantité sur certains produits. C'est notamment le cas de Fleury Michon, qui a lancé sa gamme de jambons sans nitrites début 2019.

Ce nouveau segment du marché est donc vu comme une bonne opportunité pour les entreprises comme pour les consommateurs. Si le prix d'un jambon sans nitrite est environ 15% plus cher que son concurrent classique, il séduit une partie des consommateurs, pour qui la santé est un enjeu de taille dans l'alimentation.

 
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