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VIH : la présidente du Sidaction craint « une catastrophe »

Publié par le , Mis à jour le 24/06/2020 à 10:28

préservatifs

La Présidente du Sidaction fait un appel aux dons pour lutter contre le VIH. Dans une interview accordée au JDD, elle déclare « craindre une catastrophe » dans la lutte contre le virus. Aujourd’hui, ce sont 4 millions d’euros qui manquent au budget.

4 millions d’euros manquent au budget du Sidaction

Françoise Barre-Sinoussi, la présidente du Sidaction lance un appel aux dons. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, elle annonce « craindre une catastrophe » dans la lutte contre le VIH.

En raison du Covid-19, le Sidaction 2020 n’a pas pu se tenir. Une annulation qui aura eu des conséquences sur le budget de l’association : « Il nous manque près de 4 millions d’euros, soit un quart de notre budget. Ça pourrait nous empêcher de financer des programmes de recherche ou des actions d’aide ou de prévention » explique la Présidente du Sidaction.

Outre l’appel aux dons, Françoise Barre-Sinoussi est revenue sur les difficultés qu’on pu traverser des malades atteints du VIH durant la période de confinement. Elle évoque notamment des difficultés « pour se soigner et faire face à des difficultés morales (…) La crise a rendu difficile l’accès aux antiretroviraux, elle a causé des ruptures de stock de médicaments, des retards de dépistage, une levée de pied sur la prévention. La société a recentré son attention sur l’épidémie en oubliant le VIH, la tuberculose, le paludisme, les cancers …Ce terrible effet pervers émerge tout juste dans le débat public.  Mais le réveil risque d’être dur » rajoute la chercheuse.

Des jeunes pensent qu’il est possible de guérir du Sida

D’après les chiffres, 24 000 jeunes français ignorent être atteint du VIH.  Aujourd’hui encore, les adolescents et jeunes adultes ne semblent pas assez informés sur le sujet. La preuve : certains pensent encore qu’il est possible de guérir du Sida.

En 2019, un baromètre  IFOP pour le Sidaction révèle que 23% des jeunes de 15 à 24 ans s’estiment mal informés sur le sida. C’est 12 points de plus qu’en 2009. Pour aller plus loin, 28% des adolescents pensent que le virus peut se transmettre durant des rapports sexuels protégés avec une personne séropositive.

Des jeunes mal informés et qui ont donc des comportements plus à risque. Une enquête d’Opinion  Way de novembre 2018 dévoile que seulement un étudiant sur deux va systématiquement mettre un préservatif. Les lycéens sont plus prudents avec 80% d’entre eux à utiliser une protection.

Légère augmentation du dépistage du VIH en 2019

S’ils restent encore du travail avec les adolescents et jeunes adultes, il y a du mieux en matière de dépistage. L’année dernière, Santé publique France annonce que la population est un peu plus dépistée et une baisse du nombre de nouveaux cas.

Mais même si les chiffres vont dans le bon sens, Santé Publique France a tenu à rappeler que le recours au dépistage était encore insuffisant.

En Ile-de-France, ce sont 2650 personnes qui vont découvrir leur séropositivité. Dans la grande majorité des cas, ce sont des hommes de plus de 50 ans qui sont nés à l’étranger. Des personnes qui ont été contaminées après un rapport hétérosexuel (60%). Et là encore, c’est un premier dépistage qui révèle le virus.

Fort heureusement, la recherche continue d’avancer. Voilà pourquoi, les dons sont toujours aussi importants pour le Sidaction. Un geste solidaire qui pourrait, un jour, aboutir à la découverte d’un vaccin.

 
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