Assurance vie

Assurance vie : CLCV vise les frais de gestion réclamés par les assureurs

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Assurance vie : la CLCV alerte sur de mauvaises pratiques

L’association de défense des consommateurs CLCV vient de publier une étude alarmante sur le comportement de certains professionnels du secteur de l’assurance vie. Des professionnels en difficultés en raison de la faible rentabilité de leurs fonds.

Les rendements du fonds en euros en baisse

Ces derniers jours, l’assurance vie ne cesse de truster le devant de la scène. Bon, on vous l’accorde, il s’agit d’une scène d’un secteur bien spécifique : l’assurance. Tout a commencé suite à l’annonce de SwissLife, Allianz et Generali. Les trois assureurs ont la semaine dernière dévoilé que les rendements du fonds en euros étaient en baisse. « Ces dernières années, les baisses étaient finalement plus faibles que ce qui était escompté. On voit en revanche qu'en 2019, il y a le franchissement d'un réel palier », soulignait à l’AFP Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Épargne. Pour comprendre la situation il faut se pencher sur l’évolution taux. Particulièrement bas, voir négatifs, ces derniers pénalisent le secteur de l'assurance vie.

Aujourd’hui, l'assurance vie représente de loin le premier placement d'épargne avec près de 1,78 milliard d'euros investi. Problème : deux tiers des placements sont faits sur le fonds en euros. Une valeur sûre pour l’assuré puisque le capital est garanti quelle que soit l'évolution de la conjoncture mais qui, dans le cas présent, ne rapporte pas grand-chose aux assureurs. Dans le cas d'un taux négatif, ce sont en effet à ces derniers de payer pour pouvoir conserver ces placements.

CLCV vise les frais de gestion réclamés par les assureurs

Si le fonds en euros est un placement sûr pour les épargnants, l’association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) vient juste de lancer une alerte. Dans son enquête annuelle révélée par Le Parisien, CLCV s’inquiète des mauvaises pratiques des professionnels. Des mauvaises pratiques qui s’expliqueraient par la baisse de rentabilité de ces fonds.

Pour son enquête, l’association a analysé les rendements de fonds euros de 224 contrats d'assurance vie. Il en ressort que l’assurance vie coûte cher, très cher. « La performance moyenne de notre panel s'élève en 2018 à 1,83 % en recul de 0,13 point par rapport à 2017 », alerte l'étude. L’année « 2018 a constitué un tournant pour les détenteurs de fonds en euros car pour la première fois dans l'ère de l'assurance vie moderne, ce placement n'a pas permis de gain, l'inflation moyenne s'étant élevée à 1,8 % l'an dernier », souligne l'étude.

 « Les bénéfices réalisés par les compagnies d'assurances avec l'épargne des assurés ne leur sont pas automatiquement et intégralement reversés chaque année, regrette l’association. En moyenne, sur 8 ans, le taux de redistribution de notre panel ressort à 70,3% contre 73, 3 % l’an dernier ».

L’association vise en particulier les frais de gestion réclamés chaque année par les assureurs. Le montant de ces frais est d’autant plus conséquent que les taux de rendement sont à un niveau relativement faible. CLCV note en outre que de nombreux professionnels augmentent leurs frais de gestion et baisse les frais sur versements. « Ainsi, la garantie du capital baisse avec le temps avec une garantie de l’ordre de 92 % seulement au bout de huit ans », regrette CLCV. L’étude souligne que les anciens contrats, qui sont donc fermés à la souscription, n’amputent quant à eux presque jamais le capital initialement investi.

Face à cette situation, l’association demande « la mention expresse de l’absence de garantie sur le fonds en euros dans les documents commerciaux, publicitaires et contractuels dès lors que l’assuré n’est pas sûr de récupérer 100 à tout moment s’il a investi 100 après frais sur versements ». Or, malgré ce que peuvent promettre les contrats, la réalité est tout autre, en particulier avec les contrats récents. « Si la quasi-unanimité des contrats fermés à la souscription propose une telle garantie, près de la moitié (49 %) des contrats ouverts à la souscription ne l'offre plus », constate la CLCV.

 
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