Assurance vie

Assurance vie et UC : les SCPI font-elles face à un risque de bulle ?

Publié par le , Mis à jour le 05/03/2020 à 13:49

Les SCPI vous permettent d'investir sur des placements immobiliers

Parmi les placements en unités de compte (UC), les SCPI sont très populaires. Ces placements immobiliers mutualisés accusent en effet d'un dynamisme particulièrement attrayant pour l'épargnant. Mais faut-il craindre une bulle spéculative sur ces investissements toujours plus plébiscités dans l'assurance vie ?

Les assurés orientés vers des investissements en UC avec la baisse des fonds euros

Avec 1 800 milliards d'euros d'encours, l'assurance vie reste de très loin le placement préféré des Français. Néanmoins, le passage en territoire négatif des OAT (obligations assimilables au Trésor) a grandement affecté la rentabilité des placements à capital garanti (fonds en euros). À l'heure actuelle, ces derniers ne sont plus rentables pour les banques et assureurs. Ceux-ci préfèrent donc orienter leurs épargnants sur des placements en UC, plus risqués mais plus rémunérateurs.

D'ailleurs, de nombreux assureurs contraignent désormais l'accès aux fonds en euros : il faut acquérir des UC pour pouvoir investir sur ces fonds garantis. Certains ont également augmenté les frais sur les versements sur des contrats à capital garanti. Aussi, les placements panachés apparaissent comme une solution privilégiée pour les gestionnaires de fonds comme les épargnants. On retrouve par exemple les fonds Eurocroissance, qui ont été mis à jour dans un récent décret.

En outre, dans un contexte d'incertitude face aux retraites, les Français sont de plus en plus poussés à investir leur capital pour constituer un patrimoine. Certains choisissent l'investissement locatif direct, tandis que d'autres préfèrent « l'immobilier papier », c'est-à-dire les placements dans des sociétés immobilières... les SCPI (sociétés civiles en placement immobilier).

Les SCPI, un des placements UC favoris des Français

Ainsi, les SCPI (mais également les OPCI – organismes de placement collectif immobilier et OPCVM – organisme de placement collectif en valeurs mobilières) ont vu leur popularité augmenter ces derniers temps ; l'immobilier se montre particulièrement intéressant dans le contexte de taux bas. « La prime de risque soit l'écart entre ce que rapporte l'immobilier (de 3 à 12 %) et l'OAT 10 ans (actuellement proche de zéro) n'a jamais été aussi élevée », constate Yann Videcoq, gérant de fonds chez Perial AM.

Ainsi, en 2019, les SCPI ont collecté quelque 8,6 milliards d'euros ; la collecte est en forte hausse par rapport aux années précédentes. Atland Voisin rapporte par ailleurs que plus d'un Français sur deux connaît les SCPI et un sur cinq voit même précisément ce qu'elles sont. C'est aujourd'hui le second placement immobilier le mieux identifié des Français derrière l'investissement Pinel.

Il faut dire que ces produits répondent à plusieurs critères qui suscitent l'intérêt des Français : ils permettent à la fois une certaine stabilité des revenus, voire même des plus-values en vue d'un futur départ à la retraite. De plus, la mutualisation du risque par la diversification des actifs et un investissement mesuré sur la capacité d'épargne du client en font un placement rassurant. Ultimo, ces placements disposent du dynamisme de l'immobilier sans apposer de contraintes locatives sur l'épargnant (ces dernières sont déléguées à la société de gestion).

Un risque de bulle spéculative ?

Devant un tel enthousiasme des investisseurs, de nouveaux fonds immobiliers alternatifs se créent (clubs deal, SCI, crowdfunding...). Néanmoins, l'immobilier est un placement qui nécessite d'être conservé longtemps pour être réellement rémunérateur, et peu liquide, i.e. il ne permet pas de récupérer son capital rapidement en cas de besoin. Et comme (presque) tout placement en UC, il n'est pas garanti.

Mécaniquement, la « ruée vers la pierre » avec ce type de placements a fait augmenter leurs prix et diminué leurs rendements. Pour l'instant, les indicateurs restent au beau fixe, mais certains appréhendent la formation d'une bulle spéculative. Il vaut donc mieux rester prudent.

 
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