Assurance vie

Assurance vie : l'ACPR alerte les épargnants contre les frais et risques des contrats

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Comparer les contrats et faire jouer la concurrence est recommandé par l'ACPR

Avec les taux bas sévissant dans les fonds en euros, les assureurs réorganisent leur stratégie économique. Ils proposent de plus en plus de contrats plus rémunérateurs mais plus risqués via les placements en unités de compte (UC) aux épargnants. Face à ce changement en matière de comportement d'épargne, l'ACPR n'a pas manqué d'avertir les épargnants comme les assureurs.

Taux bas dans les fonds euros et incitation aux placements à risques (UC)

Un peu de contexte : avec quelques 1 800 milliards d'euros d'encours, l'assurance vie est le plus gros placement d'épargne français. Et les Français sont particulièrement friands d'un type de placements en particulier : les fonds en euros. Ces derniers étaient raisonnablement rémunérateurs il y a quelques années ; ils sont aujourd'hui non-rentables pour les banques, assureurs, mutualistes et bancassureurs et in fine pour les épargnants.

Mais cela va même plus loin : la solvabilité des gestionnaires de fonds est mise en danger par la chute des rendements des fonds euros. Bercy leur a même donné le droit de comptabiliser la PPB (provision de participation aux bénéfices) en fonds propres en cas d'urgence. En d'autres termes, de pouvoir utiliser un capital normalement réservé aux épargnants pour assurer leur solvabilité.

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Ainsi, ces gestionnaires ont décidé d'orienter leurs clients sur des contrats plus risqués, panachant souvent investissements sur des fonds euros et des UC. Les épargnants sont par exemple invités à placer sur des actions ou de l'immobilier via les SCPI (sociétés civiles en placement immobilier). Les assureurs proposent parfois de réels avantages financiers aux souscripteurs de contrats comprenant une grande part d'UC (30 % ou plus).

Jusqu'à présent, cette stratégie s'est avérée fonctionnelle : la collecte 2019 en UC a été record et les rendements sont bons. Toujours est-il que les UC ne garantissent pas à l'épargnant de retrouver sa mise de départ et que de nombreux facteurs influent sur leur capital. Récemment, les bourses du monde entier ont accusé de chutes drastiques à parfois plus de 10 % à cause du coronavirus COVID-19 : cela influera nécessairement les rendements de certains placements en UC. L'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) a donc mis en garde les épargnants pour la deuxième fois en quelques semaines contre les risques que comportent leurs contrats.

Il faut comprendre que, pour les assureurs, banques et bancassureurs, les UC sont particulièrement avantageuses. Les rendements et donc les rémunérations sont plus avantageux, mais ces placements sont surtout moins gourmands en fonds propres. Dans la conjoncture économique actuelle, cela est fort bienvenu pour les gestionnaires de fonds.

L'ACPR alerte les épargnants sur les frais de gestion des contrats euros

Pour toujours plus pousser les épargnants à se détourner des fonds en euros, les assureurs augmentent aussi les frais de gestion des contrats en comprenant. Mais « compte tenu de la baisse du rendement annuel des fonds euros, les frais ainsi prélevés peuvent parfois représenter l'équivalent du rendement de plusieurs années », alerte l'ACPR, qui a d'ailleurs insisté sur la nécessité de comparer les contrats d'assurance vie.

L'ACPR rappelle également que tous ces contrats n'offrent pas nécessairement de garantie complète en capital. En effet, un assureur dispose du droit d'attribuer des frais de gestion sur les placements supposément garantis. Generali, Predica ou Spirica ont par exemple profité de cette manœuvre pour réduire leurs besoins en fonds propres.

« Avec ce tour de passe-passe, les assureurs sont parvenus à transformer la garantie totale du fonds en euros en garantie partielle », accusait l'association de consommateurs CLCV. Pour l'ACPR, « les professionnels sont tenus de fournir à leurs clients une information claire, y compris sur les risques inhérents aux contrats en UC. » Est donc induit que ces derniers doivent s'adapter au profil du client et demeurer véritablement transparents sur les contrats d'assurance vie, c'est-à-dire des contrats à long terme à huit années minimum, ainsi que sur leur fiscalité.

 
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