Assurance vie

Assurance vie : le cabinet Galea livre ses analyses pour 2020

Publié par le , Mis à jour le 07/02/2020 à 10:30

L'assurance vie est séduisante car elle se comporte comme un « couteau suisse »

2019 a été une année qui a chamboulé l'assurance vie. Aussi, de nombreuses questions restent en suspens : l'assurance vie est-elle toujours une solution d'épargne pertinente en 2020 ? Que faire face à la baisse drastique du rendement du fonds en euros ? Quel est l'intérêt de panacher ses placements d'épargne avec des unités de compte (UC) par exemple ? Afin de donner quelques conseils à ce sujet, Assurland.com a interrogé Stéphanie Artigaud et Faustin Moinet du cabinet Galea, spécialistes de la gestion des risques assurantiels et financiers.

Qu'est-ce que l'assurance vie et quel est son intérêt ?

Il y a au moins deux éléments qui donnent tout son intérêt à l'assurance vie. C'est tout d'abord un produit assurantiel : l'assurance vie est en effet un dispositif de protection financière. Elle se différencie de l'épargne traditionnelle par ses avantages fiscaux successoraux. Elle permet à la fois de choisir à souhait les bénéficiaires du contrat et de profiter d'abattement fiscaux lors de la succession sous certaines conditions.

Mais c'est aussi un produit d'épargne au sens capitalisation valorisation : il est possible d'y investir sur différents supports avec des rendements financiers bénéficiant d'un cadre fiscal avantageux. C'est un placement populaire chez les Français notamment grâce à la garantie en capital à tout instant des fonds en euros. En tant que produit d'épargne, l'assurance vie garde son intérêt, même dans le contexte actuel de baisse des rendements du fonds en euros. Malgré les taux bas, nombre de ses contrats restent plus rémunérateurs que le livret A, qui accuse aujourd'hui d'un taux autour de 0,5 %.

Ce qui fait la force de l'assurance vie, c'est qu'elle se comporte comme un « couteau suisse » grâce à ses nombreux avantages.

Comment expliquer la baisse des taux du fonds en euros ?

Il faut expliquer un peu ce qu'est le fonds en euros. C'est un support garanti : pour garantir les primes versées sur ces fonds, les assureurs sont tentés d’investir sur des placements dits « sécurisés ». Ces placements qui sont pour la plupart des OAT* (obligations assimilables du Trésor) sont aujourd'hui pour la plupart des maturités en territoire négatif. Ainsi, étant calqués sur le taux d'emprunt des OAT, les rendements des fonds en euros sont en baisse mécanique par les contraintes de liquidités de ces fonds.

Mario Draghi vient d'annoncer que plus de stimulus économique pourrait se produire, faisant immédiatemment chuter l'euro par rapport au dollar. Cela leur donne un avantage injuste pour concurrencer les États-Unis. Ils ont profité de la situation depuis des années, à l'instar de la Chine et d'autres.

Le passage des taux en territoire négatif est également survenu suite à un tweet de Donald Trump du 18 juin 2019. Il faut donc prendre en compte un phénomène de guerre commerciale, qui peut influer l'économie et donc sur sur les taux des fonds en euros.

Comment expliquer la collecte en hausse de l'assurance vie en 2019** malgré la chute du fonds en euros ?

Il existe d'autres types de placements que les fonds en euros. Cette année par exemple, on a constaté une hausse de la part d'unités de comptes (UC) dans l'assurance vie française, poussée par les réseaux de distribution assureurs. Ces placements sont plus risqués (ils ne comportent pas de garantie en capital, hors garantie annexe) mais plus dynamiques et rentables que les fonds en euros. De plus, il n'y a pas de véritable concurrent à l'assurance vie grâce à son aspect « couteau suisse » dont nous parlions plus haut. C'est un placement très répandu chez les Français, avec plus de 1 750 milliards d'euros d'encours. Et les Français ont l'habitude d'épargner sur ce type de contrats de façon assez naturelle. Cela peut d'ailleurs être un problème pour certains assureurs, car la baisse de rentabilité des fonds en euros met en danger leur solvabilité.

Quel(s) placement(s) recommanderiez-vous à un Français désirant épargner son capital sans prendre trop de risques ?

Il n'y a pas vraiment de réponse type à cette question ; elle sera très relative au profil de l'épargnant. Et la sensibilité au risque reste très personnelle : tout le monde n'en a pas la même approche. Mais on peut généralement recommander des placements panachés, avec une allocation équilibrée entre capital garanti et placements à risque.

En termes de placements à risques mais plus rémunérateurs, il y a les UC, par exemple les investissements immobiliers comme les SCPI (sociétés civiles en placement immobilier) qui peuvent être intéressants. Il existe en outre le fonds Eurocroissance, réformé par la loi Pacte et qui offre une solution d'épargne panachée entre capital garanti et placements plus dynamiques. À savoir que certains assureurs proposent désormais des rémunérations plus importantes si un sociétaire investit une part plus grande dans des UC.

Il paraît donc plus judicieux de diversifier ses placements, non seulement au sein de ses contrats d'assurance vie, mais aussi dans son épargne en général. Également favorisés par la loi Pacte, les nouveaux PER (plans épargne-retraite) pourront se révéler intéressants.

*Les OAT sont des titres financiers correspondant à la part de dette d'un État à long terme.

**La collecte est record cette année : 144,6 milliards d'euros, soit 3,5 % de hausse. C'est la collecte la plus élevée jamais enregistrée depuis vingt ans. La collecte nette enregistrée est quant à elle de 25,9 milliards d'euros, accusant d'une progression supérieure à 20 %. C'est également un record : une telle collecte n'avait pas été enregistrée depuis 2010 (données : Fédération française de l'assurance – FFA).

 
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