Assurance vie

Assurance-vie : le danger des taux d'intérêts négatifs

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La viabilité des contrats garantis à 100% remise en question

Le secteur de l'assurance vie est en pleine mutation. Dans un contexte où les taux d'intérêts sont négatifs, les contrats garantissant 100% du capital ne rapportent plus aux assureurs. Ces derniers se tournent vers de nouvelles stratégies

Un modèle de plus en plus délaissé par les assureurs

Fin septembre, Generali avait décidé de prendre un virage à 180 degrés en révisant son positionnement stratégique sur les contrats d'assurance vie. Pour l'entreprise leader du secteur en France, le modèle du fonds euros à capital garanti est obsolète dans la conjoncture économique actuelle.

C'est également le cas d'Allianz : « Nous faisons partie de ceux qui pensent que le fonds euros est un vestige d'un passé révolu où les taux d'intérêts étaient positifs et qu'il faut lui substituer un produit qui soit durablement attractif dans le contexte financier actuel. Ce ne peut pas être seulement des fonds euros avec davantage d'unités de compte (UC) ou d'eurocroissance », explique Sylvain Coriat, membre du comité exécutif d'Allianz France.

D'autres entreprises ont également pris des positions similaires. C'est par exemple le cas de Suravenir, la filiale d'assurance vie du Crédit Mutuel Arkéa ou encore d'Aviva France, qui avait restreint les versements sur ses fonds en euros en toute discrétion le 16 septembre dernier. Aviva met en évidence les incertitudes qui entourent les taux négatifs : « Nous pensons que cet environnement de taux négatifs peut durer. Cette situation inédite nous amène à prendre des mesures afin de protéger la performance future de nos fonds euros. » En outre, AG2R La Mondiale a récemment émis une émission de dette obligataire subordonnée de 500 millions d'euros.

Une rentabilité difficile des contrats sans risque

Les placements opérés par les assureurs pour des contrats garantis à 100% sont aujourd'hui peu rémunérateurs. Si l'assurance vie demeure le placement favori des Français (collecte nette de 2,1 milliards d'euros en août 2019), le modèle du fonds euros ne semble plus soutenable. Dans un tel contexte, les entreprises rencontrent des difficultés à verser les niveaux de rémunération conséquents. Sa rémunération moyenne de 1,8% en 2018 va très probablement dégringoler, selon les assureurs. Ils préfèrent donc orienter le client vers des contrats à plus haut risque rapportant plus à l'assureur. Par exemple, les nouveaux contrats d'assurance vie de Generali ne garantissent désormais que 80% du capital investi.

Les conditions d'accès au fonds euros risquent elles aussi se durcir. Désormais chez Allianz, un client souhaitant placer un million d'euros devra investir au moins la moitié de cette somme sur des supports en unité de compte (UC) (le taux est porté à 90% pour les versements de plus de dix millions d'euros).

L'Afer sur un positionnement différent

Si une tendance générale s'instaure depuis septembre, l'Association française d'épargne et de retraite (Afer) reste sur ses positions. Pour Gérard Beckerman, président de l'association, ce contexte n'est que passager. Le président maintient sa confiance dans le fonds euros. « Durant des années, les assureurs ont constitué des réserves substantielles quand ils le pouvaient, à quoi ça sert quand on ne consomme pas ce qu'on a mis de côté ? » s'enquit-il ?

 
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