Assurance vie

Assurance vie : plus de retraits que de dépôts pour mars 2020

Publié par le , Mis à jour le 04/05/2020 à 17:41

La décollecte de mars 2020 est la plus importante enregistrée depuis 2011

La crise économique engendrée par le coronavirus COVID-19 n'a pas laissé l'assurance vie indemne. D'autant plus que cette dernière était déjà bien impactée par la chute des fonds en euros, au rendement très faible voire négatif. Ainsi, on parlera de « décollecte » pour l'assurance vie au moins de mars 2020 en France.

Les retraits dépassent de 2,2 milliards d'euros les retraits pour le mois de mars 2020

Mars 2020 a été un mois très difficile pour l'assurance vie, que les Français ont décidé de bouder suite à l'impact économique de la crise sanitaire de coronavirus COVID-19. D'après les données de la FFA (Fédération française de l'assurance), la « décollecte » nette, c'est-à-dire la différence entre les dépôts et les retraits effectués a été de 2,2 milliards d'euros. Au total, 9 milliards d'euros ont été déposés et 11,2 milliards d'euros retirés.

Cette décollecte est la plus importante depuis 2011, où le deuxième semestre avait subi la crise de la dette grecque de plein fouet. Mais à ce moment, la décollecte n'avait été « que » de 700 million d'euros, soit trois fois moins que le résultat présent. Précisons également que le mois de février 2020 avait déjà annoncé la couleur pour l'assurance vie française pour mars 2020 : la collecte de février avait été divisée par deux à cause du krach boursier lié au coronavirus.

L'assurance vie est de moins en moins avantageuse

Il faut dire que l'assurance vie est de moins en moins avantageuse en France. Il y a quelques années, les fonds en euros profitaient encore de taux intéressants pour l'épargnant souhaitant placer son capital de façon sécurisée tout en réalisant quelques bénéfices. Aujourd'hui, les taux sont très bas sur ces supports et les assureurs tentent de dissuader au maximum leurs clients de souscrire des contrats sur des fonds en euros. D'ailleurs, certains contrats de ce type ne proposent même plus de garantie à 100 %. D'autres disposent de frais de gestion plus élevés que leur rendement. Enfin, certains ont même été fermés à la collecte.

Aujourd'hui, la stratégie des assureurs pour ne pas voir leur solvabilité tomber en zone rouge est d'orienter leurs épargnants vers d'autres supports : les unités de compte (UC). Ces supports sont bien plus rémunérateurs, mais plus risqués car investis sur des marchés financiers. On a par exemple vu la réforme du fonds eurocroissance grâce à la loi Pacte en 2019. Mais la crise engendrée par le coronavirus COVID-19 a profondément perturbé les marchés et certains épargnants ont vu leur capital diminuer, parfois de façon brusque. De facto, de nombreux Français ont voulu retirer leur épargne pour tenter de « sauver les meubles ».

Les Français se tournent vers d'autres supports

Et cette épargne retirée a bien dû trouver des solutions de substitution. D'autant plus que, pendant cette période de confinement, les Français ont moins consommé et plus épargné. La moitié de leurs revenus auraient été placés contre seulement 15 % habituellement, selon l'OFCE (Observatoire des conjonctures économiques).

55 milliards d'euros ont été placé en tout et pour tout pendant le mois de mars 2020. Les grands gagnants de ce confinement sont le livret A et le LDDS (Livret de développement durable et solidaire). Leurs encours « ont augmenté de 50 % entre mars 2019 et mars 2020 », a informé le ministre des Finances Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale durant le mois d'avril. Si ces supports ne sont guère rémunérateurs, ils sont bien plus flexibles que l'assurance vie et profitent donc des conditions d'épargne actuelles.

D'autres choisissent également de tenter leur chance en bourse. « Si certains des particuliers étaient déjà actifs en Bourse dans les mois qui ont précédé la crise liée au coronavirus, plus de 150 000 investisseurs ont fait leur entrée sur le marché, pour la première fois depuis janvier 2018 », analyse l'AMF (Autorité des marchés financiers). « Au total, sur ces cinq semaines, les achats d'actions françaises par des particuliers ont été multipliés par 4 par rapport à la période équivalente en 2019 pour un montant net total de 3,5 milliards d'euros », renseigne l'Autorité.

 
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
 
0 RÉACTION
Pas encore de commentaire, soyez le premier.

RECHERCHEZ DANS LES ARTICLES