Assurance vie

Chute du fonds euros : l'assurance vie reste détonante en 2019

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Epargne : vers une baisse des taux de rendements ?

En 2019, on a beaucoup parlé de la baisse des taux, voire des taux négatifs sévissant dans le fonds en euros, un placement à capital garanti dans l'assurance vie. Les assureurs comme Bercy se sont inquiétés et des problèmes de solvabilité ont notamment été soulevés. Mais malgré tous ces déboires, la collecte de l'assurance vie française de 2019 est record !

Malgré le contexte des taux bas, la collecte est très positive

Faut-il encore le rappeler ? En 2019, le fonds en euros a plus que jamais chuté, pour parfois même atteindre des taux négatifs, mettant en danger la solvabilité des assureurs, c'est-à-dire leur capacité à rembourser leurs dettes à long terme. Il faut savoir que le fonds euros a été très populaire en France, cumulant plus de 1 300 milliards d'euros d'encours en 2019 sur les quelques 1 788 milliards de capitaux de l'assurance vie au total (progression de 6 % par rapport à l'an dernier).

Certains pensaient donc que ce produit allait s'écrouler, arriver en fin de vie. Mais il n'en est rien, du moins pour l'année 2019 ! Sa collecte est véritablement record : 144,6 milliards d'euros, soit 3,5 % de hausse, d'après les données de la FFA (Fédération française de l'assurance). C'est la collecte la plus élevée jamais enregistrée depuis vingt ans. La collecte nette enregistrée est quant à elle de 25,9 milliards d'euros, accusant d'une progression supérieure à 20 %. C'est également un record : une telle collecte n'avait pas été enregistrée depuis 2010.

Les unités de compte (UC) sont de plus en plus populaires

Mais ces résultats ne tiennent pas uniquement du fonds en euros, comme on peut le deviner. En effet, les unités de compte (UC), des placements plus risqués mais bien plus rémunérateurs sont de plus en plus populaires. Le taux d'investissement sur UC a atteint quelques 41 % de la collecte brute de l'assurance vie, soit son taux le plus élevée depuis août 2000. Sur toute l'année 2019, les versements en UC ont composé 27 % des cotisations. « L'année 2019 présente un profil de collecte contrasté avec une inflexion nette de l'épargne vers les unités de compte depuis octobre », souligne Arnaud Chneiweiss, délégué général de la FFA.

La popularité grandissante des UC s'explique notamment par la volonté des assureurs d'orienter leurs épargnants sur ces placements, bien plus rémunérateurs pour eux comme pour leurs sociétaires. De surcroît, la Bourse accuse actuellement d'une santé à toute épreuve ; elle est au plus haut depuis 2008. Dans un tel contexte économique, les UC deviennent in fine plus rémunératrices, pour simplifier les choses.

Quelques mesures du gouvernement pour assouplir et renforcer l'assurance vie

On constate donc que, malgré les faiblesses du fonds en euros, l'assurance vie reste un placement populaire et semble a priori loin de faillir. Il faut dire que Bercy est très concerné par ce placement, qui est, rappelons le, le premier placement d'épargne des Français. De nombreuses lois ont été mise en place pour faciliter la gestion des contrats d'assurance vie tout en la rendant plus transparente.

Cette année, on a par exemple plus assister à la mise en place de la loi Pacte, qui visait à faciliter la transférabilité d'un contrat d'assurance vie chez un même assureur mais aussi à renforcer la transparence sur les frais et les rendements de chaque contrat. Il y a aussi eu la demande des assureurs des assureurs de pouvoir comptabiliser la PPB (provision pour participation aux bénéfices, aussi connue sous le nom de PPE ou provision pour participation aux excédents) en fonds propres. Bercy a finalement cédé à la demande pour permettre à certains assureurs de sauver leur solvabilité. Enfin, on pourra aussi retenir la réforme des règles du fonds euro-croissance, un contrat qui panache fonds euros et UC.

En somme, Bruno Le Maire (ministre de l’Économie et des finances) a montré sa volonté de conserver le cadre de l'assurance vie. Cela met de facto en difficulté le projet d'intégrer ce placement au droit commun des successions. « Ce serait un changement radical de l'assurance-vie qui nécessiterait une concertation approfondie » a confié une source de Bercy aux Échos.

 
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