Assurance vie

Les députés veulent intervenir sur les taux bas dans l'épargne

Publié par le , Mis à jour le 11/03/2020 à 15:09

Le Livret A est passé de 0,75 % à 0,5 % en février 2020

Le constat est clair : l'épargne française souffre de taux extrêmement bas dans les placements à capital garanti (les fonds en euros). De facto, les rémunérations sont extrêmement basses pour les épargnants ; le Livret A comme l'assurance vie se sont écroulés et la gestion de ces contrats est devenue difficilement rentable pour les banques et assureurs. Les députés ont donc décidé d'intervenir.

Livret A, assurance vie et fonds euros : la rémunération de l'épargne est devenue quasi nulle

Livret A :

Avez-vous consulté les rendements de vos placements d'épargne récemment ? De votre Livret A par exemple ? Car le taux du Livret A a encore baissé au début de ce mois de février 2020 : de 0,75 % à 0,5 %. Ce taux est record, et pas dans le bon sens. D'autant plus qu'en France, on compte quelque 55 millions de Livret A, en plus des autres livrets d'épargne traditionnels (livret d'épargne populaire, LDD).

Assurance vie :

Quant à l'assurance vie et à ses fonds en euros, ils sont tombés à 1,40 % en 2019, d'après les projections les plus récentes. À titre informatif, les taux de rendement moyens étaient de 1,70 % en 2018 et 2017, 1,80 % en 2016, 2,30 % en 2015, 2,50 % en 2014 et 2,80 % en 2013.

Expliquer les baisses des fonds en euros

Les produits d'épargne classiques, préférés des Français (l'assurance vie représente 1 785 milliards d'euros d'encours, dont 80 % placés sur des fonds en euros) sont à l'agonie. Dans certains cas, ils peuvent même coûter plus cher à l'épargnant que ce qu'ils rapportent une fois les frais de gestion et autres comptabilisés. « Ces placements [ndlr : les fonds en euros] qui sont pour la plupart des OAT (obligations assimilables du Trésor) sont aujourd'hui pour la plupart des maturités en territoire négatif. Ainsi, étant calqués sur le taux d'emprunt des OAT, les rendements des fonds en euros sont en baisse mécanique par les contraintes de liquidités de ces fonds », nous expliquait Stéphanie Artigaud du cabinet Galéa lors d'un interview.

Taux bas : un danger pour la solvabilité des banques et assureurs

Encourager les placements en UC

Cette situation représente un danger réel pour la solvabilité des banques, assureurs et bancassureurs. Le modèle des fonds en euros ne semble plus soutenable pour ces acteurs financiers. Certains assureurs comme Suravenir ont même pris des mesures de recapitalisation pour se trouver en situation d'insolvabilité. Et pour limiter les dégâts, ils ont déjà commencé à orienter leurs sociétaires vers des placements plus risqués, mais également plus rémunérateurs, les unités de compte (UC).

Réduire les investissements sur les fonds en euros

Pour ce faire, ils ont été nombreux à durcir leurs conditions d'accès aux fonds en euros. Ils contraignent par exemple les épargnants à investir une partie de leur capital sur des UC pour pouvoir placer le reste sur des fonds euros. Chez Allianz par exemple, un client qui désirerait placer un million d'euros devra placer au moins 50 % de cette somme sur des supports en UC (le taux est porté à 90% pour les versements supérieurs à dix millions d'euros).

Les députés concernés par ces évolutions de l'épargne

Moderniser l'épargne en France

Face à ce phénomène historique, l'Assemblée nationale a lancé ce mardi 18 février une mission d'information parlementaire. Elle se penchera sur les conséquences de la baisse prolongée des taux d'intérêt dans l'épargne française. Elle vise à proposer des axes de réflexion pour moderniser l'épargne en France. En effet, la réglementation et la fiscalité déterminées à l'époque avaient été indexés sur des taux beaucoup plus élevés.

Inscrite dans les travaux de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, cette mission réunira des députés de tous bords et sera supervisée par Gilles Carrez (LR). Une première réunion de cadrage est prévue ce mercredi 19 février. Les députés examineront les déterminants économiques de la baisse des taux ainsi que les changements dans les comportements d'épargne en France. Des politiques seront pensées pour s'adapter à ce nouvel environnement économique.

 
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