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Des restes à charge sous-évalués pour les personnes en situation de handicap

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Reste à charge : les personnes en situation de handicap oubliées ?

Chaque année, la Drees fait un état des lieux des dépenses de santé engagées par les Français. Pourtant, selon France Assos Santé, ce panorama omet les restes à charge dits « invisibles ». Si le RAC moyen des Français est de 214 euros par personne par an, il s’élève à près de 1 000 € pour 90 % des personnes en situation de handicap ou atteintes de maladies chroniques.

Le montant non remboursé est de 214 € par personne par an

En septembre la Drees, direction des études rattachée au ministère des Solidarités et de la Santé, publiait un panorama des dépenses de santé engagées par les Français. A travers cette étude on apprenait que le reste à charge (RAC) moyen des Français s'élevait à 214 euros par personne par an. La Drees se félicitait ainsi de la baisse constante de ce montant. Il est vrai qu’aujourd’hui, si la France est l’un des États européens où l’on dépense le plus pour sa santé, elle est également celui où la part des soins qui reste à la charge est la plus faible.

S’il n’est pas forcément utile de dire qu’il s’agit bien évidemment d’une moyenne, il est n’est pas anodin de rappeler que ce montant non remboursé de 214 € cache d’importantes disparités. Selon France Assos Santé, les statistiques de la Drees tombent également dans un autre écueil : elles omettent les restes à charge dits « invisibles ». L’organisation qui fédère des associations d’usagers du système de santé, estime que 90 % des personnes en situation de handicap ou atteintes de maladies chroniques ont des RAC invisibles de près de 1 000 € par an en moyenne.

« C’est un peu la double peine », Gérard Raymond, président de France Assos Santé

Dans une enquête menée auprès de 351 personnes, France Assos Santé leur a demandé d’évaluer l’ensemble de leurs dépenses liées à la santé, en particulier celles sortant du périmètre défini par la Drees : frais de déplacement ou d’hébergement, matériels médicaux, produits d’hygiène et de stérilisation non remboursés, etc. Résultat : le montant moyen déclaré pour ces RAC invisibles et d’environ 1 000 € en moyenne par an et par personne, et pour 22 % d’entre elles plus de 1 500 €.

Si l’organisme insiste sur le fait que ces résultats ne représentent pas le montant dépensé par l’ensemble des personnes malades, elle affirme qu’ils permettent de donner une image du poids de ces RAC. « Nous le savons : la maladie précarise, le handicap précarise. Or ces personnes sont exposées aux RAC les plus élevés, qu’ils soient visibles ou invisibles. C’est un peu la double peine », souligne Gérard Raymond, président de France Assos Santé.

Renoncement aux soins ou endettement

Selon l’enquête, ces RAC invisibles ne sont pas sans conséquence puisque 70 % des personnes interrogées déclarent renoncer à certaines dépenses de santé en raison de coûts trop élevés. Ils sont également plus de 50 % à avouer avoir des difficultés financières du fait de ces dépenses. Parmi eux, 25 % sont contraints de trouver de l’argent à travers un crédit à la consommation ou en sollicitant des proches.

Pour faire la lumière sur ce qu’elle nomme RAC « off the radar », France Assos Santé demande à ce que des enquêtes plus approfondies soient faites par les pouvoirs publics. L’objectif de l’organisme est de « capturer l’ensemble des restes à charge directs ou indirects, et évaluer leur impact réel ». Dans un second temps, France Assos Santé souhaite que soient conçus des « dispositifs de prise en charge personnalisés, en fonction notamment de l’état de santé et du reste-à-vivre des personnes malades et/ou en situation de handicap ».

 
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