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Faut-il restreindre ou interdire les ventes de SUV ?

27 oct. 2019 Arthur Pied 5279 vues

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Si les véhicules SUV connaissent un véritable plébiscite auprès du grand public, les critiques à leur encontre s’accumulent ces dernières semaines. Jugés trop imposants, ces types de 4X4 de ville sont surtout visés en raison de leur impact écologique.

200 millions de SUV circulent dans le monde

Il y a à peine un an, les SUV pour « Sport Utility Vehicle » battaient un record mondial en se vendant à près de 30 millions d’unités dans le monde. Un succès qui ne s’est pas démenti cette année puisqu’à l’international, ce segment détenait 37,8 % de parts de marché au premier semestre. Un véritable plébiscite qui s’est confirmé d’année en année. Entre 2012 et 2018, la part de SUV dans les immatriculations de voitures neuves est passée de 15 % à 37 % en Europe. Aujourd’hui, plus de 200 millions de SUV circulent dans le monde.

Cet engouement, les constructeurs sont nombreux à en avoir profité. Il n’y a qu’à voir les différents salons pour se rendre compte que plus aucune marque ne se place pas sur ce segment. En attestent d’ailleurs les modèles commercialisés l’année dernière en France. Parmi les près de 70 nouveaux véhicules, 36 étaient des SUV. Certaines marques ne jurent d’ailleurs plus que par eux. C’est notamment le cas de Porsche, pour qui les ventes de SUV (Cayenne et Macan) représentent désormais plus de 60 % des ventes totales. Une stratégie très rentable pour les constructeurs puisque le taux de marge est bien plus élevé que sur des véhicules plus petits.

Le SUV profite du vieillissement de la population

Mais pourquoi un tel succès ? Les avis divergent et les réponses sont multiples. Interrogé en 2018 par BFM TV, Yoann Demoli, maître de conférences en sociologie à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, livrait plusieurs « clés d’analyse » : facteur de distinction, nouveau rapport à l’espace ou encore rassurant. Un autre facteur pourrait paraître important pour comprendre cet engouement : le vieillissement de la population.

En l’espace de 30 ans, le nombre de seniors va augmenter de 7 millions. Or, il s’agit des premiers acheteurs de véhicules neufs mais aussi d’un public appréciant particulièrement la conduite dans un SUV. L’exemple des Pays-Bas est très certainement l’un des plus parlants, puisque là-bas, 70 % des acheteurs d’un SUV ont plus de 55 ans. A l’international, la moyenne d’âge est d’ailleurs de 56 ans.

Plus âgés, mais aussi plus fortunés. Selon l'INSEE, « En 2015, les ménages de seniors ont en moyenne un patrimoine brut supérieur de 14 % à ceux dont la personne de référence a entre 25 et 64 ans ».

Comment bien assurer un SUV ?

Vous êtes l'heureux propriétaire d'un SUV ? Comme tout véhicule terrestre à moteur, celui-ci devra bien sûr être assuré. Mais quelle assurance choisir ? Comment bien assurer un véhicule de ce type ? Cela va dépendre de plusieurs facteurs : son prix à l'achat (et donc si vous l'avez choisi neuf ou d'occasion), le niveau de couverture dont vous souhaitez bénéficier ainsi que votre budget.

Il existe dans un premier temps et comme formule minimale obligatoire l'assurance au tiers, qui vous couvrira en cas de dommage corporel ou matériel infligé à un tiers. Mais cette formule peut se révéler insuffisante si vous avez investi dans un SUV onéreux comme un BMW X5, Audi Q7 ou un DS7 Crossback. Ainsi, pour bien assurer un SUV, il est recommandé de souscrire une assurance tous risques, la formule la plus chère mais celle qui vous offrira la meilleure couverture. Elle vous permettra de bénéficier des meilleures garanties : incendie, vol, bris de glace, tous accidents, dommages corporels, assistance... Mais si vous n'avez pas le budget et que les prix sont trop élevés, vous pouvez opter pour une assurance intermédiaire, qui vous offrira la garantie responsabilité civile auto ainsi que vol, incendie et bris de glace, en fonction de la formule choisie.

Une consommation de carburant 25 % plus importante

Pourtant tout n’est pas rose pour ces 4X4 de ville. Dernièrement les critiques s’accumulent et leur image s’est quelque peu écornée. A tel point que ces modèles cristallisent aujourd’hui tous les maux de l’industrie automobile. La première critique est bien évidemment d’ordre écologique. Depuis leurs débuts ces véhicules sont présentés comme des modèles consommant plus car plus lourds. Le Kadjar, déclinaison de la Mégane, va ainsi peser 210 à 350 kg supplémentaires.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AEI), cette surcharge équivaut à une consommation de carburant supplémentaire de l’ordre de 25 %. Un impact direct sur les émissions de C02. Alors que celles-ci ne cessaient de diminuer depuis des années, la courbe est repartie à la hausse depuis 3 ans. Si l’on peut avancer le déclin du diesel et donc la montée de l’essence pour expliquer cette tendance, le SUV n’y est pas pour rien.

Depuis quelques semaines, l’impact écologique des SUV est justement un sujet largement évoqué. Et c’est Greenpeace qui a ouvert les hostilités dès septembre. En marge du Salon de Francfort, l’ONG environnementale a publié les résultats d’une étude portant sur les émissions de gaz à effet de serre. Selon elle, l’ensemble des automobiles vendues dans le monde par les grands constructeurs l’année dernière vont émettre autant de CO2 que tous les habitants de l'Union européenne. Parmi ces véhicules, les SUV sont particulièrement visés.

Un avis partagé par l’AEI. Lors d’une conférence internationale sur l’électrification de l’énergie, Fatih Birol, directeur de l’AEI, expliquait que ces véhicules étaient à l'origine de la deuxième plus grosse augmentation de CO2 dans le monde. La Febiac (Fédération Belge de l'Automobile & du Cycle) a d’ailleurs indiqué que si la part de marché des SUV était resté à son niveau de 2012, les émissions de CO2 moyennes seraient inférieures de 2g à ce qu’elles sont aujourd’hui.

Des véhicules dangereux pour les piétons

Les critiques que les SUV suscitent ne sont toutefois pas toutes d'ordre environnemental. Toujours dû à son poids et ses mensurations imposantes, le SUV provoque un autre malaise de taille : leur dangerosité. Aux Etats-Unis, une étude a ainsi montré qu’un piéton avait deux fois plus de risques d’être tué en cas de collision avec un SUV par rapport à une berline. A Berlin, début septembre, un SUV fauchait quatre personnes, dont un enfant. Un drame face auquel le maire de l’arrondissement avait réagi en déplorant qu’avec « de telles voitures, grosses comme des tanks […], chaque erreur de conduite met des innocents en danger de mort ». Le débat était alors ouvert : les SUV ont-ils leur place en villes ?

Inspirés du 4x4, ces « engins » dérangent en Allemagne, mais aussi en France. « On n’a pas besoin d’un véhicule de deux tonnes pour rouler en ville », a notamment indiqué à Franceinfo l’ex-député LREM Matthieu Orphelin. Un avis partagé par Christophe Najdovski, adjoint écologiste en charge des transports et de la mobilité à la mairie de Paris. Sur le site Les Jours, l’élu confiait son envie de taxer davantage les propriétaires de ces véhicules. Comment ? Par le biais du stationnement. « On a déjà mis en place une politique d’incitation tarifaire en faveur des petits véhicules de type Smart dans les parkings souterrains. On peut imaginer, à l’inverse, qu’il y ait une majoration pour ceux dont le gabarit dépasse manifestement une volumétrie considérée comme normale », explique au site Christophe Najdovski.

Vers une interdiction de la publicité pour les SUV ?  

Si les études se multiplient, le débat a donc pris de l’ampleur suite à l’intervention de plusieurs députés et notamment du député européen EELV Yannick Jadot. Pour stopper la hausse des émissions de C02, l’élu plaide pour l’interdiction de publicité des SUV. Une idée qui avait déjà été défendue il y a quelques mois par le député Matthieu Orphelin. Ce dernier a d’ailleurs déposé un amendement proposant de prendre en compte le poids des voitures dans le calcul du malus automobile pour 2020. S’il a été rejeté, la proposition a fait son effet.

Quoi qu’il advienne, les constructeurs vont devoir agir et réagir. A partir du 1er janvier prochain, la réglementation change et les constructeurs ne la respectant pas s’exposeront à de lourdes amendes : 95 € par véhicule vendu, par gramme de CO2 supplémentaire, au-delà de la limite. Dans l’état actuel des choses et selon Ouest-France, cela équivaudrait à une amende de 3,5 milliards pour Volkswagen ou de 2 milliards pour PSA. En attendant de nouvelles commercialisations, les concessionnaires vont donc logiquement être invités à moins vendre de véhicules SUV.

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