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L'obtention de crédits immobiliers est plus difficile en 2020

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Emprunteur : les ménages modestes pénalisés en 2020

Le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a demandé aux banques de pas accorder de crédit sur une durée supérieure à 25 ans mais aussi de ne pas dépasser le taux d'endettement maximal. Deux recommandations restrictives pour les banques et qui pourraient impacter plus de 100 000 ménages français. Ces ménages pourront-ils acheter un bien cette année ? La question est posée.

Eviter une surchauffe du marché immobilier

Plus de 100 000 ménages exclus de l’accès à la propriété ? Inquiète du comportement de certaines banques et afin d’éviter une surchauffe du marché immobilier le Haut Conseil de Stabilité Financière publiait mi-décembre une série de recommandations restrictives. Présidée par le ministre des Finances Bruno Le Maire, cette autorité chargée de surveiller et de préserver la stabilité du système financier français demande aux banques de respecter deux éléments clés dans l’octroi d’un crédit :

  • Ne pas accorder de crédit au-delà de 25 ans
  • Ne pas dépasser le taux d'endettement maximal, à savoir 33 % des revenus nets de l'emprunteur

40 % des prêts accordés en 2019 étaient sur 25 ans et plus

Deux conditions strictes puisqu’elles pourraient exclure plus de 100 000 ménages de l’accès à la propriété. « À coup sûr, au moins 100 000 et jusqu'à 130 000 ménages seront mécaniquement exclus par ces mesures de l'accès à la propriété cette année, soit près de 10 % des transactions réalisées en 2019 », explique au Parisien Michel Mouillart de l'Observatoire des crédits aux ménages. Une crainte partagée par Sandrine Allonier du courtier en ligne Vousfinancer.com. « Avec ces recommandations, les banques ne peuvent prêter que pour des durées inférieures ou égales à 25 ans, alors que les prêts sur 25 ans et plus ont représenté en 2019 40 % des prêts. Certains emprunteurs risquent donc d'être pénalisés. Les banques doivent aussi limiter la capacité d'emprunt à des taux d'endettement de 33 %. Cela pénalisera essentiellement les ménages modestes. Compte tenu de tout cela, mais également d'un atterrissage du marché immobilier, il faut s'attendre à une baisse des volumes de crédit de 10 à 15 % ».

Interrogé par Le Parisien, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, estime quant à lui que « l’accès au crédit immobilier sera clairement maintenu ». Alors que près de 25 % des emprunteurs dédient plus du tiers de leurs revenus au remboursement de leur prêt immobilier, cette mesure va selon lui « mettre un coup d'arrêt » à « une dérive ». « Si nous ne rappelions pas aux banques des règles de bon sens, nous aurions demain un vrai risque de surendettement des ménages concernés. N'attendons pas de voir surgir le problème ou la crise financière : il serait trop tard pour agir », ajoute-t-il. Des propos qui n’aplanissent néanmoins pas les doutes des établissements bancaires, courtiers et acquéreurs potentiellement impactés par ces prises de décisions.

 
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