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Mobilités : les Français trop dépendants de leur voiture

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La voiture, une contrainte inévitable pour les Français

Dans son premier baromètre dédié à la mobilité du quotidien, la fondation Nicolas Hulot pointe les contraintes que représentent la voiture pour les Français. Premier moyen pour se déplacer, l’automobile est un poste de dépense de plus en plus conséquent.

La voiture, une contrainte pour certains Français

Quelques semaines après la promulgation de la loi d’orientation des mobilités (LOM), la fondation Nicolas Hulot a publié en partenariat avec Wimoov son premier baromètre des mobilités du quotidien. Le but ? Encourager les pouvoirs publics à trouver des alternatives. Pour y parvenir la fondation souhaite démontrer les contraintes des Français en matière de mobilité. Comme premier enseignement, on apprend ainsi que la voiture reste sans conteste leur mode de déplacement privilégié. Un peu moins de trois quarts des sondés (72 %) indiquent que l’auto est leur premier moyen pour se déplacer au quotidien.

S’il s’agit d’un choix pour certains, l’étude met en exergue que 55 % des Français n’ont pas d’autres choix pour se déplacer. Parmi eux, 84 % se disent même contraints de l’utiliser. « Les Français sont à la fois attachés à la voiture, mais aussi prisonniers », confirme à La Croix Marie Chéron, responsable « mobilité et plaidoyer » de la Fondation.

En zone rurale le coût d’une auto est 50 € plus élevé 

L’utilisation de la voiture peut apparaître d’autant plus contraignante lorsque l’on examine le prix que cela représente. Selon l’enquête, une automobile coûte environ 140 euros par mois dans les zones rurales et 90 euros dans les aires urbaines*. Un écart important à mettre en relief avec l’importance de l’auto dans la première des deux zones. En juin dernier, une étude du cabinet Kantar révélait que 95 % des Français qui habitent dans celles-ci jugent la voiture comme indispensable.

Faute de vivre à proximité d’un réseau de transports publics efficace, un Français vivant en milieu rural doit dépenser plus pour se déplacer. A titre d’exemple, alors qu’un plein d’essence s’élève à environ 70 euros, un abonnement illimité aux TER et aux bus de l'agglomération lilloise coûte 10 euros de moins. Résultat, 21 % des Français habitant dans des zones rurales indiquent consacrer une part « très importante » de leur budget aux déplacements contre 12 % chez les urbains.

46 % des Français limitent leurs déplacements pour réduire les coûts

S’il existe un écart de prix entre la France des villes et des campagnes, tous s’accordent sur le fait que le budget automobile est bien trop élevé. A tel point que pour y faire, certains sont contraints de changer leurs habitudes. L’étude Kantar révélait que 46 % limitent leurs déplacements. Et lorsqu’ils n’ont pas le choix, 40 % réduisent le nombre de kilomètres parcourus. « Ce phénomène prend une telle ampleur que cette limitation s'opère dorénavant même en zone rurale. Alors que la voiture y est pourtant, dans la majorité des cas, indispensable. En Ile-de-France, une partie des automobilistes n'hésitent plus à se reporter plus régulièrement sur les transports en commun », observait pour Le Parisien Guillaume Paoli, cofondateur d'Aramisauto.

Les mesures d’austérité ne s’arrêtent pas aux seuls déplacements puisque près de 30 % des Français doivent réduire différents postes de dépense pour acheter une auto. Parmi eux, 29 % rognent sur leurs loisirs et sorties, 53 % sur les vacances et 42 % sur les achats de vêtements.

Une motivation financière mêlée à une conscience écologique

Face au coût que représente le budget automobile, l’étude affirme que parmi les automobilistes, près de 40 % veulent baisser leur utilisation d’ici une décennie. « Si le prix de l’essence venait à doubler, cette part passe à plus des deux tiers, dont 35 % qui réduiraient « beaucoup » leur usage de la voiture et 6% qui ne l’utiliseraient plus du tout », souligne l’étude. Mais outre une raison budgétaire, la Fondation met en exergue la montée d’une conscience écologique. Les Français sont ainsi 60 % à se déclarer favorable à l'interdiction des voitures diesel et essence en 2040. Ils sont également 38 % à vouloir diminuer le recours à l’auto dans les 10 ans à venir. Comme alternative, 50 % songent à acheter une voiture électrique. Seule préoccupation, le prix à l’achat.

*Ce budget ne prend en compte que les frais liés aux carburants. Une étude de 2017 de l’ACA (Automobile Club Association, Budget de l’Automobiliste), montrait que les Français dépensent en moyenne 6 063 € par an pour leur auto. Un budget auto qui se divise en plusieurs postes de dépense : achat, entretien, garage, carburant, assurance auto, péage et frais financiers.

 
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