Quelles sont les solutions pour économiser l'énergie ?

Publié par Quentin Bas Lorant le 11/11/2022 à 16:29 , Mis à jour le 29/11/2022 à 16:50

Comme avant chaque hiver, nous faisons le point avec Audrey Zermati, directrice stratégie d'Effy, sur les hausses des coûts de l'énergie et les possibilités d'économies. À partir de janvier 2023, l'augmentation mensuelle de la facture devrait être de 25 euros, pour les particuliers aux tarifs réglementés du gaz ou de l'électricité.

L’année dernière, la hausse du coût de l'énergie s’expliquait par la reprise post-Covid, et par les dérèglements liés à une demande inhabituelle de la Chine ; aujourd’hui, ce sont davantage les conséquences de la crise en Ukraine qui doivent être soulignés ?

Oui, en fait les hausses varient beaucoup en fonction des énergies et si elles sous un bouclier tarifaire ou non. Il y a en réalité une hausse de toutes les énergies, mais le particulier ne la perçoit pas sur le gaz et l'électricité, puisque les pouvoirs publics limitent l’inflation de ces énergies. Sur l’électricité, la hausse a par exemple été de +4% en février 2022, alors qu’elle aurait dû être de 35% sans l’application du bouclier. Aujourd’hui, les énergies qui à l’inverse ne sont pas régulées connaissent des hausses spectaculaires, comme le fioul, qui a augmenté de près de 100%. Mais avec ou sans bouclier, il y a bien une perception de hausse depuis le début de la guerre en Ukraine, avec des effets de crainte d'approvisionnement en gaz et en bois. Tout cela créé un sentiment d'urgence pour trouver des solutions dans la rénovation énergétique, et une dynamique pour la demande de travaux de chauffage et solaire.

Avez-vous justement remarqué une hausse des demandes de travaux suite au déclenchement de la guerre ?

Oui, nous avons constaté une hausse des demandes suite au déclenchement du conflit, en mars 2022, puis la demande a ralenti cet été, ce qui est habituel, avant un nouvel emballement depuis la rentrée scolaire. Il y a toujours un effet de pic saisonnier avant l’hiver, qui est d’autant plus fort avec la hausse des tarifs liée au contexte international, mais aussi, car c’est le moment où le montant des aides pour l’année suivante est discuté, ce qui génère une crainte d’une rénovation moins intéressante passé janvier.

Les craintes sont aussi liées à l’ « abaissement » du bouclier tarifaire en 2023

Selon la loi de finance, le bouclier tarifaire devrait en effet "laisser passer" une hausse plus importante à partir de janvier 2023 : +15% pour le gaz et l’électricité pour les particuliers au tarif réglementé de vente. Cette hausse concernera 60% de la population au tarif réglementé, pour les 40% les plus modestes, un chèque énergie devrait venir compenser la flambée, ce qui reviendrait à une hausse de 3% seulement. Pour les Français qui subiront la hausse de 15%, l’augmentation sur la facture devrait être de l’ordre de 25 euros par mois.

Pour éviter de subir encore davantage, on lit que de nombreux particuliers reviennent au tarif réglementé, est-ce vrai ?

Oui, mais en sachant que le retour vers le fournisseur historique (EDF) est possible pour l’électricité, mais par pour le gaz : EDF est obligé de récupérer les clients souhaitant quitter une offre de marché, ce qui n’est pas le cas pour Engie.

En 2021, l’objectif des 800 000 demandes pour MaPrimeRénov’ a été atteint, existait-il aussi un objectif chiffré pour 2022 ? 

Non, il n’y avait pas d'objectif chiffré en 2022, par contre, nous avons constaté un nombre soutenu de demandes et d'intentions, avec une dynamique très forte, en particulier aux moments évoqués plus amont : directement à la suite du déclenchement du conflit en Ukraine et depuis la rentrée scolaire.

Est-ce que l’interdiction à venir de mettre en location des passoires thermiques joue aussi ?

Pour l'instant, on ne perçoit pas cet effet de manière directe, car on assiste davantage à la vente de ces biens plutôt qu'à leur rénovation. Le sujet va devenir plus prégnant en 2023, à partir du 1er janvier, car les "pires passoires" (classées G) devront être retirées du marché locatif si leur DPE ne s’améliore pas. Puis, à partir du 1er avril 2023, il y aura aussi l'obligation de réaliser un audit énergétique pour les logements énergivores mis en vente.

Et côté MaPrimeRénov’, y a-t-il eu justement déjà des annonces sur le montant des aides à la rénovation ?

Oui, par exemple, le maintien des 1 000 euros supplémentaires qui avaient été annoncés au moment de la crise pour le remplacement d'une chaudière gaz ou fioul par une pompe à chaleur ou des panneaux solaires. Cette prime supplémentaire est maintenue jusqu’en mars 2023. Ce qui a été aussi annoncé aussi, ce sont 1 000 euros en plus pour le changement d’une chaudière fioul, mais à l’aide des certificats d'énergie, et non de MaPrimeRénov’.

Et au niveau de l’enveloppe globale du dispositif ?

Il y a la volonté affirmée de maintenir l'enveloppe globale à 2,5 milliards d'euros en 2023, par rapport aux 2,4 milliards d’euros de cette année. Le périmètre exact de MaPrimeRénov' n’'n'a pas encore défini, et notamment les barèmes pour chaques travaux, mais en revanche, il devrait y avoir une enveloppe supplémentaire de 500 millions d’euros dédiés à l'accompagnement des plus modestes dans ces travaux de rénovation énergétique générale.

On parle aussi d’un recentrage de l’aide vers les logements plus anciens ?

Oui, jusqu'au 1er janvier 2022, les logements de plus de deux ans étaient éligibles. Cet "âge minimal" est désormais fixé à 15 à ans, ce qui a sorti un certain nombre de logements du dispositif, mais il parait tout à fait logique de recentrer l’aide vers les biens immobiliers plus anciens.

Et pour favoriser les rénovations globales, il faut aussi être attentif aux pompes à chaleur ?

Oui, car parmi les 650 000 primes accordées au premier semestre 2022, 70% concernaient un changement de chauffage, et, parmi eux, 90% ont abouti à l’installation d’une pompe à chaleur, notamment dû à l’aide supplémentaire de 1 000 euros du mois d'avril. C’est bien sûr positif pour la facture des particuliers, mais moins pour les autres travaux nécessaires. On le répète le plus souvent possible, mais un certain nombre de travaux doivent être réalisés avant le changement du système de chauffage. Il faut notamment d’abord s’isoler, sinon on risque de perdre en économies d’énergie, car la chaleur continue de s’échapper du logement. C’est contre-intuitif quand on a une aide supplémentaire, qui est maintenue jusqu'en mars, mais de notre côté il y a le souhait d’un rééquilibrage vers la rénovation totale des logements.

Est-ce que dans le contexte actuel, le chauffage au bois demeure intéressant, comme vous nous l’expliquiez l’année dernière ?

Il faut dire deux choses. D’abord, le prix du bois a certes augmenté, mais, en proportion, le cours du bois augmente moins que celui des autres énergies, notamment le fioul et l’électricité. Ensuite, il faut distinguer le bois de type buche et le bois granulé : ce dernier est fortement en hausse, mais le bois en buche parait encore intéressant. Malgré de fortes tensions sur les prix des énergies, le bois reste peu dépendant du contexte géopolitique.

Et concernant la chaudière à condensation ?

C’est une bonne solution, mais cela demeure une chaudière à gaz avec de meilleures performances, or, depuis le début de la guerre en Ukraine, il y a la volonté d’inciter à d’autres modes de chauffage, car la logique est celle de la diminution de la dépendance au gaz russe, avec une moindre consommation de gaz de la part des particuliers.

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