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Le taux de solvabilité du groupe Covéa atteint un nouveau record

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Solvabilité 2 : le taux de Covéa dépasse 400 % !

Ceux qui suivent un peu l'actualité des assureurs, de l'assurance vie et du fonds en euros le savent : les taux se sont écroulés, mettant en danger la solvabilité de nombreux assureurs. Mais pour Covéa (MMA, Maaf, GMF), la situation est radicalement différente. Leur solvabilité est explosive et leurs chiffres annuels prêtent à l'optimisme.

Une solvabilité remarquable dans un environnement de taux bas

Un peu de contexte : l'assurance vie a fait face à la chute du fonds en euros, un placement à capital garanti qui a attiré de très nombreux épargnants français ces dernières années. Sur les quelques 1 700 à 1 800 milliards d'euros épargnés en assurance vie, 1 300 ont été investis sur du fonds en euros, qui n'est plus rentable pour les assureurs, voire engendre des pertes nettes. Ainsi, la solvabilité de ces derniers est mise en danger, i.e. leur capacité à long terme à rembourser leurs dettes est en péril.

Certains acteurs de l'assurance vie ont été si impactés qu'ils ont même demandé à Bercy de pouvoir comptabiliser leur PPB (provision pour participation aux bénéfices, aussi connue sous le nom de PPE ou provision pour participation aux excédents) en fonds propres. Autrement dit, ils ont demandé au gouvernement de pouvoir utiliser pour leur améliorer leur solvabilité des capitaux traditionnellement propriété intégrale des épargnants. Et le gouvernement a répondu par la positive.

Mais pour Covéa, la situation est toute autre : le groupe accuse d'un ratio de plus de 400 % sous Solvabilité 2. Durant la présentation des vœux du groupe le mardi 21 janvier, le PDG Thierry Derez n'a pas manqué d'humour en qualifiant ce ratio de « correct ». L'agence de notation S&P Global Ratings a par ailleurs remarqué sa santé financière « exceptionnelle en termes absolus et par rapport à ses pairs dans l'assurance » et lui a décerné la note de A+ à AA-.

Comment expliquer une telle santé financière ?

Pour S&P, ces records proviennent des droits réservés aux mutualistes, non régis par le code des assurances (les assurances sont des compagnies), mais par le Code de la Mutualité. Ainsi, un mutualiste peut continuer à amasser du capital sans avoir à distribuer de dividendes. En effet, il est une société de personnes à but non-lucratif dont les fonds proviennent des cotisations des membres. L'agence de notation félicite aussi « la rigueur de ses politiques de souscription et de mise en réserve et sa discipline financière ».

Ou alors, serait-ce cette autorisation de Bercy à pouvoir comptabiliser en fonds propres la PPB « dans des situations exceptionnelles », que Thierry Derez a notamment qualifié de « cadeau de Noël » ? Pour lui, le verdict de S&P est surtout fruit du travail de ses équipes et collaborateurs. « C'est un processus de long terme », allègue-t-il.

De sucroît, le chiffre d'affaires de Covéa a bondi, à 17,4 milliards d'euros en 2019, soit une hausse annuelle de 2,8 % ! L'agence note tout de même que « l'absence de diversification géographique » demeure un « facteur limitant » pour le groupe.

Les taux resteront tout de même bas

Mais face à une telle santé du groupe, difficile de ne pas se poser la question : les taux vont-ils remonter dans l'assurance vie chez Covéa ? « Nous maintenons les taux servis, qui sont dans la partie haute du marché », répond le PDG du groupe mutualiste. On peut donc dores et déjà affirmer que les taux du mutualiste ne différeront pas sensiblement de ceux pratiqués chez les assurances vie de la concurrence. Toujours avec beaucoup d'humour, Thierry Derez explique qu'il ne faut pas suivre l'exemple d'un « pays à la démographie peu flatteuse » baignant dans un environnement de taux bas depuis deux décennies déjà.

Enfin, il reste dans une position de défiance face aux réglementations européennes : « L'EIOPA (Autorité européenne des assurances) me fait penser au médecin de Molière : « les fonds propres vous dis-je », ironise-t-il. « Le combat s'annonce difficile » ajoute-t-il ; il veut « encourager le gouvernement » à l'aménagement des charges en fonds propres sur les investissements.

 
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