Santé périnatale : les nouveaux chiffres inquiètent en France

Publié par Jordan Hervieux le 20/09/2022 à 17:01 , Mis à jour le 30/11/2022 à 14:10

L’agence de santé publique France a constaté une évolution préoccupante de certains indicateurs sur la période 2010-2019. Taux de natalité en baisse et taux de mortalité néonatale en hausse, des chiffres alarmants viennent d’être publiés par l’agence sanitaire, notamment en Outre-mer.

Le taux de natalité en baisse

Pour la première fois, une étude globale sur la santé périnatale a été réalisée en France. Elle est composée d’un ensemble d’indicateurs concernant la santé des femmes enceintes, des fœtus et du nouveau-né, sur la période allant de la grossesse au post-partum.

Si l’étude a été réalisée avant la pandémie de Covid-19, elle met en évidence les soucis autour de l’inégalité de santé. Effectivement, même si on peut observer “un niveau élevé et stable de prise en charge” en France, “le rapport fait état de situations hétérogènes entre les territoires, avec une dégradation dans les départements d’Outre-mer” explique à l’AFP Anne Gallay, directrice des maladies non-transmissibles et traumatismes à Santé publique France.

Première observation de l’agence sanitaire, le taux de natalité en forte baisse dans toute la France, excepté la Guyane. En effet, ce dernier est passé de 841 000 naissances en 2010 pour 734 000 en 2019, soit une baisse de 13 %.

Les principaux facteurs de cette baisse sont l’augmentation de l'âge maternel d’accouchement et également la diminution de la fécondité chez les jeunes femmes. Alors que l’âge moyen d’accouchement était de 29,4 ans en 2010, il s’élevait en 2019 à 30,1 ans.

La précarité des mères inquiète

Autre facteur, la précarité des mères. En 2010, 96,8 % des accouchements étaient couverts par l’Assurance maladie, contre 96 % en 2019. Le nombre de mères en situation irrégulière a également explosé. Si elles étaient 1,6 % à bénéficier de l’Aide médicale d’Etat au début de l’étude, elles étaient 2,5 % en 2019.

Pour les mères sans abri, leur nombre a quasiment quadruplé. Il a été observé qu'elles étaient 0,58 % en 2010 contre 2,28 % en 2019.

D’autres phénomènes sont également responsables de cette hausse alarmante comme les troubles liés à l’hypertension (4,5 % en 2010, 5 % en 2019) et le diabète gestationnel qui a doublé (6,7 % en 2010 contre 13,6 %).

Pourtant en diminution lors de ce siècle, la France est le pays européen qui compte le plus haut taux de femmes fumeuses pendant la grossesse avec 16,2 % d’entre elles fumant lors du 3e trimestre.

Problème majeur révélé par cette étude, la mortalité néonatale (entre 0 et 27 jours de vie chez les nouveaux nés) est en hausse avec un 1,6 décès pour 1 000 naissances en 2010 pour 1,8 en 2019 en France métropolitaine.

Cette augmentation “pose la question de l’accès aux soins, du suivi de grossesse et de l’accouchement des femmes après la naissance pour la docteure Anne Gallay.

Des indicateurs alarmants dans l’Outre-mer

Dans les départements et régions d’Outre-mer, le constat est encore plus critique. Au cours de la période d’étude, entre 3,3 et 4,4 décès pour 1 000 naissances étaient à déplorer.

Le taux de mortalité maternelle était 4 fois plus haut qu’en métropole, le taux de morts-nés y était 1,5 fois plus élevé, tandis que le taux de mortalité néonatale était deux fois plus élevé.

“Des travaux sont en cours pour mieux comprendre les causes de cette mortalité” affirme Nolwenn Régnault, responsable de l’unité périnatale de Santé publique France.

Ces résultats “plaident en faveur d’un renforcement de la prévention et de la promotion de la santé périnatale et d’un meilleur accès aux droits et aux soins, en particulier dans certains territoires” conclut le rapport.

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