Déserts médicaux : 11% des Français sans médecin traitant

Publié par Quentin Bas Lorant le 03/10/2022 à 15:39 , Mis à jour le 03/10/2022 à 15:56

La désertification médicale s’aggrave en France, où il est de plus en plus difficile de trouver un médecin généraliste. C’est ce que révèle un rapport récent du Sénat.

11% des plus de 17 sans médecin traitant

Selon ce rapport parlementaire, publié en mars, plus d’un Français sur dix (11%, +1 point par rapport à 2020) se retrouve sans médecin traitant cette année. Le plus grave, c’est que ce phénomène, qui inquiète déjà depuis plusieurs années, ne cesse d’empirer.

D’après les calculs du géographe Emmanuel Vigneron, cité par Le Monde, la baisse de la densité de généralistes a connu une nouvelle accélération entre 2017 et 2021. Tous les ans, sur cette période, la population de généralistes par département et par rapport à la population a diminué de 1%.

À l’échelle de certains départements, la situation est toutefois bien pire : -2% à -3% de généralistes dans une vingtaine de départements entre 2017 et 2021. La moyenne nationale de médecins pour 100 000 habitants était de 339 début 2021. 

Quels sont les déserts médicaux ?

Selon les chiffres de la DREES, fin 2020, 24 départements n’en comptaient qu’entre 94 et 129 (Oise, Aisne, Moselle, Orne, Eure, Yvelines, Val d’Oise, Seine-et-Marne, Essonne, Aube, Mayenne, Sarthe, Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Loiret, Yonne, Indre, Cher, Nièvre, Saône-et-Loire, Ain, Ardèche, Vendée, Deux-Sèvres).

Pour les années à venir, la perspective d’un vieillissement de la population (qui fait aussi augmenter les tarifs des mutuelles) n’a également rien de rassurant. D’un côté, les Français vont avoir de plus en plus de besoin de soins, et de suivi par un médecin traitant (suite à des examens médicaux, par exemple). De l’autre, ce vieillissement va aussi conduire de nombreux docteurs à la retraite. 

Comment lutter contre le désert médical ?

Pour éviter une situation encore plus dégradée, le gouvernement a pris deux mesures emblématiques. D’abord, mettre fin au numerus clausus, qui limitait le nombre d’étudiants en médecine qui pouvait accéder à la deuxième année. Depuis la rentrée 2021, il a été remplacé par un « numerus apertus », qui peut être augmenté, en fonction des besoins.

La portée de cette mesure reste toutefois limitée. En comptant dix ans pour former un médecin, la réforme ne portera pas ses fruits dans l’immédiat. Surtout, comme le rappellent les représentants des étudiants en médecine, il faut également que cette augmentation du nombre d’apprentis médecin soit suivie d’une hausse des investissements dans leur formation, ce qui n’est pas encore le cas.

Autre mesure phare et dont les effets sont encore limités : une aide financière de 50 000 euros pour les médecins qui s’installent en « zone fragile ». Depuis 2016, seulement 400 praticiens ont sollicité cette prime à l’installation. 

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