Santé : l'assurance maladie réduit-elle les inégalités ?

Publié par Quentin Bas Lorant le 23/02/2022 à 16:49 , Mis à jour le 30/11/2022 à 13:38

L’assurance maladie obligatoire contribue à réduire les inégalités. C’est en tout cas la conclusion d’une étude de la Drees (direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques) publiée de mois-ci. 

L'assurance maladie prend en charge 5 000 euros de frais de santé par ménage et par an

Le système de cotisation obligatoire et de reversement de prestations contribuerait à hauteur de 20% à la réduction des inégalités. Pour expliciter l’arrivée à ce résultat, l’enquête de la DREES donne quelques indications chiffrées particulièrement éclairantes.

Tout d’abord, il faut savoir qu’en moyenne, l’assurance maladie prend en charge environ 5 000 euros de frais de santé par ménage et par an (la consommation totale de biens et de soins médicaux représentait 8,7% du PIB en France en 2017). Ces 5 000 euros sont « récupérés » par les ménages sous forme de remboursements et de prestations, et ils profiteraient d’autant plus aux foyers les plus modestes. 

Les prestations versées par la « Sécu » (aides financières, indemnités journalières, frais remboursés, etc.) représenteraient en effet jusqu’à 40% du revenu disponible des 20% de ménages les plus modestes. 

Pour le dire autrement, si le revenu mensuel moyen des 20% de Français les moins fortunés était de 1 000 euros, cela signifierait qu’ils recevraient jusqu’à 400 euros par mois de prestations de la part de l’assurance maladie.

Une contribution équitablement répartie

Bien sûr, le versement de ces prestations suppose des cotisations. Mais elles semblent équitablement réparties entre les plus riches et les moins riches. Toujours selon la Drees, les contributions des 10% les plus riches au régime obligatoire sont plus de 14 fois supérieures à celles des 10% les plus modestes.

Cet écart de contribution se rapproche de l’écart constaté entre les niveaux de vie. Ce qui signifie que les plus riches et plus modestes financent bien l’assurance santé publique à hauteur de leurs revenus. Toutefois, la Drees note que pour encore davantage d’équité, la distribution pourrait être moins équilibrée, avec une contribution plus forte des plus riches et moindre des plus pauvres. 

Il faut également noter que le fait que les moins aisés reçoivent proportionnellement davantage de prestations ne doit pas être regardé comme une bonne nouvelle. Cela montre également que ces ménages ont besoin de plus de soins, et donc qu’ils sont en moyenne en moins bonne santé que le reste de la population. 

Ce constat est particulièrement visible quand on s’intéresse aux dépenses de santé par postes de soins. Les ménages les plus modestes (les 10% les moins aisés au regard du niveau du revenu disponible) reçoivent davantage de prestations pour les soins pratiqués à l’hôpital, qui sont les mieux couverts.

De même, comme le souligne la Drees : « Parmi les personnes du 2e au 3e dixième de niveau de vie […] plus de 18 % se déclarent en affection de longue durée (ALD) [contre 16 % dans l’ensemble de la population] et plus de 9 % se déclarent en mauvaise ou en très mauvaise santé (contre 7 % dans l’ensemble de la population) ».

Des restes à charge plus élevés chez plus riches, plus lourds à supporter chez les plus pauvres

Les soins liés aux affections longues durées étant entièrement remboursés par l’assurance maladie obligatoire, on comprend mieux pourquoi le niveau des prestations reçues est si élevé chez les ménages les plus modestes. 

Toutefois, la Drees appuie bien sur le fait que les dépenses de santé continuent à peser plus lourd sur ces ménages, avec un reste à charge plus élevé que chez les plus riches. Certes, leur niveau de remboursement est élevé, mais comme leurs revenus sont faibles, le reste à charge pèse davantage : 

« les dépenses de santé directement supportées par les ménages (restes à charge après intervention des assurances obligatoire et complémentaires, et primes de complémentaire santé) pèsent plus lourd dans le budget des ménages modestes en proportion de leur revenu disponible ».

À l’inverse, les ménages les plus riches souffrent en valeur absolue d’un reste à charge plus élevé, mais qui pèse moins sur leurs revenus qui sont plus importants. Dans tous les cas, pour réduire son reste à charge après intervention de l’assurance maladie, le plus simple reste de trouver une bonne couverture santé complémentaire.

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