Revue de presse

Assurances : l'envolée des tarifs au 1er janvier

Publié par le , Mis à jour le 22/10/2012 à 14:43 , Source : La Dépêche.fr
Plus 3 % cette année, de 3,5 à 8 % au 1er janvier... Les tarifs d'assurance vont subir une nouvelle augmentation pour l'habitation, la voiture et la santé. Des hausses inéluctables selon les assureurs qui disent supporter des coûts liés aux risques toujours plus élevés.

C'est parce qu'on a connu en 2010 des événements climatiques exceptionnels que nos primes d'assurance seront inexorablement revues à la hausse au 1er janvier. L'augmentation devrait être de 3 à 8 % selon les compagnies.

La pilule est dure à avaler, même si les assureurs répètent à l'envie que le coût supporté chaque année par les compagnies pèse plus lourd que le montant des primes exigées aux assurés. Habitation, voiture, santé... Les principaux postes d'assurance sont concernés par cette hausse, un terme refusé par les assureurs qui préfèrent parler de « réajustement ».

Déjà l'an passé, l'assurance habitation avait connu la même tendance inflationniste (+ 3 %) en raison de la multiplication des sinistres incendies et des catastrophes naturelles. Avant Xynthia et les inondations du Var cette année, il y avait eu les tempêtes Klaus et Quinten... Avec les conséquences de ces phénomènes extrêmes sur des programmes de construction qui n'auraient jamais dû voir le jour.

Cette nouvelle hausse attendue, s'ajoute à toutes les autres, notamment sur nos factures du gaz et de l'électricité. Les traditionnelles augmentations du 1er janvier viendront encore alourdir le poids de nos dépenses contraintes. D'autant que, dans le même temps, le Smic devrait rester sur sa cure d'amaigrissement, passant à près de 9 € bruts l'heure, en application de la hausse minimum légale.

L'argent que nous consacrons à notre voiture ne cesse de croître pour représenter le troisième poste de dépenses dans notre budget familial (environ 5 800 € par an). Les assureurs justifient leurs relèvements de tarifs par la série de hausses qu'ils doivent encaisser : envolée du prix des réparations, accroissement du nombre de bris de glace, hausse du kilométrage parcouru engendrant de fait plus d'accidents.

Selon Stanislas di Vittorio, fondateur du comparateur en ligne Assurland, nous devrions connaître plusieurs années à + 5 % pour l'habitation pour atténuer la flambée des coûts supportés par les assureurs. Une flambée telle, que plusieurs assureurs auraient choisi de ne la répercuter qu'en partie sur les tarifs en 2011.

Hier, la ministre de l'économie Christine Lagarde a indiqué qu'elle saisissait le Trésor et la DGCCRF pour vérifier que la hausse annoncée était bien due à la multiplication des sinistres et à leur coût

« De trop violentes hausses »
Thierry Saniez, de la Confédération du Logement et du cadre de vie.

De combien ont augmenté les primes d'assurances ces dernières années ?

De 3 à 4 % par an pour les assurances habitation, de 3 à 5 % pour la voiture et entre 4 et 7 %, quand ce n'est pas 10 %, pour les mutuelles santé. Il s'agit d'augmentations trop violentes qui portent sur des dépenses contraintes. L'autre problème est que ces augmentations surgissent après celles du logement, du carburant, de l'électricité et du gaz, quand les salaires continuent à stagner. Au cumul, ces charges incompressibles représentent de 50 à 60 % des revenus. On arrive à un seuil d'inacceptabilité sociale et économique.

Est-ce normal que les assurés payent pour les catastrophes naturelles ?

Ces catastrophes sont moins le fait des intempéries, de la météo, que des erreurs commises lors de l'attribution de permis de construire ou dans des cas d'urbanisation massive. Au final, c'est toujours le consommateur qui paye. Au tout début, la vocation des assureurs était de collecter des primes pour rembourser des sinistres. Qu'en est-il aujourd'hui, quelle est la part réservée à la couverture des risques, quelle est la part allouée aux frais de fonctionnement, aux commissionnements et à tout le reste ? Il serait bon que les compagnies répondent. Le consommateur ne doit pas servir toujours de variable d'ajustement. Quand on regarde les résultats financiers des grands groupes, on voit bien qu'ils ne sont pas dans les derniers. Il faut s'interroger aussi sur la réalité des mutuelles qui, si elles n'ont pas d'actionnaires, pratiquent malgré tout des tarifs proches de ceux des assureurs eux-mêmes...

Il faut donc faire jouer plus que jamais la concurrence entre assureurs ?

La variation de prix est entre 2 et 7 %. Toutes les compagnies ne pratiquent pas la même hausse. Mieux vaut se tourner en priorité vers les assureurs qui pratiquent des prix marketing pour rester leader dans leur spécialité, voiture ou habitation...

Le chiffre : 3,5 %
Hausses > automobile. L'augmentation moyenne des primes d'assurances auto devrait osciller entre 2,5 % pour la Maaf et la Maif par exemple et 4,5 % pour Axa France.

Habitation, voiture, santé : à quoi on peut s'attendre

Quelques grands acteurs comme Groupama, Allianz ou GMF n'ont pas encore fait part de leur intention d'augmenter leurs primes d'assurance. Mais pour les autres, les hausses des cotisations d'assurance oscilleront entre 2,5 % (Maaf et Maif) et 4,5 % (Axa) en automobile.

En habitation, les augmentations seront nettement plus marquées. A titre d'exemple, entre 3,5 % pour la Maif et près de 8 % pour MMA.

En santé, rares sont ceux qui ont déjà communiqué, mais la tendance est à un relèvement d'au moins 5 %. Selon Pierre-Jean Gracia de la Mutualité française, les hausses des tarifs des complémentaires pourraient être comprises entre 5 et 8 %. Mais, précise le président régional, tout va dépendre aussi des autres mesures gouvernementales. Il est vrai que les complémentaires santé doivent prendre en charge de nouveaux coûts en conséquence des décisions prises pour pallier le déficit de la Sécu : déremboursements de médicaments, hausse du forfait hospitalier..

Sur les trois marchés auto, habitation et santé, ces hausses étaient attendues depuis plusieurs mois. La Macif assure notamment que la hausse moyenne de la cotisation d'assurance auto (2,9 %) est inférieure de plus de moitié à celle du coût d'indemnisation des sinistres (+6,5%).
 
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