Revue de presse

Crédit : les secrets d'une bonne négociation

Publié par le , Mis à jour le 17/12/2010 à 11:00 , Source : Le Figaro

Une bonne nouvelle n'arrive jamais seule: non seulement le marché de l'immobilier s'est débloqué après quelques mois plus difficiles, mais par ailleurs les conditions financières sont au beau fixe, grâce à des taux d'intérêt très faibles. Il est aujourd'hui possible d'emprunter en moyenne à 3,40 % sur 15 ans et 3,55 % sur 20 ans. Il y a tout juste un an, les acheteurs devaient débourser 0,50 % supplémentaire pour financer l'acquisition de leur appartement. Une différence de taille à l'échelle d'une opération immobilière portant sur des centaines de milliers d'euros.

Ainsi, un couple ayant emprunté 200.000 euros sur 20 ans en septembre 2009 à 4,05 % rembourse aujourd'hui 1217 euros par mois, soit un coût total du crédit de 92.080 euros. La même opération réalisée aujourd'hui ne coûte plus que 79.600 euros, soit 13 % de moins d'après les calculs du courtier Empruntis.com. L'histoire est encore plus cruelle pour ceux qui ont acheté en octobre 2008, à l'époque ou les taux des crédits s'établissaient à 5,40 % sur 20 ans: il leur faut rembourser 1 365 euros par mois pour un crédit coûtant au total 127.600 euros. Mais tout n'est pas perdu pour ceux qui ont acheté en 2008 et en 2009, puisqu'ils peuvent à présent renégocier leur crédit.

Reste que la période actuelle constitue une fenêtre de tir extraordinaire pour les candidats à l'achat du point de vue du financement. Car les économies réalisées sur le crédit se traduisent en pouvoir d'achat, donc en mètres carrés supplémentaires. Ainsi, un remboursement de 1500 euros par mois sur 25 ans permettait d'acheter 81 m2 à Marseille en septembre 2009 ou 97 m2 aujourd'hui, soit l'équivalent d'une chambre de plus pour la même mensualité.

Toujours au rang des bonnes nouvelles, la conjoncture devrait rester favorable aux emprunteurs pour les mois qui viennent. Evoluant depuis cet été au niveau historiquement bas de 2,50 %, l'OAT 10 ans, l'emprunt d'Etat servant de référence au taux des crédits immobiliers à taux fixe, n'a en effet aucune raison de remonter dans le contexte économique actuel. «Les meilleurs taux des crédits à 15 ans passeront probablement sous la barre symbolique des 3% dans les prochaines semaines à l'occasion des Salons immobiliers», prédit Christian Camus, le directeur général du courtier MeilleurTaux.com. Même son de cloche chez son concurrent Empruntis.com : «Les acheteurs bénéficieront de conditions très favorables, avec des taux inférieurs à 4% sur 20ans, au moins jusqu'à la mi-2011», estime la porte-parole Maël Bernier.

Une autre piste s'ouvre aujourd'hui aux acquéreurs à la recherche du meilleur financement. Les taux des crédits révisables sont en effet eux aussi au plus bas. Leur niveau ne dépend pas de celui de l'OAT 10 ans mais des taux à court terme, comme l'Euribor 3 mois. Or, celui-ci évolue au-dessous de 0,90 % depuis l'été. «Nos clients peuvent emprunter à 2,50% sur 15 ans à taux variables, avec un plafond à 4%. La conjoncture est très favorable à ce type de crédit, car les taux courts devraient rester durablement bas», explique Etienne-Marie Airiau, le directeur général de la Banque privée européenne. Le client règle des mensualités fixes, mais la durée du crédit est allongée en cas de hausse des taux. Cependant, ces produits un peu complexes restent réservés aux emprunteurs bien conseillés, en maîtrisant bien tous les ressorts.

Ceux qui choisissent un classique emprunt à taux fixe peuvent néanmoins eux aussi en optimiser le coût, notamment en faisant jouer la concurrence entre les banques et en ne négligeant aucune aide publique. La remise à plat des dispositifs d'aide à l'achat à partir du 1er janvier 2011, avec la suppression du crédit d'impôt Tepa, du prêt à taux zéro et du Pass-Foncier au profit du nouveau PTZ +, change la donne. Le taux d'un crédit immobilier résulte aussi, en partie, d'une négociation entre la banque et son futur client. Ainsi, mieux vaut montrer patte blanche: «Nous demandons les trois derniers relevés de comptes à nos futurs clients, mais nous allons plus loin en cas d'incident de paiement. Mieux vaut donc présenter un dossier bancaire sans accroc, signe d'une gestion saine de son budget, en évitant les découverts», souligne Sophie Magnan, responsable produit au Crédit foncier.

Enfin, il est possible depuis le 1er septembre de réduire sensiblement le coût de son crédit en négociant l'assurance emprunteur grâce à l'entrée en vigueur de la loi Lagarde. Celle-ci coûte en général entre 0,25 % et 1 % du capital emprunté. Une somme significative dans un contexte de taux de crédit faible. «Dans bien des cas, le client peut trouver une assurance individuelle deux fois moins chère, à garanties égales, que le contrat collectif de sa banque», explique Stanislas Di Vittorio, le fondateur du comparateur d'assurances Assurland.com.

 
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