Revue de presse

Episode de gel dans les cultures : il va falloir une réforme lourde selon Assurland

Publié par le , Mis à jour le 21/04/2021 à 11:08 , Source : AFP

Les risques climatiques agricoles, un défi pour l'assurance

Face aux risques climatiques, le monde agricole est-il bien armé ? L'épisode récent l'a montré, le gel peut s'avérer catastrophique pour les cultures. Pourtant, les agriculteurs sont peu assurés ont déclaré plusieurs expert à l'AFP. Assurland.com soutient également qu'une réforme de l'assurance des risques agricoles doit être engagée pour faire face devant la recrudescence et l'ampleur des événements climatiques.

L'assurance multirisques climatiques peu souscrite par les agriculteurs

Il est encore trop tôt pour déterminer le coût des dégâts causés par le gel, mais les pertes pour de nombreux agriculteurs seront colossales. Un fonds d'indemnisation exceptionnel devrait donc être débloqué. Mais ces sinistres mettent sur la table la problématique de l'assurance des surfaces viticoles et agricoles. Comme l'explique à l'agence de presse Franck Le Vallois, directeur de la Fédération Française de l'Assurance : "Le problème n'est pas celui de l'assurance mais celui de la non-assurance. Aujourd'hui, environ 32 % des surfaces viticoles sont couvertes par un contrat multirisques climatiques et 3 % à 4 % des surfaces arboricoles". Et le fonds qui sert à indemniser les calamités agricoles n'est actionné que pour les pertes qui sont considérées comme non-assurable. Il y a donc de nombreuses exclusions à ce fonds. Si le bien peut être couvert par un contrat d'assurance, alors il n'entre pas dans l'indemnisation au titre des calamités agricoles.

Aussi, Olivier Moustacakis, cofondateur d'Assurland.com, déclare à l'AFP : "il va falloir une réforme lourde, car en l'état, cela ne tient pas". Pour le député LREM Frédéric Descrozaille, chargé d'un rapport sur le sujet par le gouvernement "Il y a une mauvaise articulation entre le régime assurantiel et le régime calamité".

Les viticulteurs exclus

Alors que pour les prairies et les élevages : "Que vous soyez assurés ou pas, vous êtes éligibles au régime calamités" précise Frédéric Descrozaille, ce n'est pas le cas pour les viticulteurs. Etant donné qu'ils ont la possibilité de s'assurer à titre privé, ils sont exclus du dispositif. "On peut se retrouver dans une situation où un agriculteur va être moins bien indemnisé que son voisin qui n'est pas assuré et qui va profiter du régime calamité !" explique le député. Une autre raison concerne le régime en lui même, déficitaire et très peu rentable pour les assureurs du fait de l'accélération de la fréquence et de l'intensité des catastrophes climatiques.

Pourquoi les agriculteurs sont-ils si peu assurés ? Pour la directrice marché agricole de Groupama, un des assureurs majeurs du secteur, ils "surestiment l'impact des événements majeurs mais sous-estiment les événements d'ampleur moyenne mais qui sont récurrents", à l'instar du gel. Il devrait y avoir 60% des surfaces qui soient assurées pour que la répartition des risques soit meilleure. Il faut également savoir que l'Etat subventionne à 65% les primes d'assurance multirisques climatiques. Une directive européenne pourrait décider d'augmenter ce niveau à 70%.

De même, le seuil de déclenchement à partir de 30% de pertes pourrait être abaissé à 20%. "Mais est-ce que cela sera suffisant ?" demande le cofondateur d'Assurland.com, Olivier Moustacakis.

Une réforme à engager

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, explique à l'AFP "il y a un montant (de subventions, NDLR) pour l'assurance de 160M€. Nous souhaitons que ce montant soit doublé". Une réforme autour d'un système à plusieurs étages serait-elle la solution ? Le député de la LREM évoque la piste du régime des catastrophes naturelles. Les risques les plus faibles (petit gel) ne seraient pas couverts alors que les risques plus importants tels qu'un épisode de gel moyen, la sécheresse le seraient. Et l'Etat prendrait le relais au titre des risques plus forts "mais cela nécessitera un très gros effort de solidarité nationale" explique Frédéric Descrozailles.

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