Revue de presse

II secoue le monde de l'assurance

Publié par le , Mis à jour le 22/10/2012 à 16:07 , Source : Management

Auto, santé, maison... Ce polytechnicien a lancé le premier comparateur de contrats en ligne. Une cash machine née en pleine crise Internet.

Premier site d'assurances en France avec 4 millions de visiteurs mensuels, leader de la comparaison de contrats avec 80% de part de marché. Le palmarès d'Assurland.com ne s'arrête pas là: cette PME de 25 salaries a dégagé l'an dernier 21,5 millions d'euros de chiffre d'affaires (+ 49% par rapport à 2008). Et sa marge nette dépasse 30% ! Stanislas Di Vittorio, son fondateur et directeur général, peut savourer le chemin parcouru. D'autant que ses débuts, en 2000, n'ont pas été simples... «Je cherchais un modèle ayant une réelle valeur ajoutée pour le consommateur, avec un minimum de logistique et des effectifs qui restent à taille humaine, explique ce patron de 44 ans. D'où ce concept 100% Internet.» Les comparateurs existaient déjà pour les biens de consommation et les crédits maîs pas dans l'assurance.

Malgré un CV en béton - Polytechnique et MIT, jobs au Japon et dans la Silicon Valley- Stanislas Di Vittorio tombe sur un os : la bulle Internet est en pleine explosion. «Nous allions signer une levée de fonds lorsque le Nasdaq a décroche de 20% en cinq jours. L'investisseur nous a lâchés.» Il lui faudra un an pour en convaincre un second. «Entre-temps, nous avons vivoté avec l'aide de business angels et d'amis. Je craignais toujours de ne pas pouvoir payer mes employés le mois suivant. » Les temps sont si durs que ses deux associés quittent l'affaire. A cela s'ajoute la méfiance des assureurs, qui rechignent à dévoiler leurs tarifs sur le site. Seuls les «très petits» jouent le jeu. La start-up atteint pourtant l'équilibre au bout de deux ans d'exercice et convainc enfin un gros du secteur, la GMF, de figurer dans sa base. «Grâce à elle, nous sommes devenus crédibles», précise Di Vittorio.

Détenu aujourd'hui à 75% par le groupe Covea (Maaf, MMA et GMF), Assurland.com veut entrer en Bourse d'ici à six mois. Son DG l'admet. «Ce n'est pas l'idéal d'être contrôlé par une partie des sociétés qu'on compare. Mais les autres assureurs - 54 actuellement - ne nous auraient pas rejoints si notre outil n'était pas objectif.»

SES TROIS CONSEILS POUR S'IMPOSER

"Accepter de faire Évoluer son idée.Nous avons changé notre business model pour ne plus être rémunérés au contrat signé mais au contact établi entre l'internaute et l'assureur. On touche des commissions moindres mais on maîtrise mieux notre business."

"Eviter les collaborateurs aux ego démesurés.Quand on commence petit, il faut accepter de mettre ses diplômes ou son expérience passée en veilleuse."

"S'investir mais prévoir des options de secours.Je n'ai pas vendu mon appartement. Et je savais qu'en cas de problème, je retrouverais facilement un emploi."

SA PLUS GROSSE ERREUR

"Ne pas avoir mieux choisi mes associés. Sur le papier, le cocktail était idéal: l'un venait de l'assurance, l'autre des logiciels et moi d'Internet. En réalité, il ne suffit pas d'avoir des intérêts communs. Il faut aussi le même niveau de motivation."

 
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