Revue de presse

Le flop du reste à charge zéro

Publié par le , Mis à jour le 14/02/2020 à 17:50 , Source : Challenges

Les difficultés au démarrage du reste à charge zéro

Incompréhensions, mauvaise image… Le reste à charge zéro démarre mal. Challenges.fr revient sur les premiers ratés de la réforme en s’appuyant sur les résultats d’un sondage réalisé par Assurland.com.

Une réforme autour de la santé bien compliquée

La seconde étape de la réforme 100 % santé, dite aussi reste à charge zéro (ou RAC 0), a démarré le 1er janvier dernier. Objectif ? Faire baisser le renoncement aux soins, très importants dans les secteurs de l’optique et du dentaire, en remboursant intégralement une série d’équipements et d’actes. Une bonne nouvelle pour les assurés, qui n’est pourtant pas reçue comme tel. « Le flou qui entoure la réforme, autant sur son calendrier d’application cadencé sur trois ans que sur ses répercussions financières est un frein », commente le cofondateur d’Assurland.com Olivier Moustacakis. Le comparateur d’assurances en ligne a lancé un sondage qui révèle que parmi les 70 % de Français qui ont entendu parler du 100 % santé, 35 % ne vont pas choisir les équipements sans reste à charge. Pourquoi ? En premier lieu, ils ne pensent pas y avoir droit. Pourtant, la condition est d’avoir une complémentaire santé dite « responsable ». C’est-à-dire 95 % des contrats. Ensuite, ils n’ont pas compris la réforme. C’est le cas pour 28 % des personnes interrogées.

Car il faut bien l’avouer, les incompréhensions demeurent. En dentaire par exemple, la prise en charge s’effectue en fonction de la visibilité de la dent et du matériau utilisé. « Les professionnels eux-mêmes sont perdus », confirme Olivier Moustacakis. Pour le directeur général de la Cnam Nicolas Revel, il faudra patienter un peu pour mesurer les effets de la réforme dans la durée. En ligne de mire, l’objectif « d’atteindre près de la moitié des actes en 100 % santé dans le dentaire » rappelle-t-il.

Opticiens et complémentaires santé en froid

Les opticiens constatent également que le reste à charge zéro est difficile à expliquer. « Il faut faire preuve de beaucoup de pédagogie » explique l’un. Un autre s’impatiente : « On passe plus de temps à expliquer la loi qu’à vendre des lunettes ! ». Une période de démarrage qui une fois passée, devrait permettre de faire décoller les ventes. Xerfi table sur plus d’un million de personnes qui devraient ainsi pouvoir s’offrir des lunettes pour la première fois dans les deux ans. Au sein du marché de l’optique, le panier A représenterait 15% des ventes.

Pourtant, les problèmes techniques entachent le démarrage. Opticiens et complémentaires santé se heurtent à des couacs de transmission. Car la réforme impose aux professionnels de santé de transmettre deux devis, l’un sans reste à charge et l’autre libre. Sans parler du RGPD qui complique le tout. Certains pointent du doigt la communication du gouvernement, comme Stéphanie Dangre, présidente du Groupe All, centrale d’achat des opticiens indépendants. Elle déplore également que les complémentaires santé « ne reconnaissent pas les nouveaux codes de regroupement (…) bloquant ainsi les accords de prise en charge ».

Une réunion a été récemment organisée au ministère de la Santé pour tenter de trouver des solutions et surtout déployer le tiers payant.

Un article à retrouver sur Challenges.fr.

https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/optique-dentaire-les-premiers-rates-du-reste-a-charge-zero_698558

 
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