Revue de presse

Les assureurs augmentent leurs tarifs tous azimuts en 2011

Publié par le , Mis à jour le 07/01/2011 à 10:31 , Source : Le Monde
Les compagnies évoquent les catastrophes naturelles et la recrudescence des accidents de voiture pour justifier ces hausses. Une enquête a été lancée par le gouvernement.
Pour les assurés, 2011 sera une mauvaise année. Tous leurs contrats vont augmenter de manière sensible l'automobile, avec des hausses comprises entre 2,5 % et 4,5 %, l'habitation, avec des augmentations de 4,4% à 7,7 %, la santé, enfin, avec un bond de 4 % à 8,5%, selon les estimations.
« Ces augmentations ont un vrai impact sur le budget des ménages, car les assurances sont des dépenses contraintes il est en effet difficile de ne pas être assuré », explique Tanguy Thévenet, directeur général d'un comparateur d'assurances sur Internet.
«Ainsi, un couple avec deux enfants y consacre chaque année environ 2000 euros 1200 euros pour la santé, 450 à 500 euros pour l'automobile, et entre 200 et 250 euros pour son habitation. Ce n'est pas négligeable », précise M Thévenet.
Les associations de consommateurs dénoncent les conséquences préjudiciables de ces hausses. «Sur des dépenses contraintes, on ne peut pas avoir des augmentations quatre fois supérieures à l'inflation. Sauf a exclure des services essentiels comme les assurances un nombre croissant de consommateurs. Ce qui ne pourrait que créer des situations à risques », s'indigne Thierry Saniez, délégué général de l'association de consommateurs Concommation, logement, cadre de vie (CICV), qui craint par ailleurs des augmentations proches de 10 % en 2011 sur certains contrats santé. «Tout cela ne serait-il finalement pas un moyen pour les assureurs de reconstituer leurs fonds propres?», s'interroge M Saniez.
« Dissociation des tarifs»
A la mi-décembre, la ministre de l'économie, Christine Lagarde, a demande à la direction du Trésor et celle de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de vérifier que la hausse des tarifs automobile et habitation est bien due à une augmentation du nombre et du coût des sinistres, comme évoqué par les compagnies d'assurances. « Nous souhaitons en avoir le cœur net», indiquait-elle à l'Assemblée. Les conclusions sont prévues début janvier.
Les compagnies justifient entre autres ces hausses par les dégâts provoqués par la tempête Xynthia et les inondations dans le Var en 2010, qui ont coûté plus de 2 milliards d'euros. Ces catastrophes s'ajoutent aux tempêtes Klaus et Quinten en 2009. Ce qui était exceptionnel - une fois tous les cinq à dix ans - peut désormais arriver deux fois la même année, expliquent les assureurs. « Est-ce juste un mouvais coup du sort ou est-on en train de basculer, avec le réchauffement climatique, vers un régime ou les gros sinistres auront une fréquence plus élevée ?, s'interroge Stanislas di Vittorio, fondateur d'Assurland, un site de comparaison de prix sur Internet. De cette réponse dépendra en partie l'évolution des primes d'assurances ». 
« Nous allons assister à une dissociation de plus en plus grande des tarifs, les assureurs augmentant plus les primes des gens résidant dans des zones à risques, prévient Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet de conseil Facts & Figures. Si la moyenne est autour de 7% pour2011, contre 5% en 2010 pour la multirisque habitation, certains assurés vont connaître des hausses de 10% à 30% ».
Autre constat en 2010, «une dérive de la petite sinistralité», selon M Di Vittorio, se référant à une augmentation des incendies dus à des installations électriques mal entretenues et à l'augmentation du nombre d'appareils branchés.
En automobile, la reprise des hausses observée en 2010 (entre 1 % et 3 %) s'amplifie légèrement. Elle est liée aux intempéries mais aussi à la recrudescence des accidents matériels, selon les assureurs. Autre phénomène, la multiplication des bris de glace. Celle-ci a conduit Axa à réinstaurer une franchise après avoir constaté que des sociétés poussaient les automobilistes à changer ou à réparer leur pare-brise aux frais de leur assureur.
Mais c'est dans la santé que la hausse est la plus constante, en raison de l'accroissement des dépenses de santé, du vieillissement de la population et de la diminution des remboursements par la Sécurité sociale. «La moyenne, pour l'instant, est de 5 %, contre 6% en 2010, mais il faut s'attendre à une plus forte hausse », affirme M Chartier Kastler. L'ajout d'une taxe de 3,5 % sur les contrats solidaires et responsables pèse sur les tarifs 2011 et va, selon lui, influencer davantage le choix des assurés. «L'intérêt de s'assurer pour toutes les dépenses de santé devient contestable, excepté pour les aléas lourds», estime-t-il. «Quand vous dépenserez 1 euro dans une complémentaire santé en 2011, vous récupérerez 50 centimes en remboursements. L'autre moitié se répartira entre les taxes (10 centimes), la rémunération des intermédiaires d'assurance (20 centimes), les coûts de gestion de l'assureur (15 centimes), la mutualisation des risques (3 centimes), le reste étant la marge de l'assureur (2centimes) ».
Ces hausses devraient inciter les assurés à faire jouer la concurrence dans un secteur ou ce n'est pas encore une habitude. Pourtant, depuis 2005, la loi Chatel interdit la reconduction tacite des contrats. Les assurés doivent être prévenus deux mois avant l'échéance de leur assurance afin de prendre leurs dispositions. Souhaitant vérifier l'application de cette loi, Christine Lagarde a demandé au Comité consultatif du secteur financier (CCSF) d'étudier cette question. Le rapport est attendu en février. 

 
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