Revue de presse

Les "évènements climatiques" pour justifier la hausse des tarifs d'assurance

Publié par le , Mis à jour le 22/10/2012 à 14:43 , Source : Le point
Les assurances habitation et automobile vont sensiblement augmenter en 2011. La raison invoquée : les aléas climatiques.

Après le gaz et l'immobilier, c'est un autre poste de dépense qui risque de plomber le portefeuille des Français en 2011. Les tarifs de leurs assurances habitation et assurance auto vont, en effet, connaître une nouvelle hausse sensible, selon Les Échos - de 3,5 % à 8 % pour les premières, et de 2,5 % à 4,5 % pour les secondes.

Et les associations de consommateurs sont écoeurées : "Ce qui est grave, c'est la violence de cette hausse, explique Thierry Saniez, de Consommation, Logement et Cadre de vie (CLCV). Elle va aggraver le problème de pouvoir d'achat." Selon le directeur général de CLCV, les Français "ont atteint un seuil de tolérance" en matière d'assurances. "Combien de personnes conduisent déjà sans assurance ?" s'interroge-t-il. "C'est simple, il y en a encore plus qui ne vont plus pouvoir payer. Nous, ce qu'on veut, c'est que les compagnies nous démontrent avec plus de transparence l'augmentation de leurs coûts."

Car pour justifier ces hausses, les assureurs invoquent, comme en 2010, les évènements climatiques exceptionnels qui ont marqué l'année - Xynthia et les inondations dans le Var en 2010, la tempête Klaus en 2009. À titre d'exemple, la tempête, qui a principalement touché la côte vendéenne et la Charente-Maritime, aurait coûté 1,6 milliard d'euros aux assureurs, selon l'estimation la plus récente. Autres facteurs avancés : la hausse de la "sinistralité" - mot barbare utilisé par les assureurs pour désigner la proportion de sinistres par rapport au nombre d'assurés. Une notion difficilement vérifiable et tantôt justifiée par le froid, en ce qui concerne l'assurance auto, tantôt par un parc immobilier vieillissant, qui, selon Stanislas Di Vittorio, fondateur du comparateur de prix en ligne Assurland, a provoqué "une augmentation des incendies ou des dégâts des eaux, depuis deux ou trois ans". Dans le cas de l'assurance automobile, si les chiffres de la sécurité routière sont plutôt dans le vert et que le nombre de nouvelles immatriculations est en baisse en 2010 après un pic fin 2009, la crise aurait poussé les Français à partir moins loin en vacances, et donc paradoxalement à faire plus de kilomètres en voiture. Résultat : le nombre d'incidents et de réparations augmente. Or le coût des réparations a flambé, au grand dam des assureurs, explique-t-on.

Multiplication des petits litiges

Pour Jean-François Carlot, avocat et enseignant lyonnais spécialisé dans le droit des assurances, la hausse de la sinistralité est indéniable. Tout comme l'augmentation du coût des indemnisations et le manque à gagner provoqué par les catastrophes naturelles. Mais cela n'explique pas tout, loin de là. Le déséquilibre financier que connaissent les assureurs est aussi dû, selon lui, au fait que les Français sont devenus beaucoup plus procéduriers d'une façon générale. Et, le plus souvent, avec succès, puisque les tribunaux leur donnent "de plus en plus souvent" raison. De nombreuses jurisprudences ont changé la donne. Et c'est ce qu'il appelle l'élargissement du domaine des responsabilités. "On protège de plus en plus le consommateur, ce qui est positif. Mais la multiplication des petits litiges à propos de tout et de rien, tant dans le domaine de la médecine que du sport ou de la consommation en général, est une source importante de dépenses pour les assureurs", explique l'avocat Jean-François Carlot

Une chose est sûre, les prix des assurances grimpent, et ce n'est pas fini. "Si nous connaissons en 2011 une troisième mauvaise année de suite, ces hausses ne seront pas suffisantes pour que le marché revienne à l'équilibre technique", a lui-même prévenu Jacques de Peretti, directeur général délégué d'Axa France, cité par Les Échos. Pour Stanislas Di Vittorio, il ne fait aucun doute que la hausse des prix se poursuivra en 2012. Et même sans catastrophe naturelle l'année prochaine, entre les augmentations des taxes sur les sociétés d'assurance annoncées par le projet de loi de finances 2011 et le renforcement de la réglementation européenne en matière de fonds propres des assureurs, il y a fort à parier qu'il ait raison...
 
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
 
0 RÉACTION
Pas encore de commentaire, soyez le premier.