Revue de presse

S. Di Vittorio (Assurland.com) : "Les tarifs des assurances santé augmenteront de 5% en moyenne en 2011"

Publié par le , Mis à jour le 17/12/2010 à 14:23 , Source : La Dépêche.fr
Stanislas Di Vittorio, porte-parole d'Assurland.com

En 2011, les contrats d'assurance multirisque habitation augmenteront leurs tarifs entre 3,5% et 8% et entre 2,5% et 4,5% pour les contrats automobiles, selon les professionnels. Si ces hausses font beaucoup parler ces deux derniers jours, la hausse des assurances santé est passée totalement inaperçue. Pourtant, les tarifs devraient progresser de 5% en moyenne, selon les prévisions de Stanislas Di Vittorio, porte-parole du comparateur d'assurances sur Internet, Assurland.com, confiées à Relaxnews.

Relaxnews : La tempête Xynthia et les inondations dans le Var, survenues cette année, sont les deux principales raisons qu'avancent les assureurs pour expliquer la hausse des tarifs en 2011. Comment s'opère le mécanisme ?
Stanislas Di Vittorio : La tempête Xynthia et les inondations dans le Var sont des événements climatiques qui ont coûté chacun un milliard et demi d'euros aux assureurs. Il faut savoir, qu'en moyenne, l'assurance habitation rapporte une collecte d'un milliard de primes aux professionnels. Quand l'année est dans un bon cycle je dirais, ces derniers disposent d'une marge satisfaisante, si aucune catastrophe naturelle intervient. Par contre, prenons l'année 2009. La tempête Klaus a fait des ravages dans le Sud-Ouest de la France. Cette année-là, le système a été déficitaire car, quand les assurés payaient 100%, les assureurs, eux, devaient payer 111%, en comptant les remboursements et les frais de gestion du système. Ils ont clairement perdu de l'argent. En 2010, pour que les assureurs gagnent de l'argent, il est nécessaire que les assurés payent un peu plus de 100%.

R. : l'assurance habitation n'est pas la seule concernée par cette hausse de tarifs. Il y a également l'automobile. Pourquoi ?
S D.V : Entre 2004 et 2009, les tarifs des assurances auto ont baissé de 15% pour plusieurs raisons. D'abord parce que davantage de radars ont été installés et que les contrôles policiers ont été renforcés. Conséquence : moins d'accidents, et donc moins de morts. Le coût est finalement moindre pour les assureurs qui avaient la possibilité de revoir à la baisse leurs tarifs d'assurance auto. Désormais, c'est une tendance tarifaire à la hausse qui opère. En effet, si le nombre d'accidents est en baisse, le coût est en hausse. Les véhicules sont plus sophistiqués et impliquent des réparations plus coûteuses. Autre raison : les assurés survivent beaucoup mieux aux accidents car un véritable effort sur l'arrivée rapide des secours a été réalisé. Du coup, les consommateurs sont plus souvent grièvement blessés plutôt que décédés. Une personne tétraplégique coûte excessivement cher, bien plus cher qu'une personne décédée.

R. : Finalement, les tarifs des assurances habitation et auto sont-ils appelés à augmenter continuellement ? Se dirige-t-on vers une nouvelle hausse en 2012 ?
S D.V : Si l'année 2010 a été une bonne année en termes d'accidents, il est possible d'envisager un impact sur les prix des assurances auto, à la baisse ou à la stabilité, dans un délai de six mois à un an. Cela signifie qu'il faudrait une baisse du nombre de blessés ou de morts de 10%. C'est ce qui s'est passé en 2004. Rappelons que le nombre de tués sur les routes est passé de 10.000 à 4.000 en l'espace de dix ans. Pour l'habitation, il est plus difficile de répondre à la question. Toutefois, il n'est pas impossible que les tarifs augmentent de nouveau en 2012 pour "combler le déficit" engendré par les années 2009 et 2010.

R. : L'annonce de la hausse des tarifs des assurances en 2011 n'a concerné que l'habitation et l'auto. N'y-aura-t-il aucun impact sur les contrats santé ?
S.D.V : Le coût de la santé devient de plus en plus important en raison d'une population vieillissante et des progrès de la médecine. A ce contexte il faut ajouter le déficit de la sécurité sociale. Régulièrement, un train de mesures d'économies est mis en place par le gouvernement pour permettre moins de remboursements. Des mesures incitatives ont été également mises en oeuvre pour que les Français consomment moins de médicaments. Résultat : celui qui paye la facture, c'est soit le consommateur, soit l'assureur santé. Les professionnels doivent donc répercuter cette hausse sur leur plaquette tarifaire. Il faut également ajouter que le gouvernement a décidé de taxer les contrats d'assurance santé à hauteur de 3,5%. Certains assureurs répercuteront immédiatement cette hausse et d'autres échelonneront celle-ci sur plusieurs années.

R. : Finalement, de quel ordre les tarifs des assurances santé augmenteront en 2011 ?
S.D.V : Il faut compter sur une hausse moyenne de 5%.

R. : Faut-il s'attendre à une tendance à la hausse dans les prochaines années ?
S.D.V : Oui, tant que la population continuera de vieillir et que la médecine poursuivra ses progrès. C'est mécanique.

R : Christine Lagarde, ministre de l'Economie, a appelé les assurés à résilier leur contrat deux mois avant leur échéance pour faire jouer la concurrence ? Que pensez-vous de ce conseil ? Y-a-t-il des astuces pour contrer ces diverses hausses annoncées ?
S.D.V : C'est une bonne réaction. Il faut faire jouer la concurrence en n'hésitant pas à présenter à son assurance d'autres offres concurrentes susceptibles de vous intéresser. Pour cela, il faut comparer au préalable. Posez-vous les bonnes questions quant à vos besoins en assurance. Sachez que vous devez résilier une assurance deux mois avant la date du terme du contrat. Avec la loi Chatel, les assureurs sont dans l'obligation de prévenir leurs assurés du renouvellement du contrat deux mois à l'avance. S'ils ne le font pas, vous disposez de quinze jours pour changer de professionnel. Il faut penser à profiter de ce filon.
 
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