Revue de presse

Schumacher : les assurances ne vont probablement pas jouer

Publié par le , Mis à jour le 09/01/2014 à 12:05 , Source : Le point

En dépit des sommes en jeu compte tenu de son statut, les premiers éléments de l'enquête montrant qu'il "est tombé tout seul et qu'il n'y a pas d'intervention de tiers. D'un point de vue assurantiel, les seules responsabilités qui peuvent être engagées, c'est la sienne et celle de la station", explique Stanislas di Vittorio, fondateur du comparateur d'assurances en ligne Assurland. Mais "la responsabilité de la station est limitée à ce qui se passe sur les pistes", précise l'expert.

Les premiers éléments de l'enquête ouverte par le parquet d'Albertville montrent que l'ancien pilote de Formule 1 "a choisi délibérément d'aller" dans la zone hors-piste, où il a chuté, zone qui "respectait" les normes de balisage en vigueur. "Il est peu probable que la responsabilité de Méribel puisse être engagée dans ce dossier", estime également Jean-François Rebut, directeur adjoint du département sports & événements chez le courtier Gras Savoye.

Le procureur de la République d'Albertville a néanmoins précisé que la question de la "piste de fait", argument juridique qui ferait de ce tronçon un "faux hors-piste" susceptible d'induire le champion allemand en erreur, allait être examinée (lire notre article).

Un capital pour assurer ses arrières

Au-delà de la responsabilité de la station de ski, la pratique du hors-piste ne permet généralement pas d'être indemnisée par les assurances individuelles accident ou par les assurances incluses dans les cartes de paiement haut de gamme. "Tout dépend de son contrat , si tant est qu'il en ait un, mais faire du ski hors-piste constitue généralement une exclusion", indique M. di Vittorio. En outre, si les sportifs de haut niveau bénéficient d'une couverture spécifique, lorsqu'ils prennent leur retraite, ils ne sont plus assurés la plupart du temps, explique de son côté Jean-François Rebut. Le septuple champion de Formule 1 a mis un terme à sa carrière en 2012.

"Sauf s'il a voulu sécuriser ses ayants droit, je doute que Michael Schumacher ait pris une assurance spécifique. Le capital qu'il s'est constitué au fil de sa carrière devrait suffire à assurer ses arrières", estime M. Rebut. En outre, "si les ayants droit de Michael Schumacher intentaient un recours en expliquant que l'accident a généré une perte de revenus potentiels, ils n'auraient probablement pas gain de cause, la carrière sportive de Michael Schumacher étant terminée. Aux États-Unis, cela pourrait peut-être fonctionner, mais pas en Europe", selon lui.

Reste la piste de l'assurance "perte de profession". Si le pilote allemand en avait souscrit une pendant son activité, son assureur pourrait alors se retourner contre la station et tenter un recours pour être dédommagé. "Mais il lui appartiendra d'apporter la preuve d'une négligence", indique Jean-François Rebut. C'est aussi ce que devront faire les assurances éventuellement contractées par les marques qui sponsorisent le pilote.

 
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