Depuis l'instauration du contrôle technique des deux-roues en avril 2024, la réglementation continue de se durcir. À partir du 1er mars 2026, les scooters et cyclomoteurs de 50 cm³ devront passer un nouveau test : la vérification de leur vitesse maximale réelle. Grâce à un appareil spécifique appelé céléromètre, les centres agréés pourront détecter plus facilement les véhicules modifiés pour dépasser la limite autorisée de 45 km/h. Cette évolution vise directement les modèles débridés, fréquents chez les jeunes conducteurs, et pourrait augmenter le nombre de véhicules recalés.
Un contrôle de la vitesse désormais systématique pour les cyclomoteurs
La grande nouveauté repose sur l'utilisation obligatoire du céléromètre, un appareil capable de mesurer précisément la vitesse maximale d'un deux-roues sur un banc d'essai. Jusqu'ici, les contrôleurs se concentraient surtout sur l'état général du véhicule, sans pouvoir vérifier sa vitesse réelle.
Désormais, le contrôle technique permettra de s'assurer qu'aucun cyclomoteur ne dépasse la limite légale fixée à 45 km/h, conformément à son homologation. En cas de dépassement, le véhicule sera immédiatement recalé. Cette mesure, prévue par l'arrêté du 24 janvier 2025 et initialement attendue en 2025, a été reportée au 1er mars 2026 afin de laisser aux centres le temps de s'équiper.
Ce test concerne les véhicules de la catégorie L1e, notamment :
- les scooters et cyclomoteurs de moins de 50 cm³, thermiques ou électriques ;
- les cyclomobiles légers ;
- certains véhicules électriques équivalents en puissance.
L'objectif est clair : détecter toute modification technique ou anomalie affectant les performances du véhicule. Avec ce nouvel outil, les contrôleurs pourront mesurer la vitesse réelle en conditions simulées, ce qui rendra toute fraude beaucoup plus difficile.
Une mesure destinée à lutter contre le débridage et améliorer la sécurité
Le renforcement du contrôle technique vise directement la pratique du débridage, qui consiste à modifier un cyclomoteur pour augmenter sa vitesse. Ce phénomène reste répandu, notamment chez les jeunes utilisateurs, et augmente les risques d'accident.
Le nouveau dispositif permettra notamment de :
- vérifier que le deux-roues respecte bien sa configuration d'origine ;
- détecter toute modification volontaire ou involontaire du moteur ;
- prévenir les risques liés à une puissance supérieure à celle autorisée.
Cette évolution s'inscrit dans la continuité du contrôle technique instauré en 2024 pour les véhicules de catégorie L. Depuis l'été 2025, les centres utilisent déjà un sonomètre pour mesurer le bruit et vérifier la conformité de l'échappement, notamment la présence de la chicane et l'absence de modifications non homologuées.
L'extension du contrôle à la vitesse réelle marque une étape supplémentaire pour retirer de la circulation les engins modifiés. Elle répond aussi à un enjeu de sécurité routière, car les scooters débridés peuvent atteindre des vitesses nettement supérieures à celles prévues par leur conception.
Des sanctions financières et assurantielles en cas de non-conformité
Le non-respect des obligations de contrôle technique expose les conducteurs à des sanctions immédiates. En cas d'absence de contrôle ou de contrôle périmé, le Code de la route prévoit une amende forfaitaire de 135 euros. Les forces de l'ordre peuvent également immobiliser le véhicule jusqu'à sa mise en conformité.
La circulation avec un scooter débridé entraîne les mêmes sanctions financières, auxquelles peut s'ajouter la confiscation du deux-roues. Les conséquences peuvent aussi être importantes sur le plan assurantiel. En cas d'accident impliquant un véhicule modifié, l'assurance peut se retourner contre le conducteur (ou ses parents) et refuser toute prise en charge.
L'ajout du test de vitesse implique un investissement important pour les centres de contrôle technique. Malgré cela, le tarif du contrôle technique des 50 cm³ devrait rester accessible, généralement compris entre 40 et 60 euros, même si une légère hausse reste possible.
La rédaction d'Assurland