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Coronavirus COVID-19 : Covéa n'acquérira pas Partners Re

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Covéa a attiré sur lui le regard des organes de contrôle après cet échec

Le groupe mutualiste Covéa (MMA, MAAF, GMF) avait prévu un chèque de 9 milliards de dollars pour acquérir le réassureur Partners Re. La crise du coronavirus COVID-19 ayant impacté les finances de l'assureur et ce dernier ne parvenant pas à faire baisser le prix de rachat, il a dû renoncer à cette acquisition.

L'annulation d'une très grosse transaction à cause de la crise de coronavirus COVID-19

C'est une véritable secousse dans le monde de l'assurance : le groupe mutualiste Covéa ne mettra finalement pas la main sur le réassureur bermudien Partners Re, possédé par Exor, holding appartenant elle-même à la famille Agnelli. Covéa avait pourtant confirmé le rachat de Partners Re le 3 mars dernier, pour un coût qui s'élevait à quelque 9 milliards de dollars (environ 8,3 milliards d'euros). C'est d'ailleurs le premier projet de fusion-acquisition annulé en France suite aux conséquences du coronavirus COVID-19 sur l'économie.

« Au vu des conditions actuelles sans précédent et des importantes incertitudes pesant sur les perspectives économiques mondiales, Covéa a indiqué à Exor que le contexte ne permet pas de réaliser le projet d'acquisition de Partner Re selon les termes initialement envisagés », explique Thierry Derez, PDG de Covéa. Exor semble quant à lui plus tranchant et évoque un « refus de Covéa d'honorer les termes de [leur] protocole d'accord ». En effet, le réassureur affirme que le COVID-19 n'a eu aucun impact sur son activité, ce qui n'est d'ailleurs pas infirmé par Covéa.

Covéa pourrait verser une indemnité à Partners Re pour rupture du contrat

Suite à l'impact de la crise de Covid-19, les compagnies d'assurances ont vu leur cote chuter en bourse, même Covéa, malgré son taux de solvabilité détonant. Ainsi, le mutualiste avait proposé une renégociation du prix d'acquisition de Partners Re, mais Exor ne l'a pas entendu d'une telle oreille. De facto, Covéa a dû abandonner l'opération et aurait pû faire jouer une « MAC clause » (« material adverse change » en Anglais, « changement négatif conséquent » en Français). Une telle clause sert normalement à prémunir un acquéreur d'événements pouvant gravement toucher la situation de la société achetée en permettant, si les conditions sont réunies, de rompre le contrat en bonne et due forme.

Mais, de son côté, Exor allègue que « Covéa n'a jamais suggéré l'existence d’une MAC clause, y compris portant sur le risque de pandémie, ou d'autres problématiques qui justifieraient que Covéa n'honore pas les termes de l'accord ». L'actionnaire de PartnerRe juge quant à lui « qu'une telle base juridique n'existe pas ». Ce qui pourrait contraindre le groupe français à verser 175 millions de dollars à Exor au titre de l'indemnité de rupture prévue dans l'accord passé en mars.

C'est déjà la deuxième fois que Covéa renonce à la diversification en réassurance

C'est un échec pour Covéa, qui comptait sur le réassureur pour diversifier son activité. Leader de l'assurance dommages en France, Covéa comptait miser sur la réassurance et ouvrir son marché à l'international, le groupe concentrant ses activités principalement en France.

C'est donc la deuxième fois que le groupe mutualiste français doit renoncer à la diversification. En effet, il avait déjà tenté en 2018 d'acquérir le réassureur SCOR, mais avait dû reculer face à l'opposition de sa cible. Denis Kessler, dirigeant de SCOR, avait d'ailleurs fait appel à la justice pour démêler l'affaire.

De surcroît, ce nouvel échec pourrait coûter encore plus cher à Covéa, qui a attiré sur lui le regard des organes de contrôle. « Comment peut-on s'engager dans une telle opération, financée sur les fonds propres du groupe, donc l'argent des sociétaires des différentes mutuelles, sans s'assurer de l'existence d'une porte de sortie ? », s'offusque Thierry Amarre, délégué syndical CGT. L'ACPR a également adressé une lettre le 11 mars à Thierry Derez pour mettre en évidence plusieurs failles au sein de la gouvernance de Covéa.

 
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