Assurance vie

L'assurance vie semble avoir passé la crise et mise sur les unités de compte

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Après une année 2020 difficile marqué par une importante décollecte, l'assurance vie semble avoir passé le cap et s'être remise de cette période de crise. Mais pour les assureurs et bancassureurs, un enjeu est clé : faire souscrire aux Français plus d'unités de compte (UC), des supports plus risqués mais bien plus rémunérateurs.

Un bilan 2020 inégal pour l'assurance vie française

Pour l'année 2020, l'assurance vie a connu une décollecte nette majeure de 6,5 milliards d'euros. En d'autres termes, la collecte a été négative pour le support préféré des Français et l'encours total a donc diminué. Cela a été d'autant plus marquant que 2019 avait été une année record en termes de collecte nette pour l'assurance vie : 25,9 milliards d'euros, soit une hausse de 20 % par rapport à 2018 et la plus élevée depuis 2010.

Avec la crise de Covid-19, les versements vers l'assurance vie ont diminué de 20 % sur l'année. Face à l'incertitude créée par la crise, les épargnants ont préféré s'orienter vers des supports plus liquides comme le Livret A ou le LDDS. Bien plus souples que l'assurance vie, ces placements sont plutôt des supports de court terme.

Mais tous les acteurs de l'assurance vie n'ont pas été touchés de la même façon par la crise. Bien au contraire, le bilan varie grandement d'une compagnie à l'autre. On remarque donc que les bancassureurs ont été particulièrement pénalisés. HSBC Assurances Vie a par exemple connu une baisse des cotisations de 34,7 %, Prepar-Vie (Bred Banque Populaire) de 39,1 %, les Assurances du Crédit Mutuel de 33,7 %. BNP Paribas Cardif s'en sort mieux avec une baisse de « seulement » 8,8 %. Deux compagnies arrivent également à s'en tirer avec des cotisations en hausse : +1,7 % pour Le Conservateur et +1,2 % pour Mutavie (Groupe Macif).

Un objectif pour les acteurs de l'assurance vie : augmenter la part d'unités de compte (UC)

Mais la décollecte a principalement concerné les versements sur les fonds en euros. Et pour les acteurs de l'assurance vie, l'objectif reste le même malgré la crise : orienter les épargnants vers des supports plus risqués mais bien plus rémunérateurs, les unités de compte (UC). « Dans le cadre de Solvabilité 2 et avec la situation actuelle des taux d'intérêt, l'intensité en capital des fonds en euros est très forte et elle va encore s'accentuer dans les prochaines années avec la baisse de rendement de l'actif général », analyse Baptiste Bréchot, associé risk advisory chez Deloitte.

Chez les acteurs de l'assurance vie, les stratégies diffèrent pour faire souscrire plus d'UC aux épargnants. Certains assureurs choisissent de barrer l'accès aux fonds en euros en obligeant la souscription d'une part d'UC. D'autres diminuent drastiquement les rémunérations des fonds en euros, comme Generali. Chez Swiss Life, pas question de réduire l'accès aux fonds en euros cependant, la stratégie est plus incitative : le taux de rendement des fonds en euros est progressif en fonction du taux d'UC souscrites. « Résultat, ceux qui veulent en prendre viennent chez nous », allègue le directeur général de Swiss Life Assurance et Patrimoine, Eric Le Baron. Et cela semble fonctionner : le taux d'UC dans les cotisations est passé de 28 % en 2019 à 34 % en 2020 chez Swiss Life.

Malgré tout, les Français restent peu enclins au risque et la crise n'a pas amélioré la situation. Le surplus d'épargne des Français en 2020 est évalué à 110 milliards d'euros par la Banque de France. Et les acteurs de l'assurance vie comptent bien récupérer ces capitaux. « Notre activité est très soutenue depuis le début de l'année sur tous les réseaux de distribution. L'épargne est à nouveau investie dans l'assurance vie avec, sans doute, un phénomène de rattrapage », explique Fabrice Bagne, responsable de BNP Paribas Cardif France.

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