Les contrôles automatisés vont nettement s'intensifier sur les routes françaises en 2027. Le projet de budget prévoit davantage de radars urbains, un parc modernisé et la détection de nouvelles infractions. À la clé, l'État table sur environ 2,2 milliards d'euros de recettes, un niveau jamais atteint.

Le nombre de radars urbains va plus que doubler en 2027

Selon le projet de budget 2027, le parc de radars urbains doit passer de 340 appareils fin 2026 à 750 fin 2027. Cela représente 410 équipements supplémentaires en un an. Ces radars s'ajoutent aux systèmes que les collectivités peuvent installer à leurs frais.

Sur le long terme, l'exécutif vise 9 819 radars d'ici 2031 sur l'ensemble du territoire. Aujourd'hui, un peu plus de 4 800 appareils sont en service dans l'Hexagone. Le parc doublerait donc presque en cinq ans.

Ce calendrier reste toutefois théorique. D'après un décompte récent, seuls 150 radars urbains sur les 340 prévus fin 2026 fonctionnent déjà. Le retard pris par les déploiements financés par les communes explique en partie cet écart.

L'État attend 2,2 milliards d'euros de recettes en 2027

L'exécutif affiche deux objectifs : renforcer la sécurité routière et augmenter les recettes. Il espère environ 2,2 milliards d'euros issus des radars et des avis de contravention électroniques l'an prochain. Ce montant constituerait un record.

La tendance se dessine déjà. En 2025, un million d'automobilistes supplémentaires ont reçu une contravention, pour des recettes estimées à 2,13 milliards d'euros. Les radars ont rapporté à eux seuls 800 millions d'euros, selon la Cour des comptes.

Le gouvernement veut aussi multiplier les radars de chantier. Efficaces sur de courtes distances, ils surveillent les zones en travaux. Celui installé porte de Montreuil, sur le périphérique parisien, a récemment suscité de nombreuses réactions.

Fin 2027, le parc compterait 1 400 radars tourelles, 750 urbains, 700 de chantier, 550 discriminants et 500 radars « hiboux ». S'y ajoutent 400 anciennes cabines, 300 voitures radars, 250 radars feux rouges, 30 radars de passage à niveau et 10 de vitesse moyenne.

De nouvelles infractions pourront être détectées automatiquement

Le gouvernement prévoit une modernisation « quasi généralisée » du parc. Les appareils les plus anciens céderont progressivement la place à des radars de dernière génération.

Ces équipements pourraient repérer d'autres infractions que la vitesse ou les feux rouges. Ils viseraient le téléphone tenu au volant, la ceinture non bouclée ou la circulation sur une voie réservée, comme un couloir de bus. Une intelligence artificielle est en cours de développement pour ces contrôles. Aucune date de mise en service n'est fixée, car le dispositif exige des équipements homologués.

Les radars sonores pourraient également arriver. Expérimentés depuis janvier 2022, ils ciblent les échappements modifiés illégalement et les nuisances sonores excessives. Dans une réponse publiée au Journal officiel du Sénat le 15 octobre, le gouvernement indique qu'un des deux fabricants engagés a terminé ses essais. Son homologation métrologique est envisagée « au début de l'année 2027 ».


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