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Assurtech : une année record de levées de fonds, mais pour une minorité

Publié par le , Mis à jour le 02/11/2020 à 17:43

A l'échelle mondiale, les assurtech ont pour l'instant levé plus qu'en 2019, année déjà historique

Le secteur des assurtech pourrait bien connaître une nouvelle année record en termes de levées de fonds, et ce malgré une double crise, sanitaire et économique. En réalité, ces investissement profitent surtout à une minorité d’entre elles, portées par le contexte, ce qui nuance la bonne santé de l’écosystème.

Après une année 2019 historique, 2020 pourrait signer un nouveau record

Les assurtech ont le vent en poupe, malgré une année tempétueuse. Il faut dire qu’à l’échelle mondiale, les jeunes pousses des secteurs de l’assurance et du digital avaient déjà réalisé une année 2019 exceptionnelle, avec 5,75 milliards d’euros de levées de fonds.

Mais avec la crise sanitaire et économique que nous connaissons, il était difficile d’imaginer que ces performances allaient se poursuivre en 2020. Et, en effet, les levées de fonds au premier trimestre 2020 ont subi un contrecoup de 36,8%, par rapport à la même période un an plus tôt. 

Cependant, par la suite, les assurtech se sont montrées plutôt résilientes, avec 2,2 milliards de levées cumulées au premier semestre 2020, soit à peine moins qu’en 2019 (2,43 milliarfs d’euros).

Certaines assurtech ont profité du contexte d’une année particulière

Si la tempête a été moins rude qu’annoncée, c’est que la période du confinement, puis les restrictions de déplacements, ont orienté plus naturellement les assurés vers ces nouvelles plateformes aux services entièrement numériques, le plus souvent accessibles directement depuis un smartphone, et qui ne demandent donc pas de se déplacer en agence.

En guise d’exemple, on pense d’abord naturellement à l’assurtech française Alan, créée en 2016, mais qui semble se trouver au bon endroit au bon moment, avec une offre de mutuelle santé qui se gère directement sur son smartphone pour toutes les démarches : prises de rdv, demandes de remboursement, envoi d’ordonnances… 

La place occupée par Alan dans l’écosystème des finetech tricolores de l’assurance a été confirmée en cette rentrée : sur les 92 millions d’euros levés par les assurtech françaises au 15 septembre 2020, 50 millions étaient destinés à Allan.

5 milliards de dollars déjà récoltés à l’abord du quatrième trimestre

A l’échelle mondiale aussi, ce troisième trimestre 2019 semble être synonyme de succès, tout du moins en termes de levées de fonds. C’est en effet la première fois, historiquement, que le plafond des deux milliards d’euros levés est dépassé en l’espace de trois mois : 2,17 milliards d’euros ont été investis dans ces entreprises entre juin et septembre.

Si l’on compare les trois premiers semestres de 2019 et de 2020, c’est même davantage de fonds qui ont été récoltés cette année (plus de 5 milliards de dollars entre janvier et septembre 2020, contre 4,4 milliards de dollars en 2019).

Mais les investissements se concentrent sur une minorité d’acteurs

Mais en observant en détails ces levées de fonds, on remarque que tout le secteur ne progresse pas à la même vitesse. Au contraire, même, certaines assurtech se détachent nettement du peloton, ce qui empêche de tirer des conclusions sur le dynamisme de l’ensemble du secteur.

Par exemple, sur les 104 levés du troisième trimestre, six assurtech récupèrent à elles seules près de 70% du montant des investissements. Sur les 2,17 milliards d’euros recueillis sur cet exercice, un quart (environ 500 millions d’euros) a été récolté par une seule assurtech : l’assureur américain de santé Bright Health, qui a dû, à l’image d’Alan, profiter également du contexte.

L’assurtech britannique Ki Insurance, qui génère des données à destination des courtiers, a elle aussi levé un demi milliard d’euros. Quelques poids lourds sont donc, dans le détail, à l’origine de la relative bonne santé du secteur cette année.

Quelques assurtech françaises tirent aussi leur épingle du jeu

Côté français, quelques assurtech ont aussi tiré bénéfice de ce troisième trimestre. On peut citer Descartes Underwriting, startup francilienne qui modélise les risques climatiques pour le compte d’assureurs et de grandes entreprises, et qui a levé 15,7 millions d’euros.

Un jeune courtier, créé en 2017, Baloon a également levé 1,8 million d’euros en juillet dernier, et en espère 1,2 million de plus avant la fin de l’année. L’assurtech s’est spécialisée dans la distribution d’assurances digitales en Afrique de l’ouest.

C’est aussi en juillet que la startup Koala a bénéficié d’un investissement d’1,6 million d’euros pour encourager son développement d’assurances voyage à destination des compagnies aériennes et des agences. Une offre, là aussi, qui semble particulièrement adaptée aux besoins d’un secteur touristique incertain à court et moyen terme.

 
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