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Covéa modélise l'impact du changement climatique

09 févr. 2022 Quentin Bas Lorant 264 vues

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La situation sanitaire actuelle laisse croire que la pandémie pourrait sortir de nos vies d’ici quelques mois. C’est en tout cas ce que pressentent les assureurs et réassureurs. Dans le récent baromètre d’Allianz, les risques liés au Covid-19 ont laissé leur place aux attaques cyber et au réchauffement climatique.

Ce dernier risque d’ampleur est pris très au sérieux par les acteurs de l’assurance, en raison de l’augmentation de la fréquence et de la gravité des événements climatiques ces dernières années. À son tour, le groupe mutualiste Covéa s’est penché sur ces enjeux, et publie en ce début d’année un livre blanc sur les conséquences de la sinistralité climatique à l’horizon 2050.

D’emblée, une phrase de Jérôme Jean Haegeli, chef économiste du réassureur Swiss Re, rappelle la sévérité et l’effet latent de la menace qui se présente :

« Le changement climatique est un risque systémique pour le monde entier. Contrairement à la crise du Covid-19, il n’a pas de date d’expiration. ».

Si l’horizon parait lointain, et les répercussions diffuses, elles se font en réalité déjà ressentir sur le bilan des assureurs : « la charge des sinistres du marché français a d’ores et déjà triplé depuis la fin des années 1980 ; et toutes les projections montrent que ce phénomène s’amplifiera encore fortement dès la prochaine décennie », écrit Paul Esmein, directeur général adjoint de Covéa.

Récemment, en se basant sur le scénario le plus pessimiste du GIEC, France assureurs avait calculé que la sinistralité liée au réchauffement climatique augmenterait de 93% d’ici 2050. Dans leur introduction, les experts IARD de Covéa, épaulés par l’entreprise Risk Weather Tech, rappelle ce scénario pessimiste, qu’ils jugent désormais comme étant « le plus probable » :

  • +2.4°C à l’horizon 2050
  • +4.8% à l’horizon 2100

À l’heure actuelle, la décennie 2011-2020 est déjà considérée comme le plus chaude jamais observée par la communauté scientifique. Les épisodes de sécheresse de 2018 et 2020 en France ont coûté à eux seuls près de 2,5 milliards d’euros.

Sur le même principe, les rédacteurs de ce livre blanc ont tenté de d’évaluer le coût de la sinistralité et les conséquences sur le marché assurantiel de quatre grands aléas climatiques d’ici à 2050 : inondation, tempête, sécheresse, et grêle.

Les inondations

Actuellement, les inondations représentent le premier poste d’indemnisation du régime cat nat, avec 21,6 milliards d’euros d’indemnisations versées entre 1982 (date de création du régime) et 2020.

Dans le langage assurantiel, le risque inondation est circonscrit à une « augmentation du débit des cours d’eaux suite à des pluies abondantes ». Ces crues peuvent être lentes (de plaine) ou éclairs (« Flash Flood »).

Concernant les premières, « une tendance à l’augmentation des débits est observée sur la France », et notamment de façon très importante (> 30%) dans le nord-est du pays et le sud. À l’horizon 2050, les pertes liées à ces crues pourraient augmenter de 110%.

Les secondes sont moins discriminantes géographiquement, elles pourraient frapper l’ensemble du territoire d’ici moins de 30 ans. Leur sinistralité annuelle moyenne devrait grimper de 130% d’ici à 2050.

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Les tempêtes

À partir de différents rapports du GIEC et de la lecture de publications scientifiques, les auteurs tablent sur une augmentation non-significative de la sinistralité pour ce risque : l’intensité et la fréquence des tempêtes ne devrait pas augmenter.

Pour autant, certaines études estiment que le changement climatique « pourrait mener à une augmentation marginale (de 0 à +20%) de la probabilité d’occurrence de vents extrême d’ici 2050 ».

En revanche, les auteurs du livre blanc se montrent plus mesurés sur l’hypothèse d’un déplacement des tempêtes vers les régions nordiques, en raison d’une réduction de la banquise. En somme, ce n’est pas le risque tempête qui devrait inquiéter le plus les assureurs dans les années à venir. Il s’agissait pourtant jusqu’ici du premier poste de sinistralité hors du régime cat nat pour le secteur de l’assurance dommages en France, rappelle le rapport.

Les sécheresses

À l’inverse des vents violents, les épisodes de sécheresse devraient, eux, être de plus en plus fréquents. La tendance se remarque déjà aujourd’hui et est la conséquence la plus directe du réchauffement de l’atmosphère.

La sécheresse est aujourd’hui le deuxième poste de dépense du régime cat nat en termes d’indemnisations aux victimes. Entre 1989 et 2020, le coût cumulé s’élève à plus de 15 milliards d’euros.

Ce coût massif est notamment dû à celui des réparations nécessaires. Le sinistre « sécheresse » reconnu par le sinistre cat nat correspond en effet à une déformation de la structure sous-terraine des habitations. Elles peuvent nécessiter des reprises en sous-œuvre très onéreuses.

Les perspectives pour 2050 tendent à montrer que ces phénomènes vont se généraliser sur tout le territoire, mais en particulier sur le bassin parisien, les Hauts-de-France, le Centre-Val de Loire et la région de Toulouse.

La hausse de la sinistralité se chiffre à +60% selon le rapport, et la fréquence d’éligibilité cat nat en raison de la sécheresse à +70%.

Le risque grêle

Plus difficiles à appréhender, les épisodes grêligènes devraient néanmoins se multiplier selon les projections, en particulier dans la moitié nord de la France. D'ici à la moitié du siècle, la fréquence des orages à grêle pourrait grimper de 38%, tandis que la sinistralité s’accroitrait de 20% pour les assureurs de biens (auto, habitation, etc.).

Le scénario le plus craint, qui avait été anticipé l’année passée par l’ACPR, est bien celui d’une augmentation des primes d’assurances en raison de ces hausses de sinistralité en série. Il faut rappeler que le régime cat nat est financé par une taxe sur les contrats d’assurances auto et habitation.

Pour cette raison, selon l’autorité de régulation du secteur, il faudrait augmenter les cotisations d’assurance de 130 à 200 % sur les 30 années à venir pour maintenir le régime à flot. Soit une augmentation annuelle de 2,8 % à 3,7 % sur les contrats d’assurance habitation.

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