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Marché auto : en France, le succès des citadines ne profite pas à l'emploi

Publié par le , Mis à jour le 12/08/2020 à 16:39

La 208 a été le modèle le plus vendu en France sur les sept premiers mois de l'année

Les petites citadines telles que la Renault Clio ou la Peugeot 208 gagnent toujours plus de points sur le marché pour arriver à presque 60 % du marché auto français. D'un point de vue environnemental, c'est un bon point, les citadines étant moins polluantes que les modèles de plus grande taille. Toutefois, cela ne présage rien de bon pour l'emploi car ces voitures compactes sont fabriquées dans des usines délocalisées.

Les petites citadines gagnent de plus en plus de parts de marché

En 2017, les petites citadines ne représentaient que 52 % du marché auto neuf français, 54 % en 2018, 56 % en 2019, pour finalement atteindre presque 60 % sur les sept premiers mois de l'année 2020, d'après les données du CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles). C'est un pourcentage très élevé par rapport à la moyenne européenne, qui n'était « que » de 43 % en 2019. En Allemagne cette part est encore plus réduite, à 30 % ; en Grande-Bretagne, Belgique et Espagne, elle est autour de 40 %. L'Italie et la Grèce sont les seuls pays d'Europe où les citadines occupent une part plus importante qu'en France.

Pour ces sept premiers mois, neuf des dix voitures les plus vendues en France sont également des citadines, des modèles compacts. La seule exception est la Peugeot 308, qui se hisse à la huitième position. Les plus vendues sont d'abord la Peugeot 208 (48 683 modèles vendus) et la Renault Clio (47 468), représentant à elles seules 10,7 % du marché auto français total.

On peut expliquer cette ascension continue des modèles compacts grâce à la récente revalorisation de la prime à la casse automobile. En effet, cette prime favorise les modèles moins polluants et, corrélativement, les modèles de plus petite taille, qui consomment moins de carburant et donc la plupart possèdent une version électrifiée. Elles sont donc doublement plus abordables pour les Français, qui vont logiquement les favoriser.

Une mutation du marché profitable pour l'environnement

En France, la taxation pour dissuader l'achat de véhicules plus polluants est historique. Il y a tout d'abord la très importante taxe sur les carburants : en 2018, les taxes représentaient 61,4 % du prix à la pompe pour le SP95 et 58,6 % du prix du gazole. Il existe en outre la taxe carbone, les bonus et malus écologiques, qui privilégient les voitures moins polluantes, donc plus petites et plus légères. Le gouvernement évoquait même une potentielle taxe au poids.

De facto, les Français se tournent vers les modèles moins contraignants fiscalement. Et cela profite à l'environnement car les rejets de CO2 sont amoindris. On le remarque dans les chiffres : en 2019, la France émettait en moyenne 111 grammes de CO2 au kilomètre, contre 157 grammes en Allemagne et 121,8 pour la moyenne européenne, selon Jato.

Mais délétère pour la production auto et l'emploi

Mais pour ce qui est de l'industrie automobile française et l'emploi, la configuration du marché n'est en rien avantageuse. Explications : les petites citadines ont toutes vu leur production délocalisée dans différents pays. On remarque que les sept modèles les plus vendus sur les sept premiers mois de l'année ne sont pas ou plus produits en France, alors qu'ils représentent quelques 26 % du marché auto français.

Ainsi, la Clio est fabriquée au Turquie ou en Slovénie, la Peugeot 208 au Maroc ou en Slovaquie, la Citroën C3 en Slovaquie, la Dacia Sandero ou Maroc ou en Roumanie... Les seuls modèles encore fabriqués en France ne sont pas parmi les plus populaires : on trouve la Renault ZOE, le modèle 100 % électrique, produite dans l'usine de Flins dans les Yvelines et la DS3 Crossback à Poissy, également dans les Yvelines.

En conséquence, le nombre de véhicules produits en France est de plus en plus faible, estimée entre 1,4 et 1,5 millions cette année. L'an dernier, ce nombre était de 2,2 millions et de 3,66 millions en 2004, preuve que le Covid est loin d'être la seule cause de la baisse de production. Et comme la relocalisation semble très difficilement envisageable à l'heure actuelle, l'industrie automobile continuera de réduire encore et toujours ses effectifs sur le sol français.

 
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