Assurance moto

Chez les deux-roues, les ventes de motos électriques patinent

Publié par le , Mis à jour le 20/10/2020 à 15:27

La Livewire est le premier modèle électrique d'Harley Davidson

Contrairement à la dynamique verte de sa cousine à quatre roues, les ventes de moto électriques ne font, elles, que caler à répétition. Le contraste est d’autant plus frappant au regard des chiffres. En 2020, et malgré une crise sanitaire et économique, les ventes de véhicules électriques ont progressé comme jamais en France.

Pour les deux-roues, une croissante forte pour des ventes marginales

Depuis 2017, les ventes augmentaient d’environ 10 000 véhicules par an, mais, entre janvier et septembre 2020, ce sont 30 000 voitures de plus qui ont été immatriculés par rapport à 2019.  On en décomptait en effet 42 700 pour toute l’année dernière, et 70 500 en 2020 pour les neuf premiers mois de l’année seulement. Résultats : entre janvier et juillet 2020, près d’une voiture neuve vendue sur cinq (18%) était électrifiée.

Du point de vue de sa croissance, le marché du deux-roues électrique progresse lui aussi, mais les modèles verts demeurent très minoritaires au sein du parc moto. Nous pouvons regarder du côté des cyclomoteurs, ces véhicules d’une puissance 50cm3, comme les scooters : leurs immatriculations ont très fortement progressé en juin : +89% par rapport à 2019, mais ils ne représentent encore que 3,6% de part de marché.

La plus belle progression concerne les scooters électriques

En réalité, si ce segment de marché est en croissance, c’est qu’il correspond aux besoins des entreprises de livraison urbaine, en plein essor depuis le confinement, et qui souhaitent renouveler leur flotte avec des modèles plus économiques et moins polluants. Néanmoins, on peut dire que sur le marché du deux-roues électriques, les ventes décroissent à mesure que la cylindrée augmente.

Sur le segment des motos (125 cm3 et au-delà), qui représente 2/3 des ventes entre janvier et août, les ventes de deux-roues électriques sont encore plus marginales. Fin 2019, elles ne représentaient qu’1,5% de part du marché moto dans son ensemble. Sur le premier semestre 2020 toutefois, les ventes affichent +7,3% sur ce segment, mais le nombre d’unités reste inférieur à celui écoulé du côté des quatre roues.

Quelques freins demeurent à l’engouement des motards

Mais comment expliquer ce retard à l’allumage ? Si la moto électrique reste un produit de niche c’est d’abord parce qu’elle ne convainc pas les motards, qui ont souvent un usage de loisir qui est bien moins répandu dans le secteur des automobiles, en tous cas neuves. L’absence de bruit du moteur est une raison qui revient souvent chez les partisans du deux-roues. Pour des raisons esthétiques bien sûr, mais aussi par crainte d’être encore moins repérables dans la circulation qu’actuellement.

Surtout, l’argument financier est également à prendre en considération. Il faut compter entre 5 000 euros minimum pour une moto ou un scooter supérieur à 125cm3. Mais alors que les voitures et les vélos se voient attribués toujours plus de primes par les pouvoirs publics, les deux-roues motorisés semblent oubliés. Un bonus écologique existe bien, Il s’élève à 250 € par KWH, mais avec un plafond fixé à 900 €.

La grande inégalité des primes et bonus écologiques

Sur un véhicule d’entrée de gamme à 5 000 euros, un motard ne peut espérer économiser qu’1/5 du prix de vente, tandis que du côté des voitures électriques, l’ensembles des primes cumulables (prime à la conversion, bonus écologique, subventions locales…) permettent d’espérer une ristourne pouvant atteindre la moitié du prix à l’achat neuf.

Si les primes manquent encore d’attractivité, il est toutefois possible de réaliser des économies sur le carburant, l’entretien, et bien souvent sur votre assurance moto. Considérés moins accidentogènes, ces véhicules bénéficient en général d’une prime inférieure à celle des moteurs thermiques. N’hésitez à réaliser une simulation sur notre site pour vérifier si vous économiseriez sur ce poste budgétaire important.

Un retard à l’allumage dû aussi à une législation plus clémente

La raison est aussi à chercher du côté des constructeurs. En effet les gammes de moto électriques n’ont pas été développées autant que les voitures, car les normes qui leur sont imposées sont aussi moins contraignantes. L’Union européenne s’est en effet d’abord attaquée aux voitures, qui génèrent la plus grande part de la pollution, en particulier à la suite du Dieselgate chez Volkswagen.

En l’absence d’une contrainte forte à abandonner l’essence, les constructeurs moto vont donc sans doute prendre plus de temps pour élaborer les modèles qui séduiront les motards de demain. Une première étape vers le tout-électrique se dessine peut-être avec la sortie de LiveWire, la première moto électrique de l’emblématique marque Harley Davidson.

 
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