Assurance moto

Trottinettes, gyropodes... ces nouvelles mobilités pas toujours bien assurées

Publié par le , Mis à jour le 12/10/2020 à 12:52

45 % des loueurs de trottinettes savent qu’une assurance est obligatoire.

L’année 2020 aura bien été une année décisive pour les nouveaux moyens de déplacements urbains. La grève de la SNCF et de la RATP en fin d’année dernière, puis la nécessité de désengorger les transports en communs depuis le déconfinement, ont mis sur les rails, ou plutôt les routes, des nuées de trottinettes électriques, gyropodes, skateboards électriques et autres hoverboards…

2020 : l'année des Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM)

Comment regrouper ces moyens de transport alternatifs, de plus en plus autonomes, et pas encore réglementés ? Dans sa dernière étude, commandée entres autres par la Fédération Française de l’Assurance (FFA), le cabinet Smart Mobility Lab, spécialisé dans les nouvelles mobilités, a regroupé ces nouveaux modes de transport sous le nom d’ « Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM) ».

L’étude en question note d’abord, bien sûr, que l’utilisation de ces EDPM s’est accélérée au sortir du confinement. Elle interroge également et surtout la façon dont se perçoivent et sont perçus ces nouveaux usagers des routes, et bien souvent à tort, des trottoirs. Parmi ces derniers, les utilisateurs de trottinettes, en particulier en libre-service, sont les plus représentés : un usager quotidien d’EDPM sur deux est un utilisateur de trottinettes en « free-floating ». Et pour les trois quarts d’entre eux, cette pratique a moins d’un an. Désormais, 72 % des 18-34 ans envisagent le recours aux EDPM pour se déplacer.

De nouveau moyens de transport populaires mais mal-aimés

Cette étude, réalisée en deux temps, donne aussi une bonne indication de l’évolution de l’image des EDPM pour le grand public. En février, dans le contexte des grèves, la dangerosité était la caractéristique la plus attribuée aux EDPM, à 42%. Aujourd’hui, ce sont les gains d’autonomie et de temps qui sont davantage mis en avant. Néanmoins, 31 % des Français estiment toujours que ce mode de déplacement est gênant pour les autres usagers, et qu’il est le moins respectueux des autres.

Mais ce sentiment de mise en danger est également ressenti par les utilisateurs d’EDM eux-mêmes : ils s’estiment les moins en sécurité pour leurs déplacements quotidiens. C’est qu’il existe une différence assez criante entre les propriétaires d’EDPM et leurs locataires temporaires.

L'obligation de l'assurance et le code de la route encore mal connus

Les premiers sont en effet bien plus prudents que les seconds : 86% des propriétaires interrogés disent porter un casque, 62 % étaient couvert par une assurance et 66 % savaient qu’une couverture en responsabilité civile était obligatoire. A l’inverse, les loueurs ne sont qu’environ 10% à porter un casque, seuls deux sur sur dix ont déjà vérifié s’ils étaient couverts par une assurance au moment d’une location et seulement 45 % savent qu’une assurance est obligatoire.

Par ailleurs 52 % des free-floateurs ignorent l’interdiction de circuler sur les trottoirs, et 49 % que la vitesse est limitée à 25 km/h. Le non-respect de la réglementation et du code de la route implique que les jeunes conducteurs d’EDPM sont surreprésentés dans les accidents : 40% d’entre eux sont dus à une vitesse excessive, et 30% à la circulation sur les trottoirs.

Etre responsable c'est être assuré

Si dans 60 % des cas, les blessures en EDPM sont légères, on constate une accidentologie croissante : 11% des sinistres impliquant un EDPM ont conduit un des accidentés à l’hôpital. Le bilan 2019 de la Sécurité routière a par ailleurs isolé pour la première fois les usagers d’EDPM, et l’on dénombre dix décès.

Cette étude met donc en valeurs plusieurs apports importants : elle montre la part croissante des EDPM dans l’espace public, une cohabitation entre usagers qui n’est pas encore acquise, et, surtout, souligne Stéphane Pénet, Délégué général adjoint de la FFA, « la méconnaissance des prérequis à la conduite d’un EDPM, notamment l’obligation d’assurance. Être responsable, c'est être assuré pour soi-même et pour les autres. Les utilisateurs d’EDPM ont la même responsabilité que ceux d'une voiture ou d'une moto et doivent donc être assurés en responsabilité civile pour la protection de tous. L'assurance est obligatoire aussi pour les engins en libre-service : il est donc essentiel de vérifier que le loueur a bien souscrit une assurance pour le compte de ses clients. ».

 
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