Longtemps perçu comme un simple document informatif, le diagnostic de performance énergétique s'est imposé comme un critère déterminant du prix de vente des logements. Les données récentes montrent que la note énergétique influence directement la valeur d'un bien, parfois davantage que son état intérieur. Entre surcote pour les logements performants et décote marquée pour les passoires thermiques, le DPE structure désormais les prix du marché immobilier français.
Le DPE, un facteur de valorisation mesuré et chiffré
Les logements bien notés au DPE bénéficient d'une prime de prix clairement identifiée. Selon les données publiées par Notaires de France, un appartement classé A ou B se vend en moyenne 16 % plus cher qu'un bien classé D. Pour les maisons, l'écart atteint 17 %, à localisation et surface équivalentes.
Cette valorisation repose sur des critères concrets intégrés par les acheteurs :
- une facture énergétique réduite, perçue comme un gain immédiat ;
- une absence de travaux lourds à court ou moyen terme ;
- un meilleur confort thermique, devenu un critère de choix prioritaire.
Dans certaines zones, l'écart est encore plus marqué. D'après plusieurs études de marché relayées par la presse spécialisée, la différence de prix entre un logement classé A et un logement classé F ou G peut atteindre 20 à 25 %, notamment dans les secteurs périurbains où les coûts énergétiques pèsent davantage dans le budget des ménages.
Les professionnels observent également un impact direct sur la négociation. Les biens bien classés subissent moins de demandes de baisse de prix, tandis que les logements moins performants font quasi systématiquement l'objet d'une renégociation, même lorsque le bien est attractif par ailleurs.
Passoires thermiques : décotes, délais de vente et arbitrages des acheteurs
À l'inverse, les logements classés F ou G subissent une décote de plus en plus visible. Selon une analyse publiée par Le Revenu, les logements classés G se vendent jusqu'à 20 % moins cher que des biens mieux notés. Cette perte de valeur peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros, en particulier pour les maisons.
Cette décote s'explique principalement par l'anticipation des coûts de rénovation énergétique. Isolation, remplacement du système de chauffage, rénovation globale : les acheteurs intègrent ces dépenses dans leur offre, souvent avec une marge de sécurité. Résultat, la baisse de prix demandée dépasse parfois le coût réel des travaux.
Le DPE influence aussi fortement le temps de vente. Les données de marché montrent que les logements énergivores restent plus longtemps en annonce que les biens performants. Selon les professionnels de la transaction, un logement classé F ou G met en moyenne plusieurs jours, voire plusieurs semaines supplémentaires à trouver preneur, ce qui fragilise la position du vendeur et renforce la pression à la baisse.
L'impact reste toutefois contrasté selon les territoires. Dans les zones tendues, notamment à Paris et dans certaines grandes métropoles, la rareté de l'offre limite encore l'ampleur des décotes. Les passoires thermiques ne s'y bradent pas systématiquement, mais elles se vendent plus lentement et à des conditions moins favorables que les logements bien classés.
Pour les acheteurs, le DPE est devenu un outil d'arbitrage central. Il conditionne non seulement le prix d'achat, mais aussi la capacité à financer le bien, certaines banques intégrant désormais le coût énergétique dans l'analyse du budget global. Dans ce contexte, la performance énergétique s'impose comme un critère de valeur durable, appelé à peser de plus en plus lourd dans les prix de l'immobilier résidentiel.
La rédaction d'Assurland