Pour la première fois, l'assurance des voitures électriques dépasse celle des modèles thermiques. En deux ans, le coût d'assurance des véhicules électriques a bondi de 45 %. Derrière cette hausse spectaculaire, les batteries, la complexité des réparations et l'évolution globale du marché pèsent lourd.
Une prime moyenne de 818 euros : l'électrique passe devant l'essence et le diesel
Le dernier baromètre de l'assurance auto confirme un tournant inédit : assurer un véhicule électrique coûte désormais plus cher qu'un modèle thermique. En 2025, la prime moyenne s'élève à 818 euros pour une électrique, contre 753 euros pour une essence et 735 euros pour un diesel.
L'écart représente environ 9 % de plus que l'essence et 11 % de plus que le diesel. Surtout, la progression impressionne : en 2023, la prime moyenne d'une voiture électrique atteignait encore 565 euros. En deux ans, elle a donc grimpé de 45 %.
Cette évolution intervient dans un contexte général de tension sur les tarifs. Le prix moyen de l'assurance auto en France atteint désormais 751 euros, en hausse de 8 % sur un an. Depuis 2010, les primes ont augmenté de 36 %. L'électrique subit donc à la fois la tendance globale et des facteurs spécifiques.
Batteries, réparations, technologie : les vraies raisons de la flambée
Pourquoi l'électrique coûte-t-elle plus cher à assurer ? Les raisons de cet écart tiennent à la valeur des composants (les batteries notamment sont chères, difficiles à remplacer), à la technicité des réparations nécessitant une main d'œuvre qualifiée et à un parc électrique encore jeune, plus coûteux à indemniser.
Les batteries représentent une part majeure de la valeur du véhicule. En cas de sinistre, leur remplacement mobilise des pièces onéreuses et des techniciens spécialisés. Les interventions durent plus longtemps et génèrent des coûts plus élevés.
En 2024, les coûts de réparation automobile ont progressé de 8,5 %, sous l'effet de la hausse du prix des pièces détachées, du coût de la main-d'œuvre et de la complexification technologique des véhicules. L'électrification du parc, la multiplication des aides à la conduite et la densification des architectures électroniques accentuent cette tendance.
La formule tous risques, particulièrement choisie pour les véhicules récents et électriques, reflète cette pression. Sa prime moyenne a augmenté de 19 % en deux ans pour atteindre 809 euros fin 2025. Cette couverture, plus protectrice, expose davantage les assureurs à la hausse des coûts d'indemnisation.
Des écarts marqués selon l'âge, la région et la marque
Au-delà de la motorisation, le profil du conducteur reste déterminant. Les 17-25 ans paient en moyenne 1 462 euros par an, soit près de trois fois plus qu'un conducteur de 56 à 70 ans, dont la prime moyenne s'établit à 508 euros. La fréquence et la gravité des sinistres expliquent cet écart persistant.
La région influence également fortement la facture. Les primes varient de 592 euros en Bretagne à 952 euros en Corse. Les zones à forte densité urbaine, exposées au vol ou aux événements climatiques, affichent des tarifs plus élevés. L'orage de grêle qui a frappé Paris en mai 2025 a provoqué 196 millions d'euros de dommages et plus de 61 000 véhicules sinistrés.
Enfin, la marque joue un rôle clé. Les modèles dont les pièces restent coûteuses, comme Tesla, BMW ou Porsche, tirent les primes vers le haut. À l'inverse, les marques positionnées en entrée de gamme demeurent plus accessibles à assurer.
Dans ce contexte, les écarts peuvent devenir spectaculaires. À garanties équivalentes, un même profil peut recevoir des propositions dont le prix varie du simple au triple. Le marché reste très concurrentiel et les nouveaux clients bénéficient souvent d'offres plus attractives.
La rédaction d'Assurland